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Accueil > Récentes > Droit de vote des femmes en France

Droit de vote des femmes en France

par pierre2, le 19/05/2004 à 17:39 - 45716 visites

Bonjour,

Pourquoi le droit de vote a t il été accordé si tard aux femmes en France (par rapport au Royaume Uni par exemple), alors que la France a souvent été précurseuse dans le domaine des droits de l'Homme?

Merci et bonne continuation.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 21/05/2004 à 11:27

Réponse du département Civilisation et du département Société

[i]« En un siècle, les mouvements féministes ont connu de fortes mutations. La diffusion de la psychanalyse et de la sexologie puis la montée du gauchisme ont creusé un fossé entre les suffragistes républicaines du premier XXe siècle et les néo-féministes du second.
Mais des traits persistants signent aussi des spécificités nationales de longue durée. La faiblesse numérique du féminisme en est un, malgré les chiffres gonflés donnés par les associations.
Elle tient pour partie à la composition sociale de la France. Partout les mouvements de femmes connaissent un essor parallèle à ceux de l’urbanisation et du salariat, phénomènes tardifs en France marquée par la lenteur de l’industrialisation.
Elle tient aussi aux clivages politiques et religieux. L’Eglise catholique et le mouvement ouvrier, bien implantés en France, sont des adversaires résolus du féminisme, n’autorisant que des alliances partielles et ponctuelles. Les militantes recrutent donc sur leurs marges.
Les laïques dominent incontestablement, qu’elles soient libres-penseuses, protestantes, juives, franc-maçonnes ou plus tardivement catholiques progressistes. Le féminisme français doit en particulier beaucoup aux protestantes, depuis Sarah Monod ou Julie Siegfried qui président aux premières destinées du Conseil national des femmes françaises (CNFF), jusqu’au Mouvement jeunes femmes qui, dès le milieu des années 1950, se bat pour la libre contraception.
La tardive égalité politique en France tient surtout à cette inextricable contradiction : les féministes attendent la réforme des milieux laïques qui estiment, non sans raison, avoir tout à y perdre tant que les femmes demeureront sous l’emprise de l’Eglise. Le parti radical reste, depuis le premier refus sénatorial de 1922 jusque dans les débats de l’Assemblée consultative d’Alger de 1944 en passant par la « trahison » du Front populaire, le plus féroce opposant au droit de vote féminin. Quant aux socialistes et communistes, s’ils reprennent à leur compte bien des revendications, ils refusent toute autonomie au mouvement et toute dénonciation de l’exploitation masculine au sein de la classe ouvrière…
Faible au sein de la nation, le féminisme français connaît en revanche un rayonnement théorique considérable à l’échelle occidentale…» [/i]Sylvie Chaperon in « Du droit de vote à la pilule » L’Histoire n° 245

Pour aller plus loin, vous pouvez lire les ouvrages suivants
1. Le Siècle des féminismes
2. Les Femmes à la conquête du pouvoir politique

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