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Jeux anciens ou traditionnels Lyon

par françois69, le 21/02/2006 à 16:14 - 582 visites

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Bonjour,
je recherche des documents (textes ou images) concernant les jeux ou les sports pratiqués à Lyon au Moyen-Age ou à la Renaissance.

Y a t-il eu une analyse des jeux représentés sur le plan scénographique de 1550 (voir planche de la pointe de la Presqu'ïle) ?

Merci par avance pour votre aide

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 23/02/2006 à 10:24

Réponse de la Documentation Rhône-Alpes

L'homme a d'abord inventé le jeu, puis l'argent et enfin, les jeux d'argent. A partir de ce moment, la passion du joueur l'a emporté sur le tout. Homère citait déjà le jeu d'osselets comme l'un des plus dangereux de son temps. On y jouait sa fortune, puis ses enfants, sa femme et à défaut soi-même. Les Romains, eux, n'hésitèrent pas à jouer la tunique de Jésus-Christ au Passe-Sept. Les Grecs introduisirent en plus la tricherie. Il en est resté l'expression "Tricher comme un Grec".
C'est pourquoi tous les gouvernements essayèrent d'interdire ou du moins de réglementer le jeu. Le Romain Septime-Sévère interdit que l'on joua pour de l'argent, à vrai dire sans beaucoup de succès. Au Moyen-Age, Philippe-Auguste fut un des premiers à défendre la Martingale. En 1254, Saint-Louis interdit les Dés, le Tric-Trac et par la même occasion les jurons des perdants. Plus tard, Charles IV s'attaqua aux Palets, Quilles et même aux Billes. Tous ces efforts restaient bien souvent sans effet. Mieux, un courtisan de Charles VI eut l'idée de faire peindre sur des cartons différentes figures et imagina la première combinaison du jeu de Piquet, lointain ancêtre de notre Belote. Le jeu de cartes pénétrait la cour de France, se propageait dans Paris puis en province.
François 1er reviendra à la charge et en 1552 défendit tous les jeux de hasard, mais avec une certaine originalité ; il les interdit seulement aux comptables. Louis XIV, qui était toujours de mauvaise humeur après avoir perdu au jeu, défendit un beau matin la Bassette et le Hoca. Les joueurs ne se démontèrent pas pour autant et déguisèrent ces jeux sous les noms de Pharaon, Barbacole ou Pour et Contre.
Les Rois passaient mais les jeux restaient....


Ce chapitre tiré de l'ouvrage Quand Lyon s'amusait, suit le 1er chapitre, consacré à la passion de la Loterie, dont on peut suivre le détail de l'évolution à Lyon, et précède la description de différents types de loisirs pratiqués à Lyon, pour la plupart à des époques ultérieures à celles du Moyen-Age et de la Renaissance. Cependant les jeux de rues et des quatre saisons sont évoqués :

Beaucoup de jeux se pratiquaient dans les rues, à commencer par les boules. Déjà les Romains roulaient des pierres rondes sur les dalles des voies militaires d'Agrippa qui partaient de Lugdunum, à hauteur de Petra incisa (Pierre Scize)...
Les gones savaient de qui tenir lorsqu'ils faisaient leurs premiers carreaux avec des boules de buis, dénommées "bauches". Le roi Charles V, s'en était inquiété et avait promulgué un interdit de la "boulerie" au cours de l'an de grâce 1369. Le souverain voulait plutôt remplir les églises délaissées le dimanche matin par les joueurs impénitents. D'ailleurs il disait "jeux de mains, jeux de vilains" et préférait les tournois des chevaliers.

Depuis, les Lyonnais jouaient de plus en plus, non seulement aux boules mais aussi aux "palet". Ils utilisaient pour ce jeu une pierre plate et ronde ou un petit disque de fer, quelquefois de cuivre, de la grosseur de l'ancien écu d'argent. Le but était déterminé, soit par un palet, soit par un bouchon, lancé par un premier joueur. Ensuite, il fallait placer son palet le plus près possible pour gagner la partie.
Au XVIe et au XVIIe siècles, un autre jeu faisait fureur, celui du "mail". Les règles consistaient à propulser devant soi, à l'aide d'un maillet appelé mail, une boule de buis en direction d'un but. Le joueur devait la projeter le plus loin possible pour le gain d'un point. L'aire de jeu, une bande de terre sableuse, longue de 500 pieds (165 mètres), était délimitée sur sa droite et sur sa gauche et un joueur "noyait" sa boule en la sortant de ses limites ; dans ce cas, il perdait trois points. Quatre sortes de parties pouvaient se dérouler : le "rouet" où chacun jouait pour son propre compte - la "passe" qui rassemblait des "camps" - les "grands coups" réservés à deux costauds s'escrimant sur la même boule. Quant à la "chicane" ! on la pratiquait en plein champ, sur un sol non préparé.
Toutes les villes du royaume possédaient un "mail", si bien que la postérité en a fait un lieu de promenade.


Ce dernier chapitre poursuit cette passionnante description des jeux - et de leurs aléas au cours des siècles - jeux tels que le quinet, le canichet, la "boule à la lyonnaise", le "pot" ou "potet" (joué avec des noyaux d'abricots), la "marelle" ou la "classe" (en "lyonnais") - qui deviendra la "caniche", les"échasses" ou les "fiardes", à l'automne, les glissades sur la glace des caniveaux, en hiver, les "gobilles"...

Cependant, les autres activités sportives ou ludiques décrites au cours des autres chapitres, ne remontent pas aussi loin dans le temps et il en va, hélas, de même avec la plupart des ouvrages s'intéressant à l'histoire des lyonnais et leur vie quotidienne, qui restent peu prolixes quant à leurs distractions, pour la période. On trouve cependant des descriptifs détaillés des jeux et fêtes, ainsi que des joutes, et du spectacle que constituaient les cortèges des souverains et autres puissants personnages, dans La Vie lyonnaise, qui consacre un important chapitre aux fêtes populaires.

- Vivre à Lyon au XVIe siècle ne vous éclairera guère que sur la forte connotation religieuse imprégnant les activités populaires des habitants lyonnais, friands de processions, mais aussi des mascarades, ou des cortèges auxquels donnaient lieu les fêtes publiques traditionnelles (autour de 1566).

- Présence italienne à Lyon à la Renaissance offre quelques pages sur les Défilés entrées et réceptions (pp 128-131) et Des jeux compliqués dans les rues (pp 131 à 136).

- Les jeux et les sports ne sont pas évoqués dans l'ouvrage de Louis Bourgeois, qui décrit en détail les fêtes et les fastes de cette période.

Il semble bien en effet que les documents relatifs aux jeux et sports n'aient pas fait l'objet d'études antérieurement au 19e siècle ( cf cette liste de réponses).
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