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Lance Armstrong Dopage en 7 saisons de suite!!!

par foulenfouleni, le 21/03/2015 à 19:29 - 185 visites

Bonjour,
Comment le cycliste américain Lance Armstrong a pu commettre une supercherie sans précèdent dans le tour de France ? Qui est derrière cette incroyable fraude ? Est-ce lui tout seul ?pourquoi a-t-il avoué de son dopage après des années ? Peut-on attribuer la négligence à l’organisateur francais ? Existe-t-il des fraudes pareilles en sport ?
Comment éviter avec certitude, ce phénomène de se reproduire?
Merci.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 23/03/2015 à 14:45

Bonjour,

Comme vous pouvez le lire dans les articles de presse, le « système » Armstrong implique bien des acteurs et des complices, expliquant par conséquent que celui-ci ait perduré aussi longtemps.

Revenons ainsi sur un article « Enquête Dopage. Le système Armstrong », publié dans Le Monde le 13 octobre 2012 :

Le rapport dévoilé mercredi 10 octobre par l'Agence antidopage américaine (Usada) confirme que Lance Armstrong avait mis en place « le programme de dopage le plus perfectionné jamais vu dans le sport » pour asseoir son règne sur le Tour de France.
Le dossier est volumineux, précis et accablant. Plus de 1 000 pages au fil desquelles l'Agence antidopage américaine (Usada) décrit en détail la machine à tricher au service de Lance Armstrong. Ce rapport est une mine d'informations. Nous avons retenu cinq mécanismes grâce auxquels le cycliste texan a imposé sa loi pendant plus de dix ans

Michele Ferrari, surnommé « il dottore », est au coeur du système de dopage de Lance Armstrong. Médecin à la réputation sulfureuse, ce chantre de l'érythropoïétine (EPO) et des hormones de croissance a fourni le coureur américain dès 1996, comme le prouve un versement de 14 089,65 dollars effectué par Lance Armstrong le 21 février 1996. En 2001, le docteur Ferrari est officiellement présenté à l'équipe US Postal lors d'un camp d'entraînement à Austin (…) Chaque coureur désirant être suivi doit verser un pourcentage de son salaire annuel au médecin. Pour George Hincapie, coéquipier de Lance Armstrong au sein de l'US Postal, le montant s'élevait à 15 000 dollars.
(…)
La scène se passe le mercredi 21 juillet 2005, dans la salle de presse installée au sommet de l'Alpe-d'Huez. Lance Armstrong vient à peine de franchir la ligne d'arrivée que son directeur sportif se dirige vers le reporter du Monde pour une visite qui n'a rien de courtoisie. (…) L'objet du courroux du mentor de Lance Armstrong ? La veille, le journaliste a publié une interview de Stephen Swart, ancien équipier de l'Américain - dont l'Usada a depuis recueilli le témoignage - expliquant que le Texan a toujours été favorable au dopage. Pire, quelques jours plus tôt, il a donné la parole au premier Américain vainqueur du Tour, Greg LeMond : « Lance Armstrong est prêt à faire n'importe quoi pour garder son secret. » Et Johan Bruyneel, qui a accompagné Armstrong dans toutes ses équipes successives depuis 1999 (US Postal, Discovery Channel, Astana, RadioSchack) a toujours été dans la confidence.
(…)
L'Usada précise que Joahn Bruyneel était « au top des détails » pour organiser les programmes de transfusion sanguine avant les Tours, savait quand un athlète avait besoin de prendre de l'EPO pour régénérer son sang après une extraction et qu'il fournissait parfois même des produits au coureur. « Plus pernicieusement, Johan Bruyneel avait appris comment introduire les jeunes coureurs à l'utilisation de produits dopants », souligne le rapport.
(…)
Sur la Grande Boucle 1999, celle du premier titre de Lance Armstrong, le niveau de surveillance est tel que l'équipe US Postal ne peut recourir aux méthodes de distribution de l'EPO utilisées d'habitude à l'entraînement. Un an après le scandale Festina, la formation américaine n'est plus en mesure de faire ce qu'elle veut sur les routes du Tour. Mais Lance Armstrong et son entourage ne manquent pas d'idées : ils demandent à un motard, surnommé « Motoman », de livrer les doses d'EPO au Texan et à ses lieutenants Tyler Hamilton et Kevin Livingston, notamment avant les étapes de montagne.
(…)
Pour faciliter cette pratique interdite, Hamilton et Livingston partagent leur chambre d'hôtel. C'est donc en toute confidentialité que les trois coéquipiers s'administrent l'EPO ou discutent, en présence de Johan Bruyneel, le directeur sportif de l'équipe, des moyens d'améliorer encore l'efficacité du dopage. Tenus à l'écart, les autres coureurs de l'US Postal observent les effets de ce « traitement différentiel » sur les performances du trio.
(…)
Le 11 juillet 2009, les coureurs s'apprêtent à disputer la 8e étape du Tour entre Andorre-la-Vieille et Saint-Girons, en Ariège. Avant de s'élancer sur les routes pyrénéennes, les membres d'Astana, dont Lance Armstrong (qui vient de rejoindre l'équipe kazakhe) et l'Espagnol Alberto Contador, sont priés, au petit matin, de se présenter immédiatement pour des prélèvements. L'intervention des inspecteurs de l'Union cycliste internationale (UCI) à l'hôtel d'Astana va permettre aux coureurs d'obtenir un délai de quarante-cinq minutes avant d'effectuer ces tests. L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), dont l'escorte est écartée ce matin-là par la Fédération internationale, a rappelé ces faits, en octobre 2009, dans un rapport accablant révélé par Le Monde. « L'équipe d'Astana a bénéficié d'un traitement privilégié de la part des officiels de l'UCI », conclut alors l'AFLD.
Une thèse que l'Usada confirme dans le rapport mis en ligne le 10 octobre. « L'équipe Astana (...) a bénéficié d'informations privilégiées et d'avantages en temps pendant des contrôles antidopage », affirme l'agence américaine. Entre obtention de délais à l'occasion d'examens inopinés et anticipation des contrôles, une logistique sophistiquée est clairement mise en place pour protéger Lance Armstrong. « Il a été prévenu avant tous les contrôles (...). Il était prévenu sur ses lieux de résidence », confiait fin août au Monde Michel Rieu, conseiller scientifique de l'AFLD. En plus des largesses complices de l'UCI, l'Usada met en cause l'encadrement de l'équipe Astana et plus particulièrement son directeur sportif, Johan Bruyneel, qui a suivi l'Américain chez Astana. « Johan avait toujours l'air de savoir quand les contrôleurs venaient sur les courses », confesse David Zabriskie, ex-coéquipier d'Armstrong.
Le système vise à maquiller ou escamoter les résultats des prélèvements.

Pas de pitié pour ses ennemis
(…)
Le 23 juillet 2004, entre Annemasse et Lons-le-Saunier, le coureur italien Filipo Simeoni, classé à la 114e place, s'échappe. Mais il est pris en chasse par Lance Armstrong : l'Américain le rattrape et oblige le coureur italien à rentrer dans le rang. Armstrong veut régler avec lui un contentieux. Deux ans plus tôt, Simeoni avait raconté devant le tribunal de Bologne que le docteur Ferrari lui avait prescrit, entre 1996 et 1997, des produits dopants. Il avait été le premier cycliste à dénoncer les agissements de ce sulfureux médecin. Interrogé par Le Monde en 2003, le Texan a qualifié Simeoni de « menteur absolu ». L'Italien l'attaque en diffamation. « Tu as fait une erreur de témoigner contre Ferrari... Je peux te détruire », lui dira ensuite Armstrong.
Tout au long de sa carrière, Lance Armstrong s'en est toujours pris publiquement à ses détracteurs : insultes, menaces, représailles(
(... )
Dans son rapport, l'Usada évoque ses tentatives pour effrayer ou faire taire les témoins de son mensonge. …



L’interview de Christophe Bassons, ancien cycliste professionnel ayant marqué les esprits de 1999 à 2002 pour sa lutte contre le dopage, apporte des réponses à toutes vos interrogations :

Pensez-vous réellement que l'affaire Armstrong réglera le problème du dopage dans le cyclisme ?
En aucun cas. On m'appelle souvent en me disant, "c'est une revanche pour vous, c'est la preuve que vous aviez raison il y a quinze ans". J'entends, mais j'aimerais qu'on se dise : "Si Bassons avait raison il y a quinze ans, il a peut-être raison aujourd'hui en disant qu'il y a toujours du dopage." Après l'affaire Festina, tout le monde avait dit cela va beaucoup mieux. Sauf qu'après, on découvre l'affaire Armstrong. Entre-temps, il y a eu l'affaire Puerto dite Fuentes.

Que pensez-vous de la position de l'Union internationale du cyclisme accusée par le Comité international olympique d'avoir protégé Lance Armstrong ?
Le rapport de l'Agence américaine de la lutte contre le dopage a dénoncé fortement le mauvais fonctionnement de l'Union cycliste internationale. Lance Armstrong a eu l'intelligence - on ne peut pas lui enlever - de créer autour de lui un empire où il a tenu tout le monde comme il le voulait. C'est pour cela que j'ai été très surpris quand l'UCI a décidé de sanctionner Lance Armstrong parce que je savais très bien que si l'UCI le faisait tomber, il ferait tomber l'UCI.

Une décennie après l'affaire Festina, que pensez-vous de la réaction du peloton face aux cas de dopage ?
Ce que je constate, c'est que lorsqu'il y a des affaires de dopage, les journalistes viennent me parler à moi. Pourquoi ? Car parmi les coureurs ou les ex-coureurs, personne ne veut s'exprimer. Sur ce plan-là, cela n'a donc pas beaucoup évolué. Il y a toujours un silence qui plane sur ce milieu. Pour pouvoir parler, il faut assumer ce que l'on fait et être irréprochable. Sur un Tour de France, la quasi-totalité des cyclistes est assistée médicalement

Source : Christophe Bassons : "Ce qui se passait durant l'ère Armstrong, ça se passe aujourd'hui", Recueilli par Jennfier Franco, Midi Libre, Mercredi 16 janvier 2013.

Par ailleurs, Stéphane Mandard chef du service sport au Monde répond à toutes les questions soulevées par les internautes (Le Monde, 12 octobre 2012) et explique pourquoi il a refusé de se défendre :

C'est pourquoi il a refusé de se défendre malgré la possibilité que lui offrait l'Usada. Parce qu'il savait qu'en se soumettant à un procès, il courait aussi le risque du parjure. Un parjure qui a déjà envoyé l'ex-reine du sprint mondial, Marion Jones, en prison dans une autre affaire de dopage. Armstrong avait bien conscience de ce risque.

Pensez-vous que la condamnation de Lance Armstrong puisse entraîner un changement de comportement, d'une part chez la génération actuelle de coureurs
et d'autre part chez la prochaine génération ?
Depuis quelques années, les défenseurs du cyclisme disent qu'une page a été tournée, que les dérives du dopage étaient justement liées à cette génération Armstrong. Mais Alberto Contador a été contrôlé positif en 2010, Frank Schleck en 2012, deux coureurs qui incarnaient la nouvelle génération d'un cyclisme que l'on voulait propre. Et pas plus tard qu'il y a deux jours, un jeune coureur français inconnu du grand public, Steve Houanard, a été contrôlé positif... à l'EPO.

on parle beaucoup de dopage ultra-sophistiqué dans le cyclisme... Mais pourquoi ne parle-t-on pas de cette pour les autres sports ? Est-ce qu'elle existe ? Est-elle plus facilement détectable ? Y a-t-il moins d'argent en jeu, donc moins de dopés ?
En 2006, j'ai rencontré le docteur Fuentes, qui était l'héritier du docteur Ferrari. Il m'avait confessé qu'il ne travaillait pas uniquement avec des coureurs cyclistes, mais avec beaucoup d'autres sportifs, dont des footballeurs de premier plan. Aujourd'hui, je dois faire face à deux procès avec le FC Barcelone et le Real Madrid. Si les affaires ne sortent pas dans le football, c'est qu'il y a trop d'intérêts financiers et politiques en jeu.

les tricheurs ont-ils toujours autant d'avance sur les méthodes de dépistage ? Si oui, combien de temps ?
La recherche antidopage a fait d'énormes progrès. Le problème, c'est que les sportifs et les médecins qui les entourent développent des stratégies pour s'adapter aux contrôles et trouvent des nouveaux protocoles qui leur permettent de continuer à passer à travers les mailles du filet.
La pratique de l'autotransfusion sanguine, qui est très répandue, reste aujourd'hui indécelable, même si les scientifiques travaillent d'arrache-pied pour trouver une méthode de dépistage
.
source : Lance Armstrong, la chute du parrain du peloton


Nous vous laissons parcourir ces articles via la base de données Europresse consultable à distance pour les abonnés de la Bibliothèque municipale de Lyon.
Enfin, nous ne pouvons que vous conseiller de consulter les ouvrages suivants :

* La course secrète : dopage et Tour de France : le témoignage qui révèle tout / Tyler Hamilton et Daniel Coyle; traduit de l'anglais (États-Unis) par Anatole Muchnik : Confident et ami de L. Armstrong, le coureur cycliste T. Hamilton s'est retrouvé au coeur du système mis en place par L. Armstrong pour se doper et gagner sans se faire prendre. Il témoigne, en toute franchise, sur le monde du cyclisme, le système Lance Armstrong et la pratique du dopage à tous les niveaux.

* Le mensonge Armstrong [D.V.D.]/ réal. de Alex Gibney; avec Lance Armstrong, 2014 : Quatre ans après sa retraite sportive, Lance Armstrong entreprend un come-back dans le but de remporter un huitième Tour de France. Avec sa caméra, Alex Gibney filme les coulisses de ce retour improbable et dresse un portrait fort de ce Texan, survivant d’un cancer des testicules et promu champion cycliste. Au travers d’interviews exclusives avec l’ancien leader de l’US Postal mais aussi ses anciens coéquipiers et le sulfureux Dr Michele Ferrari, imminence grise du système Armstrong et d’images d’archives, Gibney dévoile la double personnalité du natif de Dallas : entre cycliste exceptionnel régnant sur le monde de la Petite Reine et parrain du plus grand système de dopage du sport moderne, tout en soulevant la question du dopage dans le monde du sport. L’histoire fascinante et inquiétante d’un homme qui voulut être roi et finit paria.

* L'épreuve du dopage : sociologie du cyclisme professionnel / Christophe Brissonneau, Olivier Aubel et Fabien Ohl, 2008 : Etude sociologique approfondie sur la déviance positive qu'est le dopage pour les professionnels du cyclisme

* Philosophie du dopage / numéro coordonné par Jean-Noël Missa et Pascal Nouvel, 2011 : Fascination pour les différences au milieu d'une revendication d'égalité : tel est le paradoxe du sport de compétition que Coubertin avait lui-même fort bien repéré. On glorifie d'un côté l'esprit sportif (son fair-play, le sens de l'honneur, de l'effort, du combat loyal équitable) et, de l'autre côté, on cherche à identifier et à accroître les petites différences qui vont, in fine, donner l'avantage à tel athlète plutôt qu'à tel autre. Le dopage n'est, dans cette perspective, qu'une technique parmi d'autres pour accroître ou pour mettre en valeur les différences qui sont décisives pour l'issue d'une compétition donnée….
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