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Accueil > Actualités > Et si on se remettait au sport pour la rentrée ? > Pourquoi Fanny?

Pourquoi Fanny?

par unefannyencolere, le 24/03/2015 à 16:00 - 1634 visites

Bonjour Guichet du savoir,

Dans le domaine du sport, il y a plusieurs expression qui impliquent à chaque fois "Fanny". Fanny sous le babyfoot, fanny sous la pelouse (au foot), fanny sous le filet (badminton), embrasser Fanny à la pétanque...
est ce un hasard que ce soit toujours le prénom de Fanny qui revienne? Y-a-t-il une conspiration contre les Fanny?

Merci d'avance pour votre réponse

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 25/03/2015 à 12:14

Bonjour,

Le terme Fanny est issu du domaine de la pétanque. Elle tire son origine du nom d’une jeune fille qui fréquentait les clos boulistes au XIXe siècle.

Son lieu d’origine est mal défini, certains la situent dans le Dauphiné, d’autres à la Croix-Rousse…

Le journal La Ficelle :
« Il existe une tradition, dans les jeux de boules, qui veut qu’après une cuisante défaite de 13 à 0 (ou 15 à 0), le perdant embrasse les fesses de Fanny. Gentille humiliation dans le cadre d’un jeu convivial.
Les boulistes de toute la France, et d’ailleurs, connaissent cette tradition.
La plupart ignore que Fanny a véritablement existé. Et qu’elle était croix-roussienne.
Après les terribles affrontements entre soyeux, tisseurs et municipalité, la Croix-Rousse se remet à respirer tranquillement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les remparts sont détruits et un large boulevard les remplace.
La vaste esplanade du Clos Jouve (à l’emplacement de l’actuel stage Roger Duplat) est prise d’assaut par les nombreux boulistes.
D’après Jean Gourmond, dans l’Almanach des amis de Guignol (1929), Fanny Dubriand avait environ 25 ans lorsqu’elle errait dans les rues de la Croix-Rousse. Ses parents tenaient une boutique d’herboristerie derrière la mairie du 4e arrondissement.
La jeune fille était sale, mal habillée, et dormait souvent dans la rue. On la décrit comme un « esprit faible ».
Elle restait souvent du côté du Clos Jouve, à regarder jouer les boulistes.
Lorsque l’un d’entre eux perdait une partie sans faire un seul point, il devait « voir la Fanny ». Contre un peu d’argent, Fanny relevait sa jupe pour montrer ses fesses au perdant. On n’embrassait pas les fesses de Fanny, comme on peut l’entendre aujourd’hui. Il s’agissait d’une pénitence car il semblerait que la jeune fille n’était pas très désirable et qu’on ne voulait ni la toucher, ni l’embrasser.
En 1868, la justice veut l’enfermer pour ses mauvaises mœurs. On la croit folle.
Mais Fanny répond qu’elle ne fait de mal à personne, et qu’elle ne mendie pas étant donné qu’elle ne fait qu’accepter ce qu’on lui offre.
Les boulistes prennent à leur tour la défense de Fanny. La justice ferme les yeux.
Quelques temps plus tard, la jeune femme rencontre un ivrogne et tombe enceinte. N’ayant aucune ressource pour l’élever, l’enfant est récupéré par l’assistance publique. Fanny est ensuite hospitalisée dans un asile. Elle meurt quelques temps après.
Pourtant, dans l’esprit des boulistes du Clos Jouve, Fanny vit toujours.
Après sa défaite, le perdant doit désormais embrasser les fesses de Fanny, représentées sur une affiche.
De grands concours étaient organisés sur le terrain du Clos Jouve. Des joueurs de plusieurs régions passaient ainsi par la colline et découvraient la coutume. Le rituel s’est propagé très rapidement dans toute la France. Chaque club avait sa Fanny en deux dimensions. »



Cette version est reprise par le Musée de la boule : musée de la pétanque et du jeu provençal :
« La Fanny
La “fanny”, une tradition totalement liée aux jeux de boules, même si par extension, cette expression est utilisée dans d’autres jeux pour signifier une défaite absolue !
Bien qu’évoquant la Provence et l’univers de Marcel Pagnol, ses origines remontent plus loin... Partout, sur tous les terrains de boules, les joueurs ont le même petit sourire entendu quand on les interroge sur la Fanny. Pourtant aucune femme n’est jalouse d’elle ! Même quand son propre époux rend honneur à Fanny en appliquant un baiser sur ses fesses rebondies... Mon pauvre monsieur, embrasser Fanny, c’est l’image effrayante de la défaite, la preuve horrible qu’on a été battu. Et pas seulement battu, mais vaincu lamentablement, l’humiliation totale : perdre par 13 à 0 ! le malheureux qui a essuyé ce désastre est tenu de se mettre à genoux, en présence de tous les joueurs rigolards et du public qui se régale de le voir, comme s’il allait à confesse, s’approcher de l’autel où il doit baiser les fesses de Fanny. Avant ce spectacle de choix, on fait souvent sonner une cloche afin que nul n’ignore que quelqu’un vient de perdre par 13 à 0.

La tradition
Prude, cachée derrière un panneau de bois ou un rideau, elle présente de façon provocante son postérieur voluptueux. Fabriquée avec ferveur, ainsi qu’une vraie relique, véritable “ex-voto” des adorateurs de la boule sacrée, la petite armoire avec sa Fanny ornait naguère tous les cafés où les joueurs s’affrontaient.
A l’heure actuelle, on la trouve plutôt chez les antiquaires et les brocanteurs, parfois avec chance au détour d’un vide grenier de village. Les clubs par contre la conservent jalousement et elle fait partie de leur patrimoine.
Certains fabricants, comme La Boule Bleue de Marseille ont une Fanny en argile décorée à leur catalogue d’accessoires.

Elle a vraiment existé
Certains pensent que son origine est savoyarde, mais on peut témoigner dès 1870 de l’existence d’une vraie Fanny à Lyon. Dans le quartier de la Croix Rousse, les joueurs se rencontraient sur le terrain du “Clos Jouve”. Dans ce quartier habitait une jeune fille de 20 ans qui faisait le désespoir de ses parents, on la retrouvait souvent sur le terrain du Clos Jouve où elle admirait les joueurs. Voilà notre Fanny ! En cadeau de consolation, elle dévoilait ses charmes au joueur malheureux qui n’avait marqué aucun point : elle l’entraînait à l’écart et hop! elle relevait ses jupes et montrait ses fesses au vaincu. Nous n’en étions pas encore à les baiser.
La pauvre Fanny n’eut pas une destinée heureuse, elle fut prise pour folle, on manqua l’enfermer dans un asile mais la justice fut magnanime car elle considéra qu’elle égayait finalement le jeu. Elle finit par vivre avec un ivrogne, tomba enceinte, fut séparée de son enfant, fut internée dans un asile pour indigents où elle mourut quelques temps plus tard. mais son souvenir nostalgique est resté bien vivant, les habitués du Clos Jouve la firent passer à la postérité.

Un rituel universel
Les joueurs d’autres régions qui fréquentaient le Clos Jouve importèrent le rituel de la Fanny dans leur pays d’origine, c’est ainsi qu’en quelques décennies il devint universel. Ce fut un usage répandu de réaliser des icones qui pouvaient être réellement embrassées pour le plus grand plaisir (ou la honte) des joueurs. Dès le début du XXe siècle, les Fannys étaient tellement demandées que des industriels se spécialisèrent dans leur fabrication. Elles furent accompagnées de l’inévitable clochette et d’un petit tapis destiné à épargner les genoux des malheureux perdants, formant des ensembles charmants et désuets.
Dans de nombreux clubs, le rituel prit tant de sérieux que les perdants par fanny étaient consignés dans des registres et qu’on organisait des banquets annuels où les joueurs malheureux recevaient leur diplome de Fanny!
Les images des Fanny firent florès sur les cartes postales, les calendriers, les marqueurs de points bien sûr, etc...
C’était aussi une façon amusante et libre de contourner la morale bourgeoise chrétienne qui jetait l’opprobre sur ces images dénudées...
Pour finir, on peut lire cette anecdote qui met en scène un curé et le postérieur de Fanny! »


Pour la Boule bleue, Fanny serait originaire de Savoie :
« Cette tradition serait originaire... de Savoie ! La Fanny originelle aurait été serveuse au café de Grand-Lemps, juste avant la Première Guerre Mondiale. La légende dit que, par gentillesse, elle se laissait embrasser par les clients qui venaient de perdre aux boules sans marquer le moindre petit point. La bise se faisait alors sur la joue.

Jusqu'au jour où, toujours selon la légende, le maire du village perdit à son tour et vint quémander sa " récompense ". Fanny avait-elle un grief contre lui et voulut-elle l'humilier en public? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c'est qu'elle grimpa sur une chaise, releva ses jupes et lui tendit... ses fesses! Le maire ne se démonta pas. Moins d'une seconde plus tard, deux baisers retentissants résonnaient dans le café. C'était le début d'une longue tradition... »


Vous pouvez aussi consulter cette précédente question du Guichet Cochonnet.

Le prénom a pu être choisi car il était peu porté à l'époque, comme le montre le graphique du site Prénoms. Cette originalité aurait pu influer sur la conservation de ce prénom.

Cette expression aurait ensuite été reprise dans d’autres sports à boule ou ballons. Il n’y a pas de conspiration contre les Fanny mais seulement une tradition des boulistes du XIXe siècle !

Bonne journée.
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