Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Actualités > Lyon à la Renaissance > Mirelingue la brumeuse

Mirelingue la brumeuse

par AZTY, le 27/03/2012 à 14:32 - 526 visites

Bonjour!

Je voudrai savoir d'ou vien l'expression "Mirelingue la brumeuse"

Merci d'avance

Dimitri

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 29/03/2012 à 10:11

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Merci pour cette question passionnante !

Une réponse du Guichet du Savoir a été donnée sur l’histoire des noms de la ville de Lyon, en 2006, Origine du nom Lyon. La deuxième partie de la réponse aborde ce titre qui fut donnée à la capitale de la Gaule Lyonnaise. En fait, le nom Myrelingues est d’abord attesté chez Rabelais, désignant une ville « d’au-delà de la rivière Loire ». C’est Claude Le Marguet, auteur du livre bien connu Myrelingues la Brumeuse ou l'An 1536 à Lion sur le Rosne, qui attribue ce nom à la ville de Lyon. Son ouvrage date de 1930, mais il le situe en 1536, époque à laquelle vécu Rabelais (qui resta à Lyon plusieurs années). Son livre obtint le prix littéraire des Amis de Lyon en 1933.

Myrelingues signifie « au mille langues ». Lyon était une ville très commerçante, où se parlait de nombreuses langues étrangères et patois. On croisait à cette époque des marchands milanais, florentins, allemands. On venait y chercher des tissages et bien sûr, des imprimés. A partir du 16ème siècle cependant, les douanes mises en place par le pouvoir royal conduiront au déclin de ces foires.

L’écrivain Claude Le Marguet est né et mort à Lyon (1868-1933) ; c’est lui qui attache le qualificatif de « brumeuse » à Myrelingues.
Certains passages du livre en question sont tout à fait éloquents : notamment « Septembre venu… les crépuscules devenaient humides… des gazes de soie laiteuse voilèrent Fourvière, des franges d’étain diaphane pendirent sur les fleuves puis, dès la mi-mois, le grand brouillard gris enveloppa les choses ».
Ou bien encore « La colline revêtit son vêtement flou…l’horizon recula jusqu’à l’irréel…tout se fit de la matière fantomatique qu’est la substance mystérieuse de l’au-delà… »… (épilogue, p. 250).

Dans le précieux Dictionnaire historique de Lyon, le mot brouillard figure en bonne place. Il est fait référence à Stendhal, qui donne une image peu flatteuse de la ville dans son livre Mémoires d’un touriste « Lyon est le pays de la boue noire et des brouillards épais […] A Lyon, un brouillard épais règne deux fois par semaine pendant six mois ; alors tout paraît noir, on n’y voit pas à dix pas de soi… ».
Jean Dufourt (un contemporain de Claude le Marguet), dans Calixte ou L’introduction à la vie lyonnaise (1926), fait dire au héros « C’est une ville de brouillard et de marchands ». Voilà une bonne image pour voir la ville comme brumeuse et creuset de langues variées.

C’est l’assèchement progressif des marais de la Dombes, au XIXème siècle (notamment pour la ligne de chemin de fer et l’agriculture), le réchauffement des eaux du Rhône dû à l’activité de la centrale du Bugey et la fin du chauffage au charbon qui a éliminé ce phénomène. Le goudronnage des rues a aussi beaucoup modifié l’atmosphère de la ville. Un ouvrage de la Société d’agriculture de Lyon traite de ce sujet : Le brouillard à Lyon : comment il se forme - comment l'en empêcher (1913).

Par ailleurs, concernant l’origine de la ville de Lyon, qui fait l’objet d’explications dans la réponse du Guichet du Savoir citée plus haut, il est important de noter que c’est la colonie romaine qui est fondée en 43 avant notre ère. En effet, depuis maintenant de nombreuses années, c’est la ville protohistorique qui se donne de plus en plus à voir. Il s’agit de Lyon avant Lugdunum, question importante, car une occupation existait déjà bel et bien. Pour ce sujet, vous pouvez consulter l’ouvrage de référence Lyon avant Lugdunum (exposition de 2003 au Musée gallo-romain de Lyon).

Il serait intéressant de comparer le taux d’hygrométrie de la ville de Lyon à celui de la ville de Londres qui était connue pour son célèbre fog. Enfin, dans ce contexte poétique et par métaphore, un peintre lyonnais de renom se nomme Eugène Brouillard. Pour connaître sa peinture, vous pouvez consulter l’ouvrage Eugène Brouillard : 1870-1950 : un maître de l'Ecole lyonnaise.
  • 1 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact