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Météorite et collision

par binouzours, le 04/08/2005 à 01:13 - 4001 visites

Bonjour!
Voilà une question bien vague. Je me souviens qu'il y a deux, trois ans les medias nous avaient informés qu'une météorite avait de bonnes chances de s'écraser sur la Terre d'ici 14 ans je crois. Aucune nouvelle depuis.
Les previsions auraient-elles changées au point de ne plus en parler ou bien tout le monde s'en fout?

Merci de nous donner des nouvelles!

Réponse de

par gds_pb, le 04/08/2005 à 16:56

Réponse du service Guichet du Savoir

Et si le ciel nous tombait sur la tête ? Jean Etienne, le 08/09/2002

Depuis quelque temps, on nous parle régulièrement d'astéroïdes croisant la Terre à courte distance, voire même risquant de s'y écraser, provoquant destruction et cataclysme. Le ciel s'est-il soudain détraqué ?

1 - Un évènement rare
Les astronomes connaissent actuellement environ 2000 astéroïdes, de diverses tailles, s'approchant régulièrement de notre planète avec la possibilité de s'y écraser un jour. Ce jour, on le souhaite évidemment lointain. Heureusement, les statistiques viennent à notre secours pour nous tranquilliser…

Dans les premiers temps de notre Système solaire, alors que la matière venait tout juste de se condenser et refroidir, et que sa répartition était encore anarchique entre les orbites des toutes jeunes planètes, les collisions avec les astéroïdes étaient fréquentes. Les cratères de la Lune en témoignent encore, véritables fossiles de l'évolution planétaire. La Terre en a tout autant pris pour son grade, mais la lente érosion de son atmosphère en a constamment remodelé la surface. Malgré tout, il en reste quelques dizaines, tel le Meteor Crater, en Arizona.

Puis les planètes se sont rapidement (à l'échelle astronomique, s'entend…) frayé un passage à travers tout ce fourbi cosmique, balayant tout ce qui se trouvait le long de leurs orbites. Et les chutes d'astéroïdes se sont peu à peu raréfiées. Cependant, le danger ne peut être totalement éliminé et certains de ces petits corps croisent encore notre grand vaisseau bleu… Soit parce que le hasard ne les a jamais amenés à "portée" de la Terre, ce qui reste exceptionnel, soit par modification de leurs orbites, celles-ci se révélant particulièrement instables. En effet, les dizaines de milliers de petits corps concentrés dans cet immense réservoir nommé "ceinture d'astéroïdes" situé entre Mars et Jupiter ne cessent de s'influencer mutuellement et à l'échelle du million d'années, les "excursions" ne sont pas exceptionnelles.

Heureusement, les objets les plus massifs sont aussi les moins susceptibles de subir une modification d'orbite et de prendre le chemin de la Terre. Ils sont aussi les plus rares, ce qui réduit considérablement nos "chances" d'admirer un jour tel évènement.

2 - Les traces de collision
Statistiquement, on estime qu'un objet de 100 tonnes pénètre chaque jour dans notre atmosphère, un de 1000 tonnes chaque mois, un de 10.000 tonnes chaque année, un de 100.000 tonnes chaque décennie. Un astéroïde d'un million de tonnes nous percute en moyenne une fois par siècle, comme cela a été le cas le 30 juin 1908 au-dessus de la Toungouska.

Ce jour-là, ce qui était probablement un astéroïde ou un noyau de comète d'un million de tonnes, soit environ 100 mètres de diamètre, est entré dans l'atmosphère et a fait explosion à 8 km du sol. L'énergie déployée équivalait à une bombe atomique de 15 mégatonnes, ce qui représente tout de même près de 1000 fois Hiroshima… Malgré l'altitude du cataclysme, la forêt a été détruite sur plus de 2000 km2 et un nuage de poussières parfaitement visible s'est étendu jusqu'en Espagne.

De même, le Meteor Crater, en Arizona, qui mesure environ 1200 mètres de diamètre pour une profondeur de 200 mètres, a été provoqué par la chute d'un petit astéroïde de quelques dizaines de mètres il y a environ 50.000 ans.

Mais l'évènement le plus cataclysmique connu à ce jour reste la collision qu'a subie notre Terre avec un astéroïde d'environ 10 km de diamètre il y a 65 millions d'années. Ce phénomène a pu être reconstitué par l'analyse des couches géologiques, non seulement au nord du Mexique où la chute a été localisée, mais bien sur toute la planète. Les strates correspondant à cette époque révèlent en effet la présence d'une forte concentration en iridium, métal rare qui n'a pu provenir que d'un impact céleste. Outre la destruction massive engendrée par la formidable onde de choc qui a pu accomplir plusieurs fois le tour du globe, cet impact et les poussières dégagées dans l'atmosphère ont entraîné une longue période hivernale qui a pu durer plusieurs mois, voire plusieurs années, abaissant la température à -20°C. Seuls les petits animaux vivant habituellement dans l'obscurité ont survécu, les autres espèces, notamment les dinosaures, ayant été exterminées.

3 - Les risques
L'actualité récente s'est souvent émue de passages d'astéroïdes à proximité de la Terre. Le 14 juin dernier, 2002MN, un objet d'une centaine de mètres de long, nous frôlait à 120.000 kilomètres. Le 9 décembre 1994, 1994XM1 nous croisait à seulement 105.000 kilomètres, actuel record de proximité.

Mais ces passages ne sont pas rares. Le 24 juin, seulement 10 jours après 2002MN, 2002LZ45 passait à 1,9 million de km, le 25 juillet 2000PH5 était observé à 1,7 million de km, le 30 août c'était au tour de 2001EB18 à nous rendre une petite visite à 5 millions de km… Et on peut continuer ainsi.

Alors, le risque de collision est-il réel ? Relativisons d'abord : si les passages rapprochés nous paraissent soudain aussi fréquents, c'est avant tout parce qu'il y a plus de 7 ou 8 ans, ils ne pouvaient être détectés. Et encore, 2002MN, le deuxième passage le plus rapproché avec 120.000 km seulement de distance, n'a-t-il été découvert que trois jours… après avoir croisé la Terre !

4 - La prévention
Plusieurs équipes, disséminées dans le monde, se mettent en place actuellement avec pour objectif la détection de ces astres errants et la détermination de leurs paramètres orbitaux, avec évaluation des risques. Certaines fonctionnent déjà, leurs résultats étant régulièrement publiés.

Pour quantifier ces risques, une échelle a été prise de commun accord, baptisée Echelle de Turin. Celle-ci se décompose en dix degrés. (voir l'article complet).

Comme son nom l'indique, celle-ci a été déterminée à Turin en 1999 lors d'une conférence internationale. La classification qui fut adoptée est l'œuvre de l'astronome américain Richard Binzel. Elle constitue le pendant de l'échelle de Richter pour les tremblements de terre, et possède l'avantage d'être compréhensible pour tous, y compris des personnes n'ayant aucune connaissance particulière en astronomie.

L'utilisation de l'échelle de Turin permet de contrer les informations diffusées par "une certaine presse", comme c'est de plus en plus souvent le cas, le désir de vendre du papier, ou des parts d'audience, empiétant de plus en plus sur le souci d'informer. Ainsi, l'astéroïde 1998WT4 qui aurait dû, selon certains journalistes, entraîner la destruction de notre planète fin 2001 a-t-il été finalement classifié dans la catégorie 0.

Environ 2000 astéroïdes susceptibles de se rapprocher de notre planète sont ainsi repris aujourd'hui dans l'échelle de Turin. 99,9% sont classés en catégorie 0. Deux se retrouvent en catégorie 1 : 2002LY45 (1,5 km de diamètre) devrait croiser la Terre en 2030, et 1997XR2 (230 mètres de diamètre) pour lequel nous devrons patienter jusqu'en 2101. Aucun ne se trouve dans les catégories supérieures.

Mais la détection vient à peine de commencer, et actuellement, aucune ligne de conduite n'a été décidée dans le cas où une collision s'avèrerait certaine.

5 - En cas de collision
Deux cas de figure peuvent se présenter : soit la détection est tardive, et dans ce cas, la seule possibilité sera d'évacuer la région concernée, soit la collision est prévue plusieurs mois, voire plusieurs années à l'avance, auquel cas des mesures restent envisageables pour tenter d'éviter, ou d'amoindrir, le danger. Dans cette dernière hypothèse, deux solutions s'offrent aussi aux scientifiques : détruire l'objet, ou le dévier.

Détruire un astéroïde se trouvant sur une trajectoire de collision avec la Terre ne paraît guère réaliste, pour plusieurs raisons. Non cela impliquerait des moyens de lancement lourds en direction d'une cible planétaire (alors qu'aujourd'hui les engins envoyés vers d'autres planètes dépassent rarement la tonne), et la charge d'explosif nécessaire pour détruire une masse de quelques millions de tonnes laisse rêveur… De plus, l'objet devrait se résoudre en très petits fragments si l'on veut que ceux-ci se consument entièrement dans l'atmosphère au lieu d'augmenter considérablement la superficie de la zone d'impact ou même de l'étendre à tout un hémisphère. Cela impliquerait une connaissance parfaite de la composition de l'astéroïde et de sa structure, ce qui s'avère irréalisable en peu de temps.

Une autre solution consisterait à dévier l'astéroïde de sa trajectoire. Plusieurs moyens existent, celui venant en premier à l'esprit consistant à y fixer un moteur, dont la puissance devrait être inversement proportionnelle au temps dont on dispose pour l'opération. Opération, bien entendu, rendue particulièrement complexe par l'approvisionnement en carburant. Un moteur nucléaire de type Nerva est envisageable, à condition… que les études en ce sens, abandonnées depuis trois décennies, reprennent. Sous peine de risquer la destruction de notre planète par souci d'écologie…

Récemment, l'astronome américain Joseph Spitale a suggéré que l'astéroïde pourrait être enduit d'une substance modifiant sa couleur, et ainsi le pouvoir de réflexion du rayonnement solaire. La température de l'objet se verrait ainsi modifiée localement, induisant une légère poussée et une déviation progressive de sa trajectoire. Mais il subsiste deux inconvénients à cela : la rotation de l'astéroïde qui devra être stoppée, et le délai. En effet, pour être efficace, cette opération devrait se poursuivre durant au moins un siècle, ou plus.


source : Futura-sciences.com
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