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Lyon en 1562 : un bilan ?

par saxogramm, le 24/01/2013 à 16:34 - 557 visites

Bonjour,

Je mène actuellement des recherches historiques qui m'amènent à Lyon en 1562. Or, je ne trouve que des renseignements assez vagues sur les événements : mais existe-t-il un bilan détaillé et précis des pillages, incendies, destructions, etc., perpétrés lors de la prise et de l'occupation de la ville ?
Je lis quelques sources de peu postérieures aux événements — par exemple les pièces rassemblées dans les Archives curieuses de l'histoire de France, 1.4, ou encore les Mémoires de l'histoire de Lyon de Guillaume Paradin (1573) — mais elles n'en parlent que par allusion : les événements étaient dans tous les esprits et n'avaient pas à être détaillés…
Existe-t-il des sources fiables, soit anciennes soit modernes, qui aient entrepris de faire un bilan détaillé ? Je vous remercie par avance pour toutes les indications bibliographiques que vous pourrez m'indiquer !

Pierre CP

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 25/01/2013 à 16:56

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Bonjour,

Lyon en 1562, c’est à la fois, avec toute l’ambivalence de la Renaissance, Lyon l’humaniste et Lyon théâtre des guerres de religions. Si l’on s’attache à comprendre les événements de cette année en particulier, un personnage domine le paysage historique : François de Beaumont, dit « Baron des Adrets ». D’après le Dictionnaire historique de Lyon, il « prend le commandement d’une armée protestante, qui, parcourant le Dauphiné et la Vallée du Rhône, y sème la terreur […] ».

Arrêtons-nous sur le détail qui concerne Lyon : « Dans la nuit du 29 au 30 avril, les troupes du baron parviennent à pénétrer dans la ville et lui-même y fait son entrée le 4 mai. Le pillage qui s’ensuit constitue une des pages les plus noires de l’histoire lyonnaise. Si les églises Saint-Paul et Saint-Nizier n’ont pas trop à souffrir de la violence huguenote, la collégiale Saint-Just est totalement détruite, les abbayes d’Ainay et de l’Ile Barbe sont dévastées, de même que le couvent de l’Observance, celui des Célestins, la commanderie des Antonins, les bâtiments des dominicains, des bénédictines et des minimes etc. Dans le quartier cathédral, les soldats du baron saccagent les statues de la primatiale et le tombeau de Charles de Bourbon, ainsi que les églises Saint-Etienne et Sainte-Croix, pillent les maisons des chanoines et jettent à bas le grand cloîtres de Saint-Jean ; un peu partout dans la ville, les reliques de saints - celle d’Alexandre et Epipode comme celles de Bonaventure - sont profanées et la population catholique molestée. Les symboles de la monarchie ne sont pas épargnés, comme en témoigne la destruction de la colonne édifiée en 1509 sur le pont du Rhône lors de l’entrée solennelle du roi Louis XII (1462-1515). […] Les protestants tiendront Lyon pendant plusieurs mois, contribuant à modifier de façon non négligeable l’urbanisme de la ville…en satisfaisant parfois d’anciennes revendications des habitants, auxquelles le pouvoir religieux, l’archevêque aussi bien que les chanoines-comtes, avait toujours opposé un refus : ouverture d’une brèche dans la muraille, permettant de relier le grand cloître à la ville (l’actuelle « rue de la Brèche » en porte le témoignage), création des actuelles montées du Chemin-Neuf et… Saint-Barthélémy, aménagement du clos Bellecour en place d’armes, percement de la future rue Saint-Dominique (auj. rue Emile-Zola)…».

Si vous vous intéressez uniquement à l’année 1562, l’ouvrage Lyon 1562, capitale protestante : une histoire religieuse de Lyon à la Renaissance (exposition qui eu lieu aux Archives municipales), une chronologie succincte présentée à la fin de l'ouvrage permet de se repérer dans cette année troublée.
30 avril : Occupation de Lyon par les protestants armés (jusqu’au 15 juin 1563)
[Le Cloître Saint-Just est pris le 30 avril 1562]
- 2 mai : Jean de la Porte, seigneur de Charveirieu, se fait ouvrir la porte de Saint-Just et prend la porte de Saint-Irénée.
- 3 mai : Démolition de l’église Saint-Saturnin
- 5 mai : Arrivée du Baron des Adrets à Lyon ;
Début de la ruine des églises Saint-Jean, Sainte-Croix et Saint-Etienne
- 7 mai : Chute de Pierre-Scize
- 8 mai : Inventaire du trésor de Saint-Just
- 28 mai : Début du démantèlement de Saint-Just
- 5 juin : Le nouveau conseil ordonne la démolition de toutes les maisons de la largeur d’une pique, depuis les Cordeliers jusqu’au pont du Rhône
- 24 décembre : décision consulaire lyonnaise : la rue Reynier est prolongée et devient rue Bellecordière

Dans l’ouvrage figure également des extraits du plan scénographique de Lyon avec des surcharges qui permettent de suivre le parcours des protestants dans la ville.

Citons d’autre part quelques passages descriptifs : « La primatiale est détruite principalement pour des motifs religieux et est la proie de pilleurs malgré les précautions prises. » L’auteur fait ensuite mention d’un registre de l’église, datant du 2 juillet 1563, qui fait la liste des éléments pillés.
« La grande majorité des églises lyonnaises a été pillée durant le mois de mai 1562 ; toutefois la description de tous les biens récupérés n’ayant été ci consignée par les autorités politiques lyonnaises qu’au mois de juin 1562, de nombreux ornements de valeur ont disparu entre temps. »
Le 23 mai 1562, « la démolition [de l’église Sant-Just] est entreprise et elle est confiée à deux charpentiers, Jean Biterna et Jean Duerne. Contrairement à la destruction de l’église Saint-Jean – qui correspond avant tout à une volonté religieuse- celle de l’église Saint-Just répond à un réel souci stratégique de la part des protestants : se défendre contre un ennemi extérieur, les catholiques. »

L’article La Saint-Barthélemy et l'intolérance des lyonnais pendant les guerres de religion, 1562-1572 dans le Bulletin de la Société historique, archéologique et littéraire de Lyon (t. 30, 2000, p. 13-31), est certainement également une référence à consulter.
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