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Théorie des Biorythmes

par Asguik, le 02/09/2016 à 18:55 - 61 visites

Bonjour

Suivant cette théorie ,notre biologie humaine fonctionnerait suivant trois cycles :physique ,émotionnel et intellectuel .Ces cycles démarreraient depuis la naissance pour évoluer de manière sinusoïdale entre un mini et un maxi.

Je voudrais savoir s'il existe un fondement scientifique fondé sur la preuve
concernant cette théorie ?
Et donc savoir s'il faut la prendre au sérieux et s'y référer.

merci
Cordialement

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 05/09/2016 à 12:32

Bonjour,

Voici quelques extraits d'un article du journal La Presse datant du samedi 4 novembre 1989 qui répondent à votre question :

Le chirurgien allemand Wilhelm Fliess était si obsédé par les nombres 23 et 28 qu'il créa autour d'eux une théorie pseudo-scientifique, les biorythmes, servant à déterminer les bons et les mauvais jours. D'après Fliess, chaque être humain est bisexué. Son patrimoine masculin engendre un cycle physique de 23 jours, qui affecte la force physique, l'endurance et la résistance. Son patrimoine féminin est à l'origine d'un cycle émotif de 28 jours (à ne pas confondre avec le cycle menstruel), qui gouverne la créativité, l'intuition et l'amour.
Cette élucubration aurait sûrement sombré dans l'oubli, n'eût été du célèbre psychanalyste Sigmund Freud, ami et confident de Fliess entre 1890 et 1900, qui considéra alors les biorythmes comme une grande découverte biologique (plus tard, il constata que l'oeuvre de Fliess n'était qu'une supercherie numérique). Fliess écrivit plusieurs articles et traités sur sa théorie. Son livre le plus important fut qualifié, par le réputé chroniqueur scientifique américain Martin Gardner, de pur chef-d'oeuvre de démence.
Hermann Swoboda, professeur de psychologie à l'Université de Vienne et ex-patient de Freud, fut certes le plus ardent défenseur et propagandiste des cycles de 23 et 28 jours. Plus tard, les disciples de Fliess et de Swoboda en ajoutèrent un autre: le cycle intellectuel, d'une durée de 33 jours, qui est sensé influer sur l'intelligence, la mémoire et la spontanéité mentale.
Les cycles biorythmiques se propagent avec régularité, à partir de la naissance, et toutes les personnes nées une même journée ont les mêmes cycles. La première moitié d'un cycle constitue la phase positive pendant laquelle l'énergie emmagasinée est libérée. Les fonctions concernées par le cycle sont alors à leur meilleur. La seconde moitié du cycle constitue la phase négative, aussi appelée phase de récupération ou de recharge. C'est la période la moins propice. Les trois cycles comportent des jours critiques, remplis de dangers et de difficultés. Ce peut être la première journée d'un nouveau cycle ou la journée du passage de la phase positive à la phase négative. Une journée peut être doublement ou triplement critique, selon que deux des cycles ou les trois atteignent simultanément le début d'une phase négative ou positive.
[...]
L'esprit critique ne peut qu'être sceptique face à la biorythmie et à la numérologie, car la vie n'est certes pas aussi simple. Ainsi, il est difficile d'accepter la régularité mathématique des cycles, puisque les maladies et les accidents peuvent en faire varier la durée. A cette objection, les «grands» de la biorythmie ont une réponse toute prête: la rotation de la terre est le volant qui garde nos horloges à l'heure. Simple, ingénieux, mais combien invraisemblable! De plus, le seul fait que les longueurs de cycle soient toutes représentées par des nombres entiers est pour le moins suspect. La constante pi n'est-elle pas égale à 3,1415...? Le logarithme naturel n'a-t-il pas pour base 2,71828...? Pourtant, ces deux valeurs se retrouvent dans de nombreux résultats mathématiques, sans pour autant porter atteinte à la «beauté» des mathématiques.
Au scientifique sceptique, le passionné de biorythmie demandera de réfuter l'existence des trois cycles. Quelques statisticiens et chercheurs de bonne réputation se sont effectivement donné la peine - afin de convaincre et non de se convaincre - de réfuter la biorythmie. Mentionnons seulement les travaux (cités en bibliographie) du professeur Guy Châtillon de l'UQTR. Malheureusement, de tels ouvrages n'atteignent pas les masses ni ne sont à leur portée. Il en va tout autrement des listes de célébrités et de compagnies, adeptes de pseudo-sciences, proposées par les fervents supporteurs des élucubrations de tout genre, pour faire la preuve des mérites de leurs «théories».

CHATILLON, G. (1981), «L'influence des biorythmes sur les jours de la mort», Bulletin AMQ, Vol. 21, no 4.
CHATILLON, G. (1984), «Encore les biorythmes, deux nouveaux exemples, deux autres tests statistiques», Bulletin AMQ, Vol. 24, no 1.
GARDNER, M. (1981), Science, Good, Bad and Bogus, Buffalo, Prometheus Books, p. 131-139.
THOMMEN, G.S. (1976), Biorythmes, Montréal, Éditions Feu Vert.

source : Biorythmie, numérologie et... fumisterie : du célèbre Sigmund Freud à Nancy Reagan / Angers, Claude
L'auteur est professeur à l'Ecole nationale d'administration publique de l'Université du Québec.


Les rythmes biologiques, eux, existent bel et bien. Voici ce que répond François Testu, spécialiste des rythmes scolaires, à une question similaire à la vôtre :

trez : Vous parlez de passer du subjectif à l'objectif et vous évoquez les travaux des chercheurs. Mais quel est le fondement scientifique de ces travaux ? Les rythmes chronobiologiques, est-ce la même chose que les biorythmes ?

François Testu : Surtout pas. Laissons aux charlatans et aux marchands de soupe la notion de biorythmes. La théorie des biorythmes est complètement bidon, basée sur de pseudo-observations invérifiables. Parce qu'on n'a pas d'expérimentation, de démonstration. Le père fondateur de cette théorie s'appelle Swoboda et fut collègue de Freud. D'après cette théorie, il y aurait trois grands rythmes : rythmes intellectuel, émotif et physique.
Sur la base de cette théorie, on vous dit : d'après les statistiques, si Kennedy est mort ce jour-là, c'est que cela correspondait à une phase critique de son rythme émotif. Pour déterminer ce rythme, on tient compte du signe astral, de la date de naissance, etc. C'est une pseudo-science à laquelle aucun de nos ministres n'adhère. La chronobiologie, elle, est une discipline à part entière de la biologie et de la médecine, avec des applications nombreuses.
J'ai mis en évidence des fluctuations, des rythmes, des variations périodiques, régulières, de certains comportements, l'attention notamment. Je me suis basé sur des expérimentations sur le terrain. La seule rythmicité qui converge vers la rythmicité biologique, c'est la rythmicité journalière. La chronopsychologie, bien que débutante, est un secteur de la chronobiologie.

source : "La suppression du samedi matin risque de déboucher sur le pire aménagement du temps scolaire" Le Monde.fr - jeudi 4 octobre 2007

Lire aussi :
- Ressources sceptiques
- Chronobiologie, les 24 heures chrono de l’organisme / INSERM
- Ouvrages sur les rythmes biologiques
- Ouvrages sur la chronobiologie

Bonne journée.
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