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Accueil > Les monnaies médiévales et leur valeur

Les monnaies médiévales et leur valeur

par Dame Albane, le 22/04/2006 à 17:04 - 3286 visites

J'ai entendu parler du denier Parisis, du sous Parisis, du Denier Tournois... il parrait même que chacune d'entre elles avait des valeurs différentes selon leur date de fabrication (de frappe devrais-je dire) pourriez vous me donner une équivalence de ces monnaies et me dire si il y en avait d'autres en circulation à la même période et aussi quelle était précisement cette période (XI° XII°...)
Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 24/04/2006 à 11:45

Réponse du service Guichet du Savoir

Tout d'abord, une petite présentation des monnaies royales françaises issue du site www.alienor.org : Conseil des musées de Poitou-Charentes :

[i]MONNAIES ROYALES FRANCAISES :

I. Le roi Seigneur : époque du DENIER
De l’an Mil au début du 13e, on frappe des Deniers locaux au nom du roi.
Au 13e siècle, on utilise les Deniers royaux parisis et tournois. Parallèlement, sont frappées des pièces féodales.

II. Le Roi et les Seigneurs : époque du GROS
De la fin du 13e et au 14e, le roi affirme sa prééminence par sa monnaie d’or (l’Ecu) et son sou couramment appelé Gros tournois car il équivaut à 12 Deniers tournois.
De la fin du 14e au début du 15e, on frappe le Gros de roi et l’Ecu d’or

III. La monarchie absolue : époque du TESTON et du LOUIS
Début du 16e au début du 17e on utilise le Teston.
Du début du 17e à la Révolution, la royauté absolue imprime au régime monétaire un caractère plus administratif. A la fin du règne de Louis XIV, le système de Law organise la banque générale.

Le nom des monnaies royales françaises peut provenir de :
- l’autorité qui les émet , c’est le cas du Royal ou du Gros du Roi
- la personne du Prince dont elles portent l’initiales ou l’effigie comme le Louis
- le lieu d’origine, le Denier parisis ou le Denier tournois
- le type figuré, Agnel, Ange, Couronne ou Ecu[/i]


[i]La réglementation monétaire de Charlemagne (793-794) est à l'origine du système de la monnaie de compte médiévale. Il prescrit alors de tailler 240 deniers dans 1 livre d'argent. La monnaie et le système pondéral correspondent, la livre-poids donnant vingt sous de 12 deniers de monnaies (ancienne équivalence romaine 1 sou = 12 deniers maintenue) devient livre-monnaie de compte. Cette équivalence se fixe dans le domaine comptable et persiste en France jusqu'à la Révolution : 1 livre = 20 sous ou 240 deniers ; 1 sou = 12 deniers. [/i]
source : BNF, le franc, histoire d'une monnaie


PARISIS :
[i]Terme qui a désigné la monnaie royale de Paris. Bien que, de toute ancienneté, il y ait eu à Paris un atelier monétaire, le nom de parisis ne paraît pas antérieur au règne de Philippe 1er (1060-1108): à cette époque, un certain nombre d'autres ateliers royaux furent soumis aux mêmes règles que celui de Paris, ce qui eut pour conséquence l'existence du système parisis. L'établissement d'une monnaie royale forte et stable, destinée à concurrencer les monnaies féodales, répond à un désir des Capétiens de reprendre en main la frappe de la monnaie, privilège royal usurpé par ses féodaux ; il faut que, même dans les grandes principautés territoriales, la monnaie royale ait cours et soit préférée pour sa qualité : la monnaie est un moyen d'assurer et d'établir la prépondérance royale.-Largement répandu dans le nord du pays, le denier parisis était concurrencé au sud de la Loire par le denier tournois frappé à Tours. Le denier parisis était plus fort d'un quart que le denier tournois. Quand Philippe Auguste annexa la Touraine dans les premières années du XIIe siécle, il ne jugea pas bon de supprimer le denier tournois et de le remplacer par le denier parisis. Il transforma l'atelier de Tours en atelier royal et laissa subsister concurremment les deux systèmes monétaires, chacun dans son aire géographique. Ce double système de monnaie de compte subsista jusqu'en 1667 : à cette date, la livre parisis fut supprimée, et seule subsista la livre tournois qui fut remplacée à la Révolution par le franc, de valeur presque équivalente.[/i]
source : JEAN DÉRENS Encyclopedia Universalis- Dictionnaire du Moyen-age - Albin Michel, extrait du site P.stquvermpicard.free.fr


TOURNOIS :
[i]Du latin Turonensis, de Tours. Le denier tournois fut à l'origine frappé dans l'atelier de l'abbaye de Saint-Martin de Tours. Il eut cours du IXe au XIIIe siècle, époque à laquelle Saint Louis créa le gros tournois, valant I2 deniers.
A compter du milieu du XIIIe siècle, le système tournois devint officiel et se substitua à la monnaie parisis. Une livre tournois valait vingt sous, un sou valait douze deniers. Ce système de compte eut cours jusqu'à la fin du XVIIe siècle.[/i]
source : www.medievalenfrance.com : site L'Encyclopédie Médiévale


[i]
Entre les XIe et XIIIe siècles, dans un contexte d'essor économique et commercial tant dans les campagnes que dans les villes, une multitude de derniers féodaux sont frappés régionalement, voire localement, par des seigneurs plus ou moins importants. La monnaie du roi est devenue une monnaie parmi d'autres. Du point de vue du seigneur émetteur, la monnaie constitue une importante source de revenu, un moyen de financer son train de vie et sa politique. Un profit est en effet réalisé sur la frappe de chaque pièce : c'est le droit de seigneuriage. Pour augmenter ce revenu, le seigneur peut procéder à une mutation de sa monnaie, c'est-à-dire modifier certaines conditions d'émission : poids du denier, titre ou teneur en argent fin, cours officiel. La pratique alors la plus courante dans le royaume de France consiste à affaiblir la monnaie en titre de métal fin, une préfiguration des dévaluations contemporaines. Elle engendre de grandes disparités de valeur entre les différentes pièces en circulation et concourt localement à une certaine instabilité monétaire.

À la faveur des guerres, des mariages et des héritages, Philippe Auguste (1180-1223) étend progressivement son autorité, y compris dans le domaine de la monnaie. Le denier "parisis", est d'abord diffusé dans le nord du royaume, puis à l'est et quelque peu au sud. Après la conquête de la Normandie, de l'Anjou, du Maine et de la Touraine (1204-1205), le roi impose une nouvelle pièce : le denier "tournois". Cette politique volontariste est poursuivie par Saint Louis (1226-1270) au seul profit du tournois et au détriment des monnayages féodaux. À l'exemple des cités italiennes qui frappent de "gros" deniers valant entre 20 et 30 deniers locaux, Louis IX crée un gros tournois, première monnaie de bon argent produite en France, valant 12 deniers. Le gros tournois rencontre un tel succès qu'il est frappé abondamment, rapidement imité, notamment en Provence, et diffusé largement en Italie. Dans le même temps est créé l'écu d'or, première monnaie d'or capétienne. Mais il s'avère un échec commercial et est vite abandonné. Saint Louis laisse à ses successeurs une monnaie apparemment stable.[/i]
source : Bibliothèque nationale de France


Pour approfondir le sujet :
- Dossier pédagogique de la BNF : le Franc
- www.info-monnaie.com
- La livre TOURNOIS monnaie Française
- Les problèmes monétaires au Moyen-Age DEA de Benoît SANTIANO
- Mémoire des monnaies européennes, du denier à l'euro / Pierre TABATONI - caractéristiques et Table des matières
- Monnaies Médiévales par Jean-Philippe Cormier, Rempart, 1998
- Histoire Numismatique et monétaire de France par J. Belaubre, Le Léopard d’Or, Paris 1986
- Documentation numismatique de la France médiévale : collections de monnaie et sources de l'histoire monétaire
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