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Accueil > Actualités > Tchernobyl, 30 ans après > Radioactivité et vie

Radioactivité et vie

par noknown, le 10/05/2011 à 09:53 - 761 visites

Bonjour,

suite aux évènements récents du Japon, nous sommes engagés dans une polémique. La vie sans radioactivité est-elle possible ? D'un côté, les partisans du nucléaire défendent cette idée qu'il est possible de vivre sur des territoires contaminés (ce qui est bien pratique pour leur industrie), de l'autre, les partisans des énergies propres et de la radioprotection.
Une émission TV expliquait que les oiseaux migrateurs meurent sur les terrains autour de Tchernobyl après avoir épuisé leurs antioxydants lors de leurs migrations alors que les oiseaux sédentaires survivent...
Une radioactivité est-elle nécessaire à l'évolution, aux mutations ? Les radiations cosmiques ou les catastrophes venues de l'espace ne suffisent-elles pas ?
Y a-t-il des publications qui prouvent qu'il n'est pas possible de vivre sans radioactivité ? Et cela en se basant sur les résultats animaux obtenus sur quelques dizaines de générations, pas en se basant sur des considérations théoriques...

Merci

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 10/05/2011 à 17:19

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,

Votre question soulève en fait d’autres interrogations et mérite que l’on s’intéresse à ce que l’on nomme la radioactivité. A partir de là, il sera possible de distinguer la radioactivité naturelle (cosmique ou présente sur terre, au sein de la matière et des êtres vivants) de la radioactivité artificielle, émanant de laboratoires ou de réacteurs. Ces différences, fondamentales, sur plus d’un point, expliquent vraisemblablement les divergences qui existent entre les défenseurs de l’idée d’une vie impossible sans radioactivité et au contraire les détracteurs de cette hypothèse.

Pour commencer, les atomes qui constituent la matière sont en générale stables, mais certains d’entre eux se transforment spontanément en émettant des rayonnements qui emportent de l’énergie. C’est ce que l’on appelle la radioactivité.
Depuis la naissance de l’Univers, certains atomes demeurent radioactifs Aussi, la terre, les êtres vivants et tout ce qui les entoure sont radioactifs. Par conséquent, la radioactivité naturelle est également présente à l’intérieur même du corps humain.

Dans la vie de tous les jours, la radioactivité apparaît comme indispensable dans biens des domaines et explique par conséquent qu'elle puisse apparaître comme indispensable à l’évolution. Par exemple, la radiothérapie est utilisée pour traiter 40 à 50 % des cancers.

Il importe néanmoins de souligner que, bien souvent, le débat porte sur le seuil de nocivité de la radioactivité ; les défenseurs du nucléaire argumenteront qu’en dessous d’un certain seuil la radioactivité est « inoffensive ».

Ainsi, sur le site de Greenpeace sont réunies des questions que les internautes se posent sur la radiocativité, à quoi il est répondu qu'qu’il n’existe pas de « dose inoffensive », c’est-à-dire une valeur minimale en deçà de laquelle les radiations n’entraînent aucun effet. Cependant, personne ne peut éviter de recevoir des radiations : le soleil et la terre en émettent en permanence. Cette dose « naturelle » varie constamment, et il est donc impossible de déterminer une valeur précise. Le mieux est bien entendu de s’exposer « le moins possible » aux radiations. Cette recommandation n’est pas très précise, mais c’est le meilleur moyen de réduire les risques encourus par les
personnes travaillant sur une centrale nucléaire.
Il existe en revanche une dose « plafond » qui, elle, ne laisse place à aucune discussion.


A contrario, la Société française d'énergie nucléaire répond que la dangerosité dépend du niveau d’exposition :

1. De "faibles doses" d' irradiation se révèlent inoffensives pour la matière vivante : nous vivons dans un univers naturellement radioactif. Ceci résulte de l'existence d'une radioactivité naturelle qui est en France de l'ordre de 2,4 milliSievert /an et qui peut dépasser 100 mSv /an dans certaines régions du monde (sans que l'on n'ait pu d'ailleurs déceler aucun impact sur la santé dans les régions les plus exposées).
A cette radioactivité naturelle, les activités humaines ne font qu'ajouter une radioactivité dite artificielle qui, d'une part, n'est pas de nature différente et qui, d'autre part, est bien inférieure à la radioactivité naturelle. Hors cas d'accident grave, la radioactivité artificielle provenant des industries nucléaires est au maximum de l'ordre de 0,02 mSv /an.
Les études biologiques ont clairement établi que cette compatibilité entre le "vivant" et les "faibles doses"repose sur des mécanismes fondamentaux des cellules, tels que réparations ou éliminations des cellules endommagées. De tels mécanismes sont en fonctionnement permanent dans tout organisme vivant.
Les études épidémiologiques menées depuis un siècle, depuis que la radioactivité a fait irruption dans notre monde, démontrent que, hors cas d'accident, il n'y a eu aucun impact de la radioactivité d'origine industrielle sur la santé tant des ouvriers du nucléaire que du public.


2. A l'inverse, à partir d'un certain niveau d'exposition, la radioactivité est dangereuse, voire mortelle. C'est qu'en effet les rayonnements émis par les corps radioactifs, en pénétrant dans toute substance vivante, et notamment notre corps, y créent des perturbations pouvant se traduire par la mort ou l'altération (mutation) des cellules.
Il est alors nécessaire d'entourer toute source de rayonnements de quelque importance de matériaux empêchant ces rayonnements d'atteindre des organismes vivants et d'éviter des dispersions incontrôlées de matières radioactives. C'est ce qui est fait autour des réacteurs nucléaires ou des installations médicales utilisant des isotopes radioactifs.
Ce danger de la radioactivité a été perçu dès ses premières utilisations. Et c'est dès 1928 que s'est mise en place, de façon indépendante, une Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements (CIPR ou ICRP en anglais) qui s'est donné pour tâche d'édicter les règles permettant de garantir la sécurité des exploitants de sources radioactives aussi bien que celle du public. Il ne fait pas de doute que l'application de ces règles a permis de diminuer grandement le nombre d'accidents d'irradiation dans le monde (accidents liés essentiellement à de mauvais comportements lors d'usages médicaux ou industriels de sources radioactives).


Sur techno-science.net vous trouverez que les conséquences de la radioactivité sur la santé sont complexes. Le risque pour la santé dépend non seulement de l'intensité du rayonnement et la durée d'exposition, mais également du type de tissu concerné — les organes reproducteurs sont 20 fois plus sensibles que la peau. Les effets sont différents selon le vecteur de la radioactivité :
• exposition à des rayonnements ionisants par une source radioactive à distance
• contamination radioactive si l'on avale ou l'on respire un produit radioactif


Pour poursuivre cette réflexion, nous vous suggérons de consulter les sites suivants :

- Fukushima : «29.900 microsieverts...» oui, mais c'est quoi un sievert ? sur Libération Sciences.
- Institut de radioprotection et de sureté nucléaire propose notamment un dossier sur Tchernobyl.
- La radioactivité.
- Futura sciences: dossier la radioactivité, le phénomène physique.
- CNDP: La radioactivité au quotidien.
- radioetsante.chez.com

Ainsi que ces réponses précédentes du Guichet du savoir :
- Le nucléaire, les risques.
- Exposition à la radioactivité.
- Effets de la radioactivité.
- Effets de la radioactivité sur le corps humain.
- radiotoxicologie
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