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Photographie mortuaire

par esbroufe, le 03/09/2015 à 20:04 - 2355 visites

Bonjour,

Je me documente sur un sujet un peu particulier : la photographie mortuaire. A certaines époques, il était admis d'immortaliser la dépouille des êtres chers à leur mort. Il y a donc eu des enfants et des adultes pris en photographie dans des mises plus ou moins naturelles pour immortaliser l'être aimés. La bibliothèque de Lyon a t-elle des documents sur le sujet ? Pouvez-vous m'orienter vers des écrits, romans, films ou autres abordant ce sujet ? J'ai déjà trouvé des liens sur internet mettant en ligne des photos mais j'aimerais savoir si quelqu'un s'est intéressé à ce sujet de façon historique ou artistique.

Merci à vous

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 04/09/2015 à 12:20

Bonjour,

Comme le rapporte l’article publié sur wikipedia, la photographie post mortem (également connue sous le nom photographie funéraire), pratique de photographier des personnes récemment décédées, se développe dans les premières décennies de la photographie et devient très commune au XIXe siècle. Elle permet aux familles de conserver au moins une photographie de la personne disparue. Dès 1842, l’atelier parisien Frascari propose des portraits à domicile de personnes décédées.
Parmi les photographies post-mortem, les photographies de nourrissons et de jeunes enfants sont courantes. Durant l'ère victorienne, le taux de mortalité enfantine était extrêmement élevé.
Plus tard, l'invention de la carte de visite, qui a permis le tirage de plusieurs images sur le même négatif donna la possibilité aux familles de pouvoir avoir plusieurs tirages qu'elles pouvaient par exemple envoyer aux parents de la personne décédée.
La pratique atteint son pic de popularité vers la fin du XIXe siècle et en très fort déclin à partir de l'apparition de la photographie instantanée. Quelques portraits commémoratifs officiels furent encore produits au cours du XXe siècle

Les premières photos post-mortem avaient pour but de créer une image du défunt qu'il n'avait pas pu faire ou avoir de son vivant. Les personnes décédées étaient alors placées et positionnées pour faire penser qu'elles étaient simplement assoupies ou bien placées de manière à apparaître plus réalistes, les yeux ouverts. Les enfants étaient souvent représentés au repos sur un canapé ou dans un lit d'enfant, parfois avec jouet. Il n'a pas été rare de photographier de très jeunes enfants avec un membre de la famille, le plus souvent la mère. Certaines images (en particulier les ferrotypes et ambrotypes), étaient parfois teintées pour ajouter par exemple un peu de rose aux joues du défunt
.

Image

De premières recherches montrent que ces photos mortuaires intéressent tout autant les internautes que les chercheurs ou les artistes.

Une exposition est ainsi consacrée à cette thématique en 2002, Le dernier portrait : exposition, Paris, Musée d'Orsay, 5 mars-26 mai 2002 / sous la direction de Emmanuelle Héran, 2002 : exemples de portraits mortuaires des XIXe et début XXe siècles : masques, peintures, dessins ou photographies, ouvrage présenté sur le site du Musée d’orsay.

L’exposition portraits :visages organisée par la Bibliothèque nationale de France aborde aussi le sujet du portrait mortuaire.

Les études et sites suivants vous permettront de trouver d’auters références :

* Francesco Faeta, « La mort en images », Terrain, 20 | mars 1993, http://terrain.revues.org/3059 ; DOI : 10.4000/terrain.3059
* Secure the shadow: death and photography in America / Jay Ruby, 1995.
* El retrato y la muerte : la tradición de la fotografía "post mortem" en España / Virginia de la Cruz Lichet, 2013
* Représenter l'horreur / sous la direction de Frédéric Astruc, 2015 : Les analyses réunies dans ce volume traitent de l'horreur et ses représentations, du cirque au manga, en passant par le cinéma gore, la photographie réaliste et mortuaire. Les auteurs convoquent les sciences humaines et les arts pour interroger le jeu de fascination et de répulsion que l'horreur inspire et la question de la transgression pour celui qui la représente.

L’article « mémoire et mélancolie : « ler portrait des morts » dans les Autress », Jacques Terrassa publié dans Le cinéma d'Alejandro Amenábar par Nancy Berthier.

En effectuant des recherches sur un moteur de recherche (photographie portuaire, funéraire, post-mortem …), vous trouverez les analyses de nombreux internautes comme sur fluctuat.premier.fr ou Les éditions du faune présentant « la photographie post-mortem et autres arts macabres à l’époque victorienne ».

Concernant les artistes, nous vous suggérons le nom d'Andres Serrano, photographe contemporain américain connu principalement pour ses photos et portraits de corps.
En 1991, la série de photographies The Morgue, basée sur des détails de corps de cadavres, se situe en relation avec la fascination de la mort présente dans le romantisme du XIXe siècle, et en particulier les œuvres de Théodore Géricault, dont la série s'inspire

Source : Wikipedia

Dans les fonds de la Bibliothèque municipale de Lyon, nous avons retrouvé des photographies (consultables sur Photographes en rhône-Alpes) susceptibles de vous intéresser :

* La mort de Jean-Marie Viannay (1786-1859), curé d'Ars, le 4 août 1859
* Enterrement de Monsieur Hara : le defunt sur son lit de mort
* Le cardinal Gerlier sur son lit de mort

Dans un autre registre mais pouvant tout de même vous intéresser, nous vous invitons à consulter Seine de crimes: mort suspectes à Paris, 1871-1937 / sous la direction de Philippe Charlier, 2015 : La Préfecture de Police conserve, dans ses Archives, la mémoire de la criminalité parisienne depuis le Moyen-Age. L'utilisation de la photographie, dès le milieu du XIXe siècle, va fixer de façon pérenne meurtres, assassinats, suicides, accidents, attentats. C'est avec Bertillon que l'art photographique va connaître son heure de gloire, doublé, dans le même temps, de l'invention d'une criminologie moderne. Ces clichés photographiques sont autant de fenêtres ouvertes sur les crimes du passé bénéficiant dorénavant d'un réexamen à l'aune de la médecine légale moderne. Près d'une centaine de planches ont été choisies pour leur caractère didactique, et sont l'objet d'une description complète. Huit essais clôturent cet ouvrage, pour mieux cerner le contexte de cet art mis au service de la Justice, dans sa lutte perpétuelle contre "l'industrie du crime". (4e de couv.)

Si cet aspect retient votre attention, vous pouvez aussi vous tourner vers le travail du photographe Weegee.

Pour finir en image :

Image
Source : Kasimir Zgorecki, Famille autour du cercueil d’un enfant, années 1930 publié sur e-veilleur.com
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