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Cénotaphe Guerre 14-18

par patrickourgaud, le 04/09/2005 à 10:49 - 6697 visites

J'ai feuilleté durant mes vacances les anciens numéros de l'Illustration datant de la Guerre 14-18. Les photos illustrant le défilé de la Victoire, le 14 juillet 1919, font voir un grand cénotaphe à proximité de l'Arc de Triomphe. J'aimerais savoir ce qui est advenu de ce monument a priori aujourd'hui disparu.
Merci par avance,
Patrick

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 06/09/2005 à 18:48

Réponse du Département Civilisation


Le cénotaphe commandé au sculpteur Antoine Sartorio pour la cérémonie du 14 juillet 1919 a été démoli.

[i]Antoine Sartorio, un sculpteur honoré.
…Il désertera pour un temps la cité phocéenne pour installer son atelier à Paris. Il réalisera notamment dans la capitale, le cénotaphe sous l’Arc de Triomphe (démoli) pour la cérémonie du 14 juillet 1919.[/i]

[i]Un unique article (n° du 19 au 26 juillet 1919) nous donne une idée assez précise de la structure du cénotaphe, article rédigé au sujet de son déplacement problématique :
On projeta d’abord de reculer le monument sur le portique Nord de l’Arc de Triomphe ; la manœuvre eut été courte et assez facile. Monsieur Clémenceau insista pour que le mausolée fut transporté dès le matin du 14 juillet sur l’avenue des Champs Elysées, appelant ainsi en pleine lumière au milieu de la foule, le salut des drapeaux. C’était une complication dangereuse. Le monument mesure 8 mètres de coté à sa base sur 17,50 mètres de hauteur et pèse une trentaine de tonnes ; il se compose d’une charpente en bois, assez sommaire, où s’accrochent des plaques de staf d’environ 3 centimètres d’épaisseur. Une secousse brusque, une oscillation imprévue, pouvait amener des dislocations fâcheuses, voir une catastrophe. Or il s’agissait de promener cette masse d’abord sur une distance de 95 mètres en descendant une pente de 20 millimètres par mètre et de tourner ensuite à angle droit pour la porter à 16 mètres plus loin. M. Nénot déclina les risques d’un tel voyage. « j’ai l’habitude de construire des maisons , dit-il au président du Conseil, je n’ai pas l’habitude de les faire rouler. »
Le commandant d’artillerie Sainctavit s’offrit alors pour assumer toute la responsabilité de l’entreprise. Ayant dirigé souvent des transports d’artillerie lourde sur tracteurs, dans les terrains les plus difficiles, il avait été séduit par l’originalité et les difficultés de ce problème inédit. Il s’adjoignit comme collaborateurs le capitaine du génie Guidetti et une équipe de 28 sapeurs du 5ème génie.
A sa demande, la maison Haour, une des grosses firmes de construction métallique de Paris, établit en 16 heures une plate-forme constituée par quatre poutrelles d’acier, maintenues au moyen d’un cadre et d’un croisillon. Cette plate-forme ayant 9 mètres de coté devait déborder de 50 centimètres la base du cénotaphe.. Elle s’élevait à 1,20 mètre du sol et, sous deux des poutrelles, on installa trois roulettes amovibles.
D’autre part, on construisit des chemins de roulement formés de lambourdes supportant des fers à U de 15 millimètres d’épaisseur. Chaque élément du chemin mesurait 6 mètres de longueur et pouvait supporter seul toute la plate-forme dont les roulettes extrêmes se trouvaient à 5,80 mètres l’une de l’autre, d’axe en axe.
Enfin, pour baisser le centre de gravité, le commandant Sainctavit fit placer 10 tonnes de lest à l’intérieur du monument, ce qui portait le poids total à environ 42 tonnes.
Voici maintenant l’historique sommaire de la manœuvre.
Le cénotaphe avait été commencé le dimanche soir 6 Juillet ; le lundi matin, on le soulève avec des vérins pour amener dessous la plate-forme. Le 13 juillet, au milieu de la veillée funèbre à minuit, on prépare le mouvement : on soulève le monument pour glisser les chemins de roulement, on dispose à l’arrière deux treuils de retenue, on installe en avant un tracteur d’artillerie mouflés à trois brins, capable de supporter un effort de traction d’environ 3500 kilos. Ces préliminaires durent deux heures.
Dès qu’ils sont achevés, le cénotaphe se met en marche. Pour éviter le moindre à coup, on procède avec une extrême prudence ; on met trois heures et demie pour avancer de 95 mètres, soit environ 2 minutes par mètre. Par suite de cette lenteur de la pente, le public, placé à une certaine distance dans les Champs Elysées, ne se rend pas compte du déplacement, le monument lui apparaissant toujours dans l’axe de l’Arc de Triomphe.
Au changement de direction, on soulève de nouveau, on déplace d’un quart de tour les quatre roulette de bout, puis on enlève les deux roulettes centrales qu’on repose entre les autres, suivant la nouvelle orientation. Il n’y a plus qu’à glisser un chemin de roulement perpendiculaire au premier et sur lequel on laisse descendre doucement l’énorme masse. Cette fois, on n’est plus gêné par la pente, la traction s’opère plus vite. Tout le changement de direction ne prend guère qu’une heure et demie. Il a donc fallu, en tout, sept heures pour exécuter cette manœuvre délicate dont la réussite intégrale fait grand honneur aux deux officiers qui l’osèrent et à leurs vaillants sapeurs. Malgré l’épaisseur et la résistance des rails du chemin de roulement, plusieurs furent coupés au passage des roulettes.
F. Honoré[/i]
(Source : L’ Illustration du 19 au 26 juillet 1919.)

La description précédente montre assez clairement le caractère provisoire d’un tel monument édifié comme un décor de théâtre et avec des techniques analogues. Comme un décor, il a du être plus facile et plus rapide de le démonter, opération dont on peut supposer qu’elle a été accomplie dès la clôture des cérémonies, vu la dangerosité d’un tel édifice. Malheureusement, nous n’avons trouvé à ce sujet aucune information.

Pour en savoir plus sur les monuments aux morts de la grande guerre, vous pouvez consulter :

Monuments aux morts de la grande guerre édité par la mission permanente aux commémorations et à l’information historique..
Les monuments aux morts par Annette Becker.
Les lieux de mémoire sous la dir. De Pierre Nora (p. 195 Les monuments aux morts par Antoine Prost..)


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