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Pourquoi tout le monde il court ?
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mike [ 21/04/2015 à 19:33 ]

Re-bonjour Cher Guichet,

Encore une question qui me trotte dans la tête depuis un moment et que je ne résiste pas à soumettre à ta grande sagacité :

Pourquoi mes voisins, mes parents, mes amis et plus généralement mes concitoyens s'alignent-ils de plus en plus souvent dans des 5 km, des 10 km, des trails, des ultra-trails, des semi-marathons et même des marathons après s’être entrainés dans les rues des villes quel que soit la qualité de l'air ambiant?

Autrement dit ça va finir par devenir complexant : Court-on vraiment un risque à ne pas courir quand on a la santé et que l'on pratique les 45 minutes quotidiennes d'activité physique journalière préconisées par l'OMS ?

Réponse attendue le 24/04/2015 - 19:04


gds_ctp [ 22/04/2015 à 12:01 ]

Bonjour,

L’engouement pour la course à pied ou running a débuté dans les années 1980, cette mode venue des Etats-Unis évoquait la santé et le bien-être. Cette pratique a depuis pris de l’ampleur et l’on compte aujourd’hui 9,5 millions de français qui courent régulièrement.
Mais quelles sont les raisons de ce succès ?

La revue LSA a réalisé un article sur cette mode : La course folle du running.
« Depuis une dizaine d'années, c'est la seule pratique sportive qui progresse significativement. Car l'investissement psychologique, physique et financier lié à cette activité est faible », analyse Patrick Mignon, responsable du laboratoire de sociologie du sport à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep). Accessible, la course à pied mobilise également des valeurs émotionnelles. « Par ces temps difficiles, il y a un retour aux choses simples. La course est un défi personnel, en même temps qu'un sport presque collectif. On court seul, en groupe, en famille, entre amis », explique Xavier Rivoire, responsable des événements et de la presse chez Kalenji, la marque dédiée à la course à pied de Décathlon. Il estime que le marché du running a progressé de 5% par an, sur les trois dernières années.

Croissance à deux chiffres
Surtout, il n'est pas réservé aux seuls chasseurs de chrono, avec une prépondérance de pratiquants qui en font un loisir. Chacun peut y trouver son compte. Avec des bénéfices pour la santé et une incidence positive sur le moral, il n'en faut pas plus pour motiver les troupes, qui n'ont besoin que d'une paire de chaussures pour débuter. Asics, leader sur ce segment, observe une progression du nombre de paires vendues « à deux chiffres ». C'est dire l'engouement, qui rejaillit en cascade sur un ensemble assez vaste de secteurs.
[...]
L'avis de l'expert : Patrick Mignon, Responsable du Laboratoire de Sociologie du sport à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) :
Il y a une massification de la pratique de la course à pied en France. Ce succès s'explique par des barrières à l'entrée qui sont faibles : pas besoin d'être un nombre défini, ni d'avoir un terrain spécifique. Le coût économique est lui aussi faible, comme le coût d'engagement personnel, qui plus est avec une récompense immédiate, car on perçoit vite les progrès. La distribution sociale est moins marquée que le tennis ou le golf, et par rapport à des sports presque exclusivement masculins, comme le football ou le rugby, ici, on compte environ un quart de pratiquantes. C'est aussi un sport de compromis, beaucoup moins contraignant en termes d'horaires et d'organisation. Je suis optimiste sur la poursuite de cet engouement, car, en termes d'âge, ce sport continue de gagner des pratiquants par le haut et par le bas. Et c'est une des activités que l'on peut poursuivre le plus longtemps au cours de sa vie. »


L’attrait pour ce sport est donc dû à sa facilité de pratique, pas de contraintes d’horaires ou de lieu, l’achat des chaussures est le seul impératif pour débuter, la course peut se pratiquer seul ou en groupe, dans les villes ou à la campagne. La durée s’adapte aux envies des coureurs, c’est lui qui décide du temps qu’il peut accorder à cette activité.
Mais la pratique de la course à pied n’est pas sans risque, du mauvais matériel, une mauvaise technique ou un effort trop important peuvent engendrer des blessures. C’est pourquoi il est nécessaire de respecter certaines règles lorsque l’on débute cette activité.

Le site Ilosport présente les 5 erreurs du coureur débutant :
« 1. S’élancer comme un dératé ! [...]
2. Courir en Converse [...]
3. Mettre un k-way quand il pleut [...]
4. Courir comme un poulet sans tête ! [...]
5. Terminer comme une brute [...]


La course n’est donc pas le meilleur des sports si elle est mal pratiquée. C’est le cas pour tous les autres sports, de mauvais gestes, de mauvaises postures, un mauvais équipement peuvent créer des blessures chez tous les sportifs.

La course à pied peut devenir dangereuse en période de pollution comme le précise le site U-run :
« Course et pollution : un cocktail molotov
Par rapport au sédentaire, le coureur a une fréquence et un débit respiratoires plus élevés. Il respire plus et plus souvent et représente donc un sujet à risque dans des conditions de pollution de l’air. En dehors des questions de santé, il s’avère que la pollution joue négativement sur la performance ; et encore plus chez les femmes que chez les hommes. Cela s’expliquerait par une trachée plus petite chez les femmes ou s’accumuleraient plus facilement les particules fines.

Faut-il pour autant arrêter de courir ?
A la lecture des lignes précédentes, la réponse est oui. Cependant, si courir en période de pollution peut s’avérer risqué, la sédentarité peut se montrer encore plus dangereuse. Le conseil qui prévaut et donc de continuer à se bouger mais en prenant le maximum de précautions possibles :
> S’entraîner le matin tôt et éviter les pics journaliers de pollution situés entre 14 h et 21 h.
> Courir à intensité modérée pour réduire le débit et la fréquence respiratoires.
> Privilégier les chemins de campagne aux zones urbaines ou de trafic routier.
> Rester sur les trottoirs en milieu urbain où la concentration des particules est moins forte que sur la route elle-même.
> Prendre de la hauteur et éviter les contrebas de routes.
> Chercher l’altitude si vous êtes entourés de collines ou montagnes et éviter le bas des vallées.
> Éviter les espaces fermés et cloisonnés comme les salles de remise en forme, surtout s’il se trouve en bordure de route. L’air n’y est pas renouvelé systématiquement et pas nécessairement en dehors des heures de pics.

En conclusion
Comme vous l’aurez compris, la pollution est néfaste pour l’homme et pour le coureur. Courir n’est pas pour autant prohibé à condition de respecter les conseils donnés plus haut. Sachez tout de même que les sujets les plus à risque restent tout de même les usagers de voiture ou de bus. En effet, les polluants sont retrouvés en plus forte concentration dans les voitures ou les bus que dans les couloirs de pistes cyclables ou sur les trottoirs. De plus, le coureur peut toujours trouver le moyen de fuir le trafic. »



Les préconisations de l’OMS indiquent qu’un adulte de 18 à 64 ans devrait pratiquer au moins 75 minutes d’activité d’intensité soutenue ou 150 minutes d’activité d’intensité modérée :
« Pour les adultes âgés de 18 à 64 ans, l’activité physique englobe notamment les loisirs, les déplacements (par exemple la marche ou le vélo), les activités professionnelles, les tâches ménagères, les activités ludiques, les sports ou l’exercice planifié, dans le contexte quotidien, familial ou communautaire.

Afin d'améliorer leur endurance cardio respiratoire, leur état musculaire et osseux, et réduire le risque de maladies non transmissibles et de dépression:
- Les adultes âgés de 18 à 64 ans devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.
- L’activité d’endurance devrait être pratiquée par périodes d’au moins 10 minutes.
- Pour pouvoir en retirer des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé, les adultes devraient augmenter la durée de leur activité d’endurance d’intensité modérée de façon à atteindre 300 minutes par semaine ou pratiquer 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.
- Des exercices de renforcement musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine. »


L’essentiel est de pratiquer une activité physique, il n’y a pas d’indications sur les sports à privilégier. Vos 45 minutes d’activités journalières sont supérieures aux préconisations de l’OMS, vous n’êtes donc pas obligé de pratiquer la course à pied pour être en meilleure forme !

Pour en savoir plus :
- Un véritable engouement pour la course à pied, FranceTVinfo.
- Les Seine-et-Marnais accros au footing, Le Parisien.
- Le jogging séduit de plus en plus, Le soir.
- Sport : c’est quoi une bonne séance de jogging ?, Plurielles.

- Mythes et réalités sur la course à pied, Martin Lussier, Pierre-Mary Toussaint.
- Running : du jogging au marathon, course sur route et course nature : la bonne foulée, plans d'entraînement, méthodes de préparation, nouvelles technologies, gestion de l'effort, conseils et anecdotes, Michel Delore.
- Le guide du running : équipement, training, mental, nutrition, Paula Radcliffe.
- Courir mieux : technique de course, 90 exercices adaptés, programmes d'entraînement, guide des blessures, Jean-François Harvey.

Bonne journée.

Réponse attendue le 25/04/2015 - 12:04