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Investissement de la BCE et cours de l'Euro

par EricLy, le 27/01/2015 à 10:30 - 1034 visites

Les 1100 millards d'euros de rachats d'actifs prévus par la BCE de mars à septembre vont-ils permettre de rehausser fortement la valeur de l'Euro par rapport au Dollar ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 28/01/2015 à 10:05

Bonjour,

L’opération annoncée par Mario Draghi le 22 janvier, doit donner un nouveau souffle à l’économie européenne, en achetant une partie de la dette aux états.

Les conséquences attendues de ce projet n’est pas de rehausser la valeur de l’Euro face au Dollar, car l’un des effets prévus est au contraire la baisse de la valeur de l’Euro, comme l’indique Paul Hubert chargé d’études à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) dans une interview donnée à France info :
« Quelles sont les conséquences d’une telle politique ?
A court terme, le principal effet est d’agir sur la confiance des investisseurs et de convaincre les acteurs économiques de la volonté de lutter contre la déflation. Le deuxième effet est une baisse des taux d’intérêts et donc des coûts de financement, et, dans un troisième temps, il s’agit d’un soutien à la croissance et aux prix.

Pour que cette politique fonctionne, il faut que les Etats européens relâchent leur politique d’austérité. On peut faire le parallèle avec l’argent déversé par la BCE sur les banques qui n’a pas servi finalement à octroyer des crédits aux ménages et entreprises et donc à soutenir l’économie réelle. Si les gouvernements ne peuvent pas utiliser les fruits de cette politique monétaire -la baisse des taux d’intérêts et donc de la charge de la dette dans leur budget- pour l’utiliser dans l’économie réelle, cette politique non conventionnelle pourrait ne pas fonctionner. Cet argent bon marché octroyé aux Etats doit être réinvesti. Pour cela, il faut relâcher les contraintes d’austérité.

On ne sait pas encore quelles seront les modalités de cette QE. Mais, il serait assez inutile que la BCE achète de la dette allemande ou même française, ces deux pays connaissant déjà des taux extrêmement bas. En revanche, elle devrait acheter des titres des pays du Sud, qui pourraient ainsi se financer plus facilement.

La BCE devra aussi décider des modalités de financement de cette opération. Sera-t-il à la charge des banques centrales nationales, sera-t-il mutualisé par la BCE ?

Quels seraient les risques d’une telle politique ?
Les principales risques de ce genre de politique est celui de l’inflation. Mais ce risque n’existe pas dans la situation actuelle. La croissance est très faible, le chômage élevé. Ajoutez à cela que le prix des matières premières baisse, on est loin d’un risque inflationniste.

On peut évoquer aussi des risques de bulles, si l’argent ne circule pas, si les sommes injectés sont investis sur les marchés financiers. Mais si la BCE achète les titres souverains directement auprès des gouvernements, ce risque n’existe pas.

Troisième conséquence, cette politique devrait entraîner une pression à la baisse de l’euro, qui pourraient entraîner des réactions d’autres pays.»



Ces baisses de l’Euro et du taux de change sont aussi attendues par Guntram B. Wolff, directeur du think tank bruxellois Bruegel, dans son entretien aux Echos :
« Mario Draghi a frappé fort, avec un programme de rachat d’actifs supérieur à 1.000 milliards d’euros, plus que ce qui était attendu. Etes-vous optimiste sur le succès de cette opération ?

C’est un programme très important et très significatif. Il est évident que le président de la BCE a envoyé un signal fort aux marchés. Nous devons donc nous attendre à un impact sur le taux de change, avec un euro qui devrait rester orienté à la baisse. Tout est également fait pour que les capitaux aillent en masse vers les produits plus risqués, puisque les taux des obligations souveraines vont être tirés vers le bas. La BCE a passé un test décisif, avec une politique monétaire jamais essayée. Mais la vérité – et Mario Draghi le dit lui-même –, c’est que le QE est une condition nécessaire mais pas suffisante pour relancer la croissance en Europe. C’est maintenant aux gouvernements nationaux de prendre le relais avec les réformes nécessaires. »


L’effet attendu de cette création de monnaie n’est donc pas une revalorisation de l’Euro face au Dollar mais des emprunts européens mieux encadrés et favorisant l’économie européenne et sa croissance.

Pour en savoir plus :
- Le plan historique de la BCE pour relancer la croissance sur Europe 1.
- Le quantitative easing de la BCE: de quoi s'agit-il exactement? sur le Huffington post.
- La BCE n'a pas déçu, Draghi annonce, comme prévu, un QE souverain en zone euro sur Les Echos.

Bonne journée.
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