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Accueil > Préparation des gravures sur cuivre

Préparation des gravures sur cuivre

par benjamin.ravier, le 02/05/2011 à 10:38 - 1070 visites

Cher guichet du savoir,

je travaille sur des images de l'époque moderne, des gravures sur cuivre pour être exact. Et j'ai 2 questions les concernant :
1) comment reconnaître les gravures au burin des gravures à l'eau-forte ? Est-ce seulement possible ?

Et surtout, beaucoup plus importante pour moi, car j'ai retrouvé des manuscrits très similaires aux gravures, et j'aimerais savoir si ce sont des copies des gravures ou des dessins préparatoires; et dans ce dernier cas, le degrés de fidélité possible du passage du dessin à la gravure. D'où la question suivante :
2) A-t-on une idée de l'organisation d'un atelier de gravure : est-ce que les fonctions de dessinateur et de graveur sont séparées ? comment passe-t-on du dessin à la gravure ? par copie ? par calque ? J'ai entendu parler d'une technique à la sanguine, qui permet de coller sur la plaque le dessin à la sanguine, dont un graveur suivra ensuite le trait.
Serait-il possible de dater l'apparition de ces techniques du passage du dessin à la gravure.

Très cordialement et en vous remerciant pour cet excellent travail !

Benjamin Ravier


Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 02/05/2011 à 15:03

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,

Un œil aguerri saura effectivement faire la différence entre une gravure au burin et une gravure à l’eau-forte tout comme il sera possible de dater les œuvres en fonction des techniques employées.
Pour répondre à vos différentes questions, nous nous reporterons aux études consacrées à la gravure que nous vous encourageons à parcourir.

Nous commencerons par définir ce que l’on entend par eau-forte et burin afin d’en comprendre les principales différences :

L’eau-forte est une des plus importantes techniques de la gravure en creux. Les tailles ne sont pas obtenues en attaquant directement le métal avec un outil, mais par l’intermédiaire d’un mordant qui ronge le métal aux endroits où on l’a laissé découvert (…) la gravure à l’eau-forte est par excellence le procédé des peintres. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on l’a nommée gravure des peintres. Au contraire du burin, elle ne réclame que relativement peu de connaissances techniques. C’est pourquoi les peintres, l’ayant rapidement adoptée, elle s’est presque confondue avec la gravure libre – c’est à dire spontanément, à la manière d’un dessin – par opposition à la gravure de métier exécutée par des spécialistes et selon des disciplines plus rigoureuses.
Source : Dictionnaire technique de l'estampe, p. 113-114.

Au contraire, la technique du burin est celle d’une gravure en creux, exécutée sur métal et, particulièrement sur cuivre ou sur acier. Le burin est lui-même le principal outil de la gravure (…) On reconnaîtra une gravure au burin par l’écrasement par l’écrasement du papier et le léger relief formé par l’estampage des tailles, relief visible au grossissement et par la marque que laissent les bords de la plaque du cuivre dans le papier (…) Mais ce qui permet surtout de caractériser le burin, c’est la netteté des traits de soin dessin, par différence avec l’aspect plus crayonné ou pittoresque de l’eau-forte.
Source : Dictionnaire technique de l'estampe, p. 62.

En outre, pour l’eau-forte Jean E Bersier rappelle que le procédé de l’eau-forte est le plus riche de couleur et de valeur, le plus souple (..) Il ajoute qu’elle permet de tendres modulations … ces diverses possibilités sont en partie liées à la facilité que donne l’utilisation de la pointe tenue comme l’on tient un crayon.

Aussi, la technique de l’eau-forte est, plus que toute autre, infiniment sujette aux contingences, au caractère de son auteur. Il y a autant de façons de mener la pointe sur le vernis qu’il y en a de tenir un crayon et de dessiner (…) or il n’y a qu’une façon de tenir le burin
Source : La Gravure : les procédés, l'histoire, p. 45.

Concernant les procédés de reproduction, l'auteur explique que le buriniste, avant de graver, aura sans doute tracé sommairement sur le cuivre son dessin ; mais pour que l’œuvre du graveur soit véritablement belle ; c’est la planche de cuivre qui l’inspirera, la planche et les contingences qui lui sont propres, il ne s’agira pas de reporter avec soin un dessin complet dont on inciserait servilement le trait, mais de faire tout autre chose qu’une reproduction d’un dessin. La Gravure : les procédés, l'histoire, p. 44.

Rembrandt par exemple, illustre bien ces propos puisque ses estampes font preuve d’une réelle virtuosité et demeurent des créations à part entière. Il représente la figure de l’artiste peintre-graveur. En revanche, certains graveurs se sont contentés de reproduire des œuvres de grands maîtres. Ainsi L’exposition D'après Michel-Ange qui se tient actuellement à la Bibliothèque municipale de Lyon révèle les nombreuses copies faites à partir des œuvres de Michel ange

jean E. Bersier poursuit sa description et relate qu’après avoir dessiné sur une feuille de papier sa composition, il la calquera sur une mince feuille de gélatine en utilisant une pointe d’os ou d’agathe. Dans le sillon ainsi produit il saupoudrera de la poudre de sanguine puis retournera le calque sur le cuivre et en frottera le dos ; la sanguine déposera l’empreinte du dessin sur la surface polie du métal. Un autre procédé consiste à tailler en pointe un crayon gars très mou, un crayon lithographique par exemple qui ne risque pas de rayer le métal, et de dessiner directement sur cuivre. Enfin, on peut également employer un papier gras, bleu ou rouge, grâce auquel on décalquera son dessin directement sur la planche.

Il explique dans un même temps que le graveur posera un miroir sur pied dans lequel se réfléchira s’il y a lieu le modèle à copier ou celui dont il s’inspirera
La Gravure : les procédés, l'histoire, p. 44 ; p. 64.

Pour approfondir ces notions, nous vous conseillons les lectures suivantes :

* Le grand livre de la gravure : techniques d'hier à aujourd'hui / Ann d'Arcy Hughes, Hebe Vernon-Morris; traduit de l'anglais par Claire Rascle, 2010.

* La gravure : l'histoire, les techniques, les chefs-d'oeuvre de l'art graphique, des origines à nos jours / Maria Cristina Paoluzzi; trad.-adapt. par Marie-0dile Kastner, 2004.
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