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Notation scolaire

par LUDOVICUS, le 02/07/2016 à 09:30 - 65 visites

S.V.P.
Quelle est l'origine et la raison de la notation scolaire établie sur la base 20, la plus utilisée encore , me semble t il de nos jours ; au moins en France ?
Une base 10 ou 100, ne serait elle pas plus rationnelle et précise ? Avez vous les moyens de savoir ce qu'il en est dans les pays voisins ou plus lointains ? d'avance ,merci.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 04/07/2016 à 14:46

Bonjour,

Le site d’information Slate a consacré un article à la notation dur 20 à l’école dans lequel l’historique de la notation est présenté :
« Pourquoi pas des lettres comme chez les Anglo-Saxons? Des notes sur 100 comme au Japon? Ou de 1 à 6 comme en Allemagne? Difficile de le savoir avec précision.
[…]
Un héritage des Jésuites
Dans l’école de l’ancien régime, il n’y a tout simplement pas de note. L’évaluation est orale et même quand le baccalauréat est créé en 1808 et presque jusqu’à la fin du XIXe siècle, le jury rend son verdict avec des... boules de couleur: blanches pour neutre, rouges pour favorable et noires pour défavorable à l’obtention du diplôme. Si le candidat n’obtenait que des boules rouges, il pouvait prétendre à la mention!

Le système de note sur 20 n’est donc mis en place qu’au cours de l’année scolaire 1890-1891. Et, d’après l’excellent historien de l’éducation Claude Lelièvre, le mouvement a été progressif:
«Sous le Second Empire, ce vote du jury est traduit en chiffres. L'aspirant bachelier se voit alors évalué sur une échelle de 0 à 5. La notation sur 20 apparaît en 1890, en même temps que le baccalauréat ''moderne'' avec plusieurs séries, et à l'écrit.»
[…]
L’idée de compétition est centrale, elle est censée favoriser l’émulation et au final, les apprentissages. L’école laïque va inventer une autre forme d’évaluation, plus performante: la notation.
«L'Etat, en se substituant aux collèges religieux, va poursuivre le même objectif (former les élites bourgeoises sur la base de leur mérite) et utiliser les mêmes expédients, qu'il va d'ailleurs perfectionner. Le classement des élèves en groupes hiérarchisés va aboutir à la "notation" de chacune des cohortes. Qu'elles se présentent sous forme de billets palpables ou de simples écritures, de lettres ou de chiffres, qu'elles se situent sur une échelle graduée de 0 à 20 ou de 0 à 6, ces "notes" découleront toutes du découpage imaginé par les Jésuites et leurs contemporains.»

La note sur 10 a été expérimentée sous Jules Ferry pour être ensuite généralisée à l’école primaire. Comme pour la note sur 20 du bac, elle se diffuse car elle est utilisée pour le certificat d’études créé, lui, en 1866.
Mais pourquoi sur 10 ou pourquoi sur 20? Pourquoi pas sur 50 ou sur 100? Notre système de notation sur 20 est unique au monde. Les Anglo-Saxons donnent des lettres, les Allemands mettent des notes de 1 à 6, les Japonais sur 100, etc.
[…]
Malgré nos longues recherches, nous n’avons trouvé personne qui réponde clairement à cette question. Même Olivier Maulini ne le sait pas:
«Je ne sais en effet ni depuis quand, ni comment, ni pourquoi la France note sur 20. La Suisse note sur 6, ce qui est fidèle à l’échelle des Jésuites. 20 serait-il un nombre républicain et laïc?»
On peut évidemment dire que 20 est un multiple de dix et qu’il est donc plus facile d’obtenir des moyennes et la notation sur 20 permet une certaine finesse dans l'évaluation.

On retrouve même les complications jésuites, puisque les enseignants peuvent mettre des demis et des quarts de points, notant finalement sur 80 et que les moyennes sont donnée au dixième près... pour mieux classer les élèves? […] »


La notation sur 20 est donc un système purement français, elle est issue de l’histoire de l’éducation mais dont l’origine demeure mystérieuse même pour les historiens spécialistes du domaine. Les autres pays semblent avoir des systèmes de notation variables, avec des notes ou avec des chiffres. Chaque système ayant ses spécificités.

Un rapport du ministère de l’Education nationale donne des exemples de systèmes de notation de plusieurs pays du monde : La notation et l’évaluation des élèves éclairées par des comparaisons internationales. Les pays donnés en exemple proposent différents systèmes. Au Canada, l’évaluation des apprentissages dans l’enseignement primaire a lieu en 4ème année (deux épreuves en français) et 6ème année (français, anglais et mathématiques). À ce niveau de l’enseignement primaire (comme à celui de l’enseignement secondaire), le seuil de réussite est fixé à 60 % pour chaque matière et doit être atteint dans toutes les matières pour permettre le passage dans le cycle supérieur.
En Corée du Sud, à la fin de chaque semestre, les élèves reçoivent leurs notes sous la forme de niveaux allant de A (plus de 90%) à E (moins de 60%).
En Finlande, les notes chiffrées apparaissent à partir de la sixième année avec comme échelle : 4 (échoué), 5 (suffisant), 6-7-8 (bonne performance), 9 (très bonne performance) et 10 (excellent).

Chaque pays produit donc son propre système d’évaluation, certains se basent sur des notes, d’autres sur des compétences acquises.

Mais le système de notation français est régulièrement remis en cause, il sera d’ailleurs modifié à la prochaine rentrée comme le relate l’article Évaluation des élèves : toujours des notes et un nouveau livret scolaire sur le site France Info :
« Dès la rentrée 2016, il y aura dans le livret scolaire à la fois des notes pour voir où en sont les élèves et des évaluations par compétence. Le but est de permettre aux élèves de mieux progresser et aux familles d'y voir plus clair. Le livret sera accessible en ligne pour tous les parents à la fin de chaque trimestre, sans pour autant faire disparaître les bulletins papier remis aux familles. Le gouvernement a souhaité qu'il soit simple pour les profs et pour les parents, il est donc composé de deux pages.

L'élève garde son livret toute sa scolarité et peut voir ses progrès
En primaire, l'enseignant devra remplir tous les trois mois des cases sur le suivi des apprentissages en langage, en calcul ou en éducation artistique... En tout il y a 12 domaines. Dans le livret aucune note n'apparaît sauf si les enseignants le souhaitent. Au collège, les notes sont bien inscrites matière par matière. La moyenne de l'élève est indiquée à côté de la moyenne de la classe. Mais le ministère a aussi ajouté une fiche de maîtrise des compétences à la fin de la sixième et de la troisième.

Cette réforme laisse les enseignants assez libres, car ils peuvent choisir dans quelle mesure ils ont recours aux notes aussi bien au primaire qu'au collège. "Nous ne sommes pas passés d'un système avec notation à un système sans notation, nous avons décidé de laisser libre cours à la liberté pédagogique des équipes", a expliqué la ministre à la presse. Mais pour autant cette nouvelle notation ne séduit pas tout le monde. Pour Christian Chevalier de l'UNSA, c'est la bonne méthode : "tout va être évalué [...] et au fond le ministère dit 'voilà la direction dans laquelle il faut aller' tout en ne brusquant pas la main à nos collègues". »


Le système de notation sur 20 pourrait donc à terme disparaître au profit d’une grille d’acquisition de compétences.

Pour en savoir plus :
- Qui a eu cette idée folle Un jour d'inventer [les notes à] l'école ? d’Olivier Maulini.
- Histoire et politiques scolaires, le blog de Claude Lelièvre.
- La notation de 0 à 20 ne sera pas supprimée… du moins pas tout de suite sur Le Monde.
- Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences dans la revue Cahiers pédagogiques.

Bonne journée.
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