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Le trafic d'armes en Afrique

par azarosi, le 20/02/2012 à 16:57 - 691 visites

Je cherche donc à connaître quelles sont les conséquences sur la population africaine et quelles sont les solutions envisageables pour stopper ce trafic d'armes.

Je vous remercie d'avance,

Cordialement Jean-Edouard.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ah, le 21/02/2012 à 16:03

Bonjour,


CONSEQUENCES SUR LA POPULATION

Les conséquences du trafic d’armes en Afrique sur la population se mesurent par le nombre de décès et de blessés. Certains sites avancent par exemple, le chiffre de 200 à 300 000 morts et 1,5 millions de déplacés pour le conflit du Darfour. La vente d’armes alimente les atrocités des guerres sur le continent. Les civils sont tués et leur maison brûlée.

Le site afriquespoir.com dénonce le rôle des Etats comme les Etats Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne dans le drame africain : ils représenteraient plus de 90% du commerce mondial d'armements. Entre 1998 et 2002 ils auraient exporté des armements pour un montant de 101.000 millions de dollars américains. Le reste du marché serait couvert par Israël, devenu un important exportateur dans les secteurs de l'électronique, des drones (petits avions d'observation sans pilote) et des missiles tactiques, puis par la Chine, l'Italie, la Suède, l'Afrique du Sud et le Brésil.

Le trafic d’arme est lié au commerce du diamant et du pétrole, les trafiquants sont « attirés par un marché où ils opèrent quasiment sans contrôle, grâce à des complicités locales. »

Le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) analyse la situation en Afrique centrale en ces termes : « la demande locale [en armes] continue d'être importante, spécifiquement de la part de milices ou groupes rebelles ». L’ONU estime le trafic d’armes illégal entre 200 et 300 millions de dollars, ce qui représente 20% du commerce licite. En fait, l’Afrique est le « marché le plus rentable pour la contrebande d’armes ».

Le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies a rappelé également les conséquences de la prolifération illégale d’armes sur le continent africain en disant que « Le commerce illégal d'armes alimente la violence et sape la sécurité, le développement et la justice ».


SOLUTIONS ENVISAGEES et ENVISAGEABLES

Certains observateurs soulignent la diminution du trafic. Ce fait serait à mettre sur le compte de plusieurs facteurs : d’une part les tentatives de résolution des longues guerres en Angola, en République Démocratique du Congo, au Libéria et au Soudan, d’autre part la signature de nombreux accords régionaux sur les armes légères.

En dépit du fait que la demande d’armes provient non seulement des Etats, mais aussi des groupes criminels et des milices de combattants, l’ONU estime que la principale solution pour éradiquer le commerce illégal d’armes réside dans la responsabilité des Etats. En effet, il incombe à ces derniers de prendre des mesures pour promouvoir le désarmement, et de mettre en place des programmes de régulations. L’ONU recommande notamment aux pays d’Afrique centrale de se doter d'instruments globaux de coopération pour identifier et lutter contre les trafiquants d'armes, et d'utiliser les outils et l'expertise des Nations Unies dans la mise en œuvre de leurs politiques. Le Bureau des affaires de désarmement et le Centre régional des Nations Unies pour la Paix et le désarmement en Afrique assistent les états dans la régulation des armes. L’ONU exhorte les pays concernés à signer le Protocole contre la fabrication et le trafic illicite d’armes.

L’étude sur le trafic illicite d’armes légères, présenté par Benjamin Valverde dans le cadre d’un DESS de Géopolique de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et l’Ecole Normale Supérieure de Septembre 2004, fait état de la collaboration des différents états africains pour renforcer les contrôles des frontières et la lutte contre l’importation, l’exportation et le stockage d’armes légères ; et pour la signature de Protocoles de non-prolifération d’armes.

En septembre 2002, une réunion de l’Union Africaine sur le terrorisme a conduit les
participants à adopter un plan d’action pour le renforcement des contrôles des frontières (…) et la lutte contre l’importation, l’exportation et le stockage d’armes légères pouvant être utilisées par les réseaux terroristes (cela implique une meilleure coopération avec la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)) (Les quinze membres de la CEDEAO sont : le Bénin, le Burkina-Faso, le Cap vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée- Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Léone et le Togo (la Mauritanie s’étant retirée de la CEDEAO en 2000)). Ainsi, chaque Etat acheteur doit préalablement acquérir un certificat auprès du Secrétariat exécutif de la CEDEAO. Cette dernière avait par ailleurs déjà mis en place un moratoire sur l’importation, l’exportation et la fabrication des armes légères et de petits calibres en octobre 1998.

A cela s’ajoute la déclaration de Bamako de novembre 2000 qui vise à une position
commune sur la prolifération, la circulation et le trafic illicite des armes légères.
En Afrique de l’Est, le secrétariat de Nairobi oeuvre à la signature d’un Protocole sur
les armes légères mis en place par l’Organisation de coopération des chefs de police
(EAPCCO) et destiné à harmoniser la législation sur les armes légères dans la région des
Grands Lacs et de la corne de l’Afrique.

En Afrique australe, la Communauté de développement de l’Afrique australe a signé
en 2001 un Protocole sur le contrôle des armes à feu qui définit un cadre de coopération
régionale et internationale entre les états membres et leurs partenaires internationaux.


Pour conclure, nous citons cet ouvrage qui traite de votre problématique :

Trafics d'armes vers l'Afrique : pleins feux sur les réseaux français et le "savoir-faire" belge / [sous la dir. de] Georges Berghezan (Bruxelles, Complexe, GRIP, 2002 )
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