Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Histoire de Bernachon

Histoire de Bernachon

par bob1, le 31/01/2007 à 15:50 - 5462 visites

Bonjour,
Je voudrait savoir comment Mr BERNACHON a réussi a se former une telle renomée, quel a été son parcour...
Merci beaucoup

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 02/02/2007 à 15:34

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Fils d’un aiguilleur de la SNCF, né à Saint-André-le-Gaz (38) en juillet 1919, Maurice Bernachon, enfant, se voyait bien devenir... instituteur. Cet avis n’étant pas partagé par le curé du village - auquel sa mère, croyante, se rangea - il entama donc à l’âge de 12 ans, sur les conseils de l’abbé Berlioz, un apprentissage chez [i]Debauge[/i], à Pont-de-Beauvoisin (38).
Après 2 ans de rude labeur, où nourri, logé, blanchi, il fut à peine payé (selon la conception de "l’apprentissage" au début des années 30...), il poursuivit sa formation à Lyon, d’abord chez [i]Coillard[/i] -enseigne bien connue des lyonnais jusque dans les années 60-, puis chez [i]Durand[/i], au 42 de la rue Franklin Roosevelt, où il finit par s’installer en 1952, après son mariage avec Simone, et le rachat du fonds, quand [i]Jules Durand [/i]décida de se séparer de son affaire.
A l’époque, la pâtisserie était minuscule : 140 m2 qui deviendront 1500, au fil des années.
Et d’investissements en agrandissements, il en fit l’étape gourmande mondialement connue, reconnue, que l’on sait.
En 1997, à près de 80 ans - dont 63 ans de travail sans répit (ni dimanches, ni jours de fête) -, il prit sa retraite, laissant les rênes de la maison à son fils Jean-Jacques, qui avait épousé en 1969, Françoise, la fille de Paul Bocuse, dont il eut 3 enfants. Deux d’entre eux, Stéphanie et Philippe, travaillent à ce jour pour l’entreprise, toujours lyonnaise, le premier dans les laboratoires de fabrication, avec son père, la seconde gérant la chocolaterie.
Jean-Jacques, qui fit ses premiers pas dans la chocolaterie, à 17 ans, fut expédié à Bourgoin, chez l’un des anciens ouvriers de son père, ce dernier désirant lui faire comprendre, hors du cadre familial, tout ce que signifiait un métier où chaque journée de travail commence à 5h pour finir à 19h…
Et, comme le rappelle son fils Jean-Jacques, lorsque Maurice Bernachon - qui habitait 2 étages au-dessus du laboratoire - prit sa retraite, cela signifia certes qu’il cessa de faire du chocolat, mais n'impliquait sûrement pas qu'il renonçât à venir à toute heure du jour, humer, goûter…vérifiant aussi qu’aucune trahison n’était entrée dans le sanctuaire…
Il fut l’un des seuls chocolatiers à torréfier lui-même les fèves de cacao dans son laboratoire et d'ailleurs, depuis 1970, Maurice Bernachon importait de l’océan indien, d’Indonésie, et d’Amérique du sud, une douzaine de "crus" soigneusement sélectionnés, dont son fils conserve toujours le secret.
En 1975, à l'occasion de la remise de la Légion d'honneur à Paul Bocuse, par Valéry Giscard d'Estaing, à l'Elysée, il servit "le Président", le gâteau qui contribua à sa célébrité.
En 1985, il signa un livre, et lui qui n'a que son certificat d'études, passa à l'émission de Bernard Pivot "Apostrophes", aux côtés du philosophe Michel Serres.
En 1986, Jack Lang le nomma chevalier des arts et des lettres.
Celui qui disait, un peu désarçonné par sa renommée : "Je ne suis pas célèbre, je fais mon métier du mieux que je peux", mourut à Lyon, des suites d'une attaque cérébrale, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1999.

Il faut lire le savoureux portrait - dont voici quelques extraits éclairants- que lui consacre Le Monde, du 29 décembre 1997 (p.8), sous la plume de [i]Véronique Maurus [/i]:

[i]...A l’heure où le chocolat devient une mode…ou les meilleurs chocolatiers succombent au snobisme ou à l’industrie, rivalisant d’audace pour gagner les faveurs des critiques ou prêtant leur nom à la promotion des marques, Papy Bernachon fait de la résistance.
Lorsque ses confrères se prennent pour des artistes ou des chefs d’entreprises, il se proclame artisan et fier de l’être. Il torréfie lui-même ses fèves, les broie, les mélange, les conche (malaxage à chaud), pour fabriquer son propre chocolat de couverture, matière première de base du chocolatier, que la plupart des grands achètent désormais auprès des sociétés spécialisées comme Valrhona…Il rejette les "extravagances" : chocolat au thym, à l’eau de rose, au fenouil, etc…"j’en ai même vu aux épinards ! C’est ridicule ! Le chocolat c’est tout simple. Si vous avez des fèves de bonne provenance, il se suffit à lui-même"…
La boutique, rénovée en 1985, ne désemplit pas et sert en période de pointe, jusqu’à mille clients par jour. Auxquels il faut ajouter les deux mille colis expédiés pendant les fêtes dans le monde entier. Bon an mal an, avec son unique magasin, la maison Bernachon vend une bonne cinquantaine de tonnes de chocolats moitié autant que la société Lenôtre avec 15 boutiques dans le monde. Un maximum. "On ne peut pas faire plus", soupirent d'aise Bernachon père et fils. Pas question de grossir encore. "On ne saurait pas, ça deviendrait de l'industrie." Aller à Paris? "Pour devenir le plus riche du cimetière?" interroge Maurice, la mine sévère tout à coup. Il y a des principes sur lesquels, ici, on ne discute pas. Il y a eu des propositions de franchises du monde entier : Etats-Unis, Venezuela, Japon...Toutes refusées. "C'est une profession où on doit mettre du respect, explique-t-il. On emploie du beurre d'Echiré, de la crème d'Isigny, des produits nobles, des produits frais. Vous me voyez faire du chocolat à New-York?! Il aurait fallu un chimiste pour stabiliser les produits." Autant dire le diable.
Ses confrères font la moue. Tous respectent l'homme, son intégrité, sa fidélité. Pour ses chocolats, c'est autre chose; "Un peu brut de fonderie", dit l'un. "Toute une époque", dit l'autre. "Je préfère des chocolats plus inventifs, plus fins, moins grossiers", assure le troisième...
Seul Gaston Lenôtre défend fidèlement son ami Maurice. "C'est un homme d'une honnêteté scrupuleuse, qui respecte son métier, dit-il. Les confiseurs chocolatiers, il n'y en a plus tellement. Les vrais, les purs comme lui sont rares"...
Retranché dans son fief lyonnais, il se moque des chapelles : "Ils se prennent trop au sérieux." Le chocolat, il le fait, il continuera de le faire comme il l'a appris de ses maîtres dans les années 30...Sa première truffe, il s'en souvient encore : c'était le 25 décembre 1934...
Dès le départ, il prend la décision qui fera sa fortune : il fabriquera tout lui-même, de la fève à la ganache. "L'industrialisation commençait, raconte-t-il. Je sentais que cela allait modifier le goût, uniformiser les aliments. Je me suis dit qu'il y avait un créneau. J'ai acheté des machines pour faire mon propre chocolat!"
Le pli est pris, et la petite entreprise prospère, aidée par le boom économique, le bouche à oreille, le travail de Maurice et le talent commercial de Simone, qui gère la boutique, choisit les boîtes, les rubans en artiste.
"Je faisais mon métier tranquille, dans mon petit coin. Je n'ai jamais fait de pub. Je me demandais comment on pouvait s'intéresser à cette profession."
La gloire lui tombe dessus sur le tard, alors qu'il se contente de faire les meilleurs chocolats de Lyon. Par un de ces hasards qui font les grandes fortunes : un 15 août. La grande ville dormait, toutes boutiques fermées. Lui seul était ouvert, comme d'habitude. Un gourmet est entré, il a goûté, parlé, visité les laboratoires, tâté les fèves. C'était un grand critique gastronomique. Intitulé "Lyonnitude", son article fait de Bernachon l'obscur, [B]Bernachon le grand
, prince du chocolat...[/i][/B]

Le mot de la fin est peut-être donné dans l'article [i]Maurice Bernachon, le départ d'un grand[/i], in Petites affiches lyonnaises, 18-21 septembre 1999, p.7 :

[i]Le secret de sa réussite ? Il s’amusait toujours de la question et, en réponse, évoquait invariablement "le travail, la fidélité au produit et la rigueur dans les choix". La générosité aussi, et sans doute ce petit coup de pouce du destin qui le fit entrer à l’Elysée par gâteau interposé. Lors du déjeuner de remise de la légion d’honneur à Paul Bocuse, le Montmorency devint Président*[/i]...

* Le fameux gâteau ne fut donc pas exactement "créé", mais rebaptisé...(note DR)

[i]Autres documents consultés [/i]:

- Mort du confiseur Maurice Bernachon in Le Monde, 21 septembre 1999
- Bernachon, au paradis du chocolat, art. in Lyon Capitale, 22-28 setembre 1999
- Préface de Jean-Paul Aron, in La passion du chocolat / recettes par Maurice et Jean-Jacques Bernachon

[i]A consulter également [/i]:

- Maurice Bernachon : une passion, le chocolat... : film réalisé par Alain Vollerin

- La chocolaterie Bernachon

Réponse de bob1

par bob1, le 03/02/2007 à 18:29

Bonjour,
Je vous remercie pour vos précieux renseignements sur cette même question.
A propos du film: une passion, le chocolat... Est ce que je peut le trouver légalement et gratuit sur internet, ou est ce que je peux l'emprunter qqpart, par exemple à la bibliothèque municipale du 6eme a Lyon.
merci bcp de me dire ou le trouver.

Réponse de

par gds_cdp, le 05/02/2007 à 10:09

Réponse du service Guichet du Savoir


Il semble que vous ayez apprécié la réponse que le département Lyon et Rhône-Alpes a fourni à votre question sur l'histoire du chocolatier Bernachon.
Si vous aviez pris la peine de cliquer sur le titre du film que vous recherchez et qui était mentionné dans cette réponse, vous auriez vu qu'il n'est disponible qu'à la bibliothèque de la Part Dieu.
Nous ne l'avons pas trouvé en téléchargement gratuit.
  • 1 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact