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Accueil > Actualités > L'insurrection poétique > "Mon rêve familier"

"Mon rêve familier"

par MJCMMD, le 25/05/2013 à 15:38 - 951 visites

Bonjour, bonsoir,
Aux gens du Guichet du Savoir !

Si je vous salue en rimes aujourd'hui, c'est déjà parce que mon cerveau est particulièrement en forme malgré ce temps pluvieux (les cellules grises, ça ne rouille pas !), et surtout pour vous poser une question :

Le poème de Verlaine, "Mon rêve familier", est composé de deux quatrains et deux tercets, rédigés en alexandrins. Or, le tout dernier vers est un décasyllabe ! "L'in|fle|xion| des| voix| chères| qui| se| sont| tues|". Sauf si on décompose ainsi "L'in|fle|xi|on| des| voix| chè|res| qui| se| sont| tues|", ce qui, à mon goût, est d'un effet assez douteux.

Alors, ma question est donc : faut-il décomposer de façon à obtenir un alexandrin ? Si oui, c'est étrange, car le simple rajout de "un jour", entre "qui" et "se" aurait corrigé le problème. Et si non, est-ce un effet de style que je ne connais pas ? Un effet de style approuvé, ou bien inventé par Verlaine ?

A l'avance merci à tous de votre réponse et de votre patience !
Marie-Jeanne.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_litt, le 29/05/2013 à 13:46

Réponse du département Langues et littératures

Votre question relève de la versification, à ne pas confondre avec la métrique : en effet la versification française est syllabique, c'est-à-dire qu'elle est fondée sur le nombre des syllabes.

Le nombre des syllabes du vers est le plus souvent, du dix-septième siècle jusqu'à la fin du dix-neuvième, un nombre pair : douze, dix, huit, six, quatre, deux. Les vers impairs de sept, de cinq, de trois syllabes, et même d'une syllabe, ont cependant été parfois utilisés à toutes les époques littéraires.

Vous vous interrogez pour savoir si l’on prononce :
L'in / fle / xion / des / voix / chères / qui / se / sont / tues
c'est à dire un décasyllabe
ou
L'in / fle / xi / on / des / voix / chè /res / qui / se / sont / tues
c'est à dire un alexandrin.
La coupe entre les syllabes est notée par le signe /.

La plupart des syllabes ne pose pas de difficulté.
Votre question porte sur deux points : le e muet (ou e caduc) de « chères » et la diérèse/synérèse d’« inflexion ».

Voyez la base des règles dans le site suivant .

1) Diérèse ou synérèse ?
La prononciation en deux syllabes de deux voyelles contiguës s'appelle diérèse ; la prononciation en une syllabe de deux voyelles contiguës s'appelle synérèse.
Cette distinction peut être justifiée par l'étymologie latine. C'est ainsi que bien, venant de bene, est synérétique, c'est-à-dire compte habituellement pour une seule syllabe (mais il y a des exceptions), alors que lien, venant de ligamen, et pria, venant de precavit, sont en principe diérétiques, c'est-à-dire comptent habituellement deux syllabes.

Une règle fut finalement édictée par Boileau, basée sur l'étymologie latine ou grecque : si les deux voyelles du mot français sont présentes dans le mot latin ou grec, il y a diérèse, dans le cas contraire synérèse.

Dans notre cas inflexion vient du latin infexio, inflectionis.
On a donc une diérèse : in / fle/ xi / on.

Vous pouvez voir pour plus de précisions et de détails (en particulier des tableaux) ce site ou celui-là.

2) Pour le e muet
- Si un mot se terminant par un « e » est suivi d’un autre mot commençant par une consonne, alors ce mot comptera une syllabe supplémentaire, car le « e » sera prononcé et compté.
Exemple :
Maî / tre / Re / nard /...
- Si un mot se terminant par un « e » est suivi d’un mot commençant par une voyelle ou un « h » muet, alors le « e » ne comptera pas.
Exemple :
Il / ou / vre un /...

J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or ! (Mallarmé).
se dit : J'o / ffre / ma / cou / pe / vi / de où / sou /ffre un / mon / stre / d'or ! (Mallarmé).
On a bien 12 syllabes.

- L'e caduc, même suivi des consonnes s, nt, ne compte pas à la fin du vers.
Dans le corps du vers, l'e caduc, suivi des consonnes s, nt, compte cependant toujours pour une syllabe, même devant une voyelle ou un h muet.

On prononce donc chè / res /.

Le dernier vers de ce poème est lui aussi un alexandrin !
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