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Les cheveux du menton...

par CharlieBZH, le 21/06/2008 à 12:01 - 10658 visites

Cher guichet,

bonjour et avant tout merci de ta précédente réponse. Et je sais que je ne suis pas un champion de l'orthographe mais excuse moi de l'énormité écrite sur mon dernier billet : confondre "mes" et "mais" est condamnable d'une lecture exhaustive du Grévisse et du Bescherelle.

Bon voilà une petite question que je me pose 5 fois par semaine (pause le week-end) :
Pourquoi les poils de barbe ne tombent-ils pas comme les cheveux de la tête?

Parfois certains tombent mais cela reste marginal. Qui ne connait pas une personne chauve ou avec une calvitie très prononcé mais avec un système pileux sur le menton tout à fait normal. Alors que l'inverse (c'est à dire imberbe avec une bonne tignasse) est très rare!

Voilà encore une fois une petite question métaphysique. D'avance merci!

Charlie

Réponse de

par gds_bp, le 21/06/2008 à 17:19

Réponse du service Guichet du Savoir

Si poils et cheveux ont une structure similaire, ils ne sont pas sous la même influence hormonale. Ce qui explique leurs différences de "fonctionnement"...


Voici un article sur les poils et les cheveux, rédigé par des médecins sur le site dermaptene.com :

La tige pilaire (poil et cheveu) est fabriquée par différentes structures (bulbe, papille dermique et bulge) et est guidée par deux « tubes » (gaines épithéliales externe et interne) qui permettent sa sortie à l’extérieur de la peau. Cet ensemble est appelé « follicule pileux » et est associé à un muscle, le muscle pilo-arrecteur et à une ou plusieurs glandes (glande sébacée et glande apocrine).
La fabrication d’un poil est un système complexe, d’autant plus que certains donneront naissance à un duvet, à des poils épais ou à des cheveux, contrairement aux animaux. La formation des poils et des cheveux se fait de façon cyclique avec des phases de croissance (phase anagène), de mort et de chute (phase catagène). Chez l’homme, ces cycles ne se font pas en même temps pour tous les poils ou les cheveux, ce qui fait que pendant que certains poussent d’autres vont progressivement être expulsés : il existe une chute constante des cheveux et des poils avec un renouvellement continu.
[...]

Les différents types de poils.

A la naissance, le nouveau-né est recouvert d’un petit duvet appelé « lanugo » qui tombe dans les premiers jours de la vie pour être progressivement remplacé sur le corps par du duvet. Sur la tête, il disparaît vers le 8ème mois pour laisser place à de vrais cheveux.

Les poils naissent dans des organes en forme de tubes ouverts vers le haut, appelés « follicules pileux ». Le nombre de follicules pileux n’augmente plus après la naissance. On naît avec un capital de 5 millions de follicules pileux, 100 à 150.00 sur le cuir chevelu, 1 million sur l’ensemble de la tête et 4 millions sur le corps. Le même nombre de poils existe sur le corps de la femme et de l’homme, la seule différence résidant dans le fait que les poils du corps de la femme sont plus petits. Ce nombre diminue avec l’âge.

C’est l’activité des follicules pileux et non leur nombre qui détermine la pilosité d’un individu : il existe en effet de nombreux follicules pileux qui sont « endormis » et qui ne fabriquent pas de poils (follicules quiescents). Certains peuvent entrer en activité sous l’action de différents stimulus comme les hormones sexuelles et surrénaliennes.

La densité des follicules pileux varient d’une région à l’autre, de 50 à 830 follicules par cm². Les follicules sont souvent groupés par 4 ou 5 en pinceau, dont 2 à 3 sont quiescents. Un orifice pilaire (pore) peut être occupé par un ou deux poils du même « pinceau », parfois de 2 « pinceaux ».

Parmi les nombreux facteurs qui interviennent dans la croissance du poil du corps humain, il faut citer les hormones stéroïdes (mais la sensibilité des poils à ces hormones varie selon les zones), l’hérédité, le sexe, la race et l’âge. Le vieillissement se traduit chez l’homme et la femme par une diminution globale de la pilosité. Après la cinquantaine, les femmes ont diminution de la densité pilaire plus importante sur la région pubienne et une perte de duvet corporel ; sur le menton et la lèvre supérieure certains duvets peuvent se transformer en poils terminaux. Les poils peuvent être gros ou fins, longs ou courts, raides, ondulés ou frisés.

On distingue classiquement 3 types de poils

Le duvet. Il est fin, court non pigmenté et situé à 1 ou 2 mm de profondeur dans le derme. On le trouve principalement sur le visage, le tronc et les bras. Certaines zones comme le front, les paupières le pavillon des oreilles portent en fait un nombre considérable de poils duvet qui peuvent bien être mis en évidence par microscopie électronique.

Le poil intermédiaire. Pigmenté et un peu plus long, il est situé dans le derme à 3 ou 4 mm de profondeur. Il est normalement présent sur les jambes, les avant-bras et le ventre. Il est souvent accompagné de 1 ou 2 poils de type duvet. La plupart d’entre eux conservent la même taille et le même aspect toute la vie durant. Cependant, chez les personnes âgées, les poils de taille intermédiaire de la barbe, de la moustache et d’autres zones du corps ont tendance à devenir de plus en plus gros.

Le poil terminal est long, épais et pigmenté, piquant lorsqu’on le coupe. Il est profond, enchâssé dans le tissu graisseux superficiel à plus de 4 millimètres de profondeur. Ils se situent essentiellement sur le pubis, les aisselles et le cuir chevelu.

Comment se développent les poils au cours de la vie ?

- les poils axillaires et pubiens. Ils sont sous la dépendance des androgènes (hormones masculinisantes) synthétisés par la glande surrénale. Elle apparaît chez le garçon à partir de l’âge de 15 ans et chez la fille à partir de 13 ans et demi. Elle a la forme d’un triangle renversé. Avec l’âge, les poils pubiens se font plus gros, plus sombres et plus courbes et s’étendent sur la face interne des cuisses. Chez 80% des garçons et 10% des filles, la pilosité pubienne continue à croître pouvant se disséminer sur l’abdomen. Les poils pubiens sont le plus souvent frisés ou enroulés sur leur axe et peuvent atteindre une longueur de 16 cm, mais qui peut varier en fonction des personnes. Il en est de même pour leur épaisseur. Les poils axillaires qui commencent à apparaître 2 ans environ après la pilosité pubienne continuent de croître jusqu’à l’âge de 20 ans.
- les poils faciaux. Chez le garçon, leur développement se fait en même temps que les poils axillaires. Débutant sur les extrémités de la lèvre supérieure, ils atteignent progressivement la totalité de la lèvre supérieure, puis les joues et enfin le menton. Le taux de croissance des poils faciaux augmente avec l’âge jusqu’à 35 ans. Ils poussent plus vite en été qu’en hiver. Les poils de la barbe qui sont les plus gros du corps humain poussent de 0,3 mm par jour et s’ils ne sont pas rasés peuvent atteindre une longueur de 30 cm, voire plus.
- Les poils corporels. Le développement des poils corporels est étroitement lié aux récepteurs androgéniques (un traitement bloquant la synthèse des androgènes freine la croissance, réduit le diamètre et la pigmentation des poils). Les poils corporels apparaissent lors de la puberté, d’abord sur les cuisses, les jambes, le ventre et les avant-bras, puis sur le thorax et les bras. Les poils de la cuisse sont toujours plus longs (jusqu’à 3 fois) chez l’homme que chez la femme. Ce n’est pas le cas des avant-bras qui peuvent être plus apparents chez la femme que chez l’homme. La différence de longueur des poils des cuisses chez l’homme est du au fait que la phase de pousse des poils (phase anagène) dure en moyenne 54 jours chez l’homme et 22 jours chez la femme. A la puberté, le duvet s’allonge et se pigmente sur la lèvre supérieure, puis se transforme progressivement en poils épais (poils terminaux) sur le visage et le corps. La pilosité masculine est généralement stabilisée sur la barbe, les membres et le torse vers l’âge de 25 ans, mais sur le dos elle se développe plus tardivement jusqu’à 45 ans. Chez les hommes peu poilus, l’apparition de poils sur les épaules est un signe d’andropause. Chez la femme, la pilosité se met en place à la puberté sous l’influence des hormones surrénaliennes et ovariennes. Pendant la grossesse, la progestérone augmente la durée du cycle pilaire ce qui embellit la chevelure et modifie parfois transitoirement le système pileux. Les hormones masculinisantes (androgènes) sont responsables de la plupart des pilosités excessives de la femme.
- Les cheveux ne sont pas dépendants des androgènes, mais leur présence est indispensable pour qu’il apparaisse une chute de cheveux chez l’homme (alopécie androgénique).
- Avec l’âge, le duvet des oreilles, sur la surface du nez et à l’intérieur des narines peut chez l’homme se transformer en poils intermédiaires et poils terminaux de grosse taille.
[...]

Croissance du poil.

Tous les poils du corps grandissent jusqu’à atteindre une longueur donnée qui est caractéristique de chaque zone corporelle et de chaque individu. Tous les poils sont remplacés périodiquement par d’autres poils de la même taille et de la même longueur. Ainsi, les follicules pileux alternent des périodes d’activité et de repos. Les poils adjacents et même les poils qui émergent par un même orifice peuvent se trouver dans des étapes différentes du cycle pilaire. Les poils émergent à la surface de la peau selon un schéma qui est caractéristique de l’espèce et de la région corporelle. Les poils poussent inclinés de la tête à l’extrémité des jambes et des avant-bras ; ils forment une spirale sur le visage, le sommet de la tête, le bas du dos et le ventre.

La croissance de la plupart des poils est de l’ordre de 0,4 mm par jour, mais il pousse plus vite entre 16 et 46 ans. 10.000 à 15.000 cheveux se renouvellent tous les ans, soit environ 35 par jour. On dit que les cheveux poussent plus vite chez la femme que chez l’homme.

Structure du poil et du cheveu

Structure du poil

Le follicule pileux est composé :
- d’un poil ou tige pilaire,
- d’un « sac » qui entoure le poil (ou tige pilaire). Cette gaine est formée de l’extérieur à l’intérieur par un tissu conjonctif fibreux, une gaine épithéliale externe (GEE) et une gaine épithéliale interne (GEI),
- du follicule qui contient le bulbe et une protubérance. Le bulbe est composé par la matrice pilaire et la papille dermique conjonctive. C’est là que va être fabriqué le poil. La protubérance, aussi appelé « bulge », contient des cellules germinatives pouvant donner un poil et de l’épiderme. Ces cellules sont un obstacle à l’épilation laser, même si le follicule est détruit.
- d’une glande sébacée,
- d’un muscle appelé « muscle pilo-arrecteur ».

Le « sac » entourant le poil et le bulbe.

Membrane vitrée (gaine fibreuse et membrane basale) et gaine épithéliale externe. La gaine fibreuse entourant le follicule est composée de collagène. Contre celle-ci il existe une membrane vitreuse similaire à la membrane basale épidermique mais plus épaisse.
La gaine épithéliale externe (GEE) du follicule pileux est continue avec des cellules prolongeant l’épiderme. Cette « gaine » permanente, est indispensable, car elle forme le « tube » dans lequel se glissera le poil pour émerger et plus tard tomber à la surface de la peau.
La gaine épithéliale interne (GEI). Située plus à l’intérieur, elle est « accrochée » au poil : elle est formée d’une couche de cellules aplaties en forme de « tuiles » qui s’imbriquent dans les « tuiles » de la couche la plus externe du poil (corticale du poil).

La tige pilaire (le poil). Elle est située à l’intérieur de ces 3 couches et est composée de trois couches, la cuticule, la corticale (écorce) et la médullaire (moelle).
- la médullaire (moelle du poil ou du cheveu). Elle se situe au centre du poil et chez l’homme est continue, discontinue ou fragmentée. Il existe souvent de petites bulles d’air. Cette moelle n’est pas toujours présente chez l’homme est et absente dans le duvet et le lanugo.
- L’écorce du poil ou du cheveu (corticale) entoure la moelle et représente 90% du poids du poil. Elle est constituée de cellules épidermiques (kératinocytes) plus ou moins pigmentés selon la couleur du poil ou du cheveu. Ce sont des cellules mortes contenant une substance qui assure la solidité du poil (kératine). Ces cellules sont solidement attachées entre elles par une sorte de « ciment ».
- la cuticule est la couche la plus externe du poil et le protège des agressions externes. Elle est formée de cellules (kératinocytes) remplies de pigment, très minces, aplaties qui ressemblent à des écailles imbriquées les unes sur les autres à la façon des tuiles d’un toit, leur bord extérieur orienté vers le haut. Les écailles du poil (orientées vers le haut) vont s’imbriquer dans les tuiles de la cuticule de la gaine épithéliale interne (orientées vers le bas). La GEI va ainsi guider le poil pour qu’il remonte plus facilement à la surface de la peau. Les cellules de la cuticule sont aussi soudées les unes aux autres par une sorte de ciment (céramides et protéines) qui assure la solidité de la cuticule et permet le maintien de l’hydratation du poil et du cheveu.

Le bulbe pilaire.

Le bulbe pilaire est la partie la plus profonde du follicule pileux où sont fabriqués les poils. Il comprend les cellules « embryonnaires » qui vont véritablement fabriquer le poil et les différentes gaines qui l’entoure (matrice pilaire), accompagnées des cellules qui fabriquent le pigment et donc la couleur du poil ou du cheveu (mélanocytes) avec au dessous, la zone nourricière contenant les vaisseaux sanguins (papille dermique).


* la matrice pilaire. Elle est « divisée » en trois couches qui sont spécialisées pour chaque étape de la fabrication du poil ou du cheveu : une zone profonde où se trouvent les cellules qui se multiplient et qui donneront les cellules du poil et de ses gaines (zone germinative), une zone où les poils et les cheveux se chargeront de pigment (zone pigmentée) et une zone où le poil et le cheveu obtiendront leur solidité (zone de kératogénèse).
- La zone germinative est formée par des cellules qui se multiplient et donneront les différentes structures du poil et de ses gaines. Elles remontent vers la surface en file. La taille et l’incurvation de la gaine épithéliale interne (GEI) déterminent ainsi l’épaisseur et l’incurvation du poil.
- La zone pigmentée est responsable de la couleur du poil. Elle est riche en cellules fabriquant du pigment (mélanocytes) qui sont nombreuses avec des prolongations en forme de « tentacules » qui permettent d’apporter des sacs remplis de pigment dans les cellules du poil ou du cheveu. Selon la personne, la mélanine sera noire, rouge ou formée d’un mélange de ces 2 pigments.
- La zone de kératogénèse est la partie la plus superficielle de la matrice. Elle est responsable de l’évolution du poil vers sa forme définitive (solidité, élasticité, etc.).

* La papille dermique est une zone de tissu conjonctif qui s’invagine à partir de la profondeur à l’intérieur même de la matrice pilaire qui l’entoure. C’est un composant du tissu conjonctif à l’intérieur du bulbe pilaire en phase anagène. Cette papille assure des fonctions de régulation et de nutrition. C’est en phase anagène qu’elle est très développée. Elle contient des fibroblastes spécialisés qui contrôlent l’épaisseur du poil terminal. La papille contient des fibroblastes spécialisés, des histiocytes, des mélanophages, des mastocytes des cellules de Langerhans contenant des granules de la substance fondamentale et des fibres collagène. Un système profus de petits vaisseaux alimente la papille dermique. Une tige connecte le tissu conjonctif sous-jacent à la papille est une membrane basale le sépare des cellules de la matrice du bulbe. Durant la phase catagène, la papille dermique migre vers le haut avec le bulbe pilaire pour se trouver sous les cellules germinatives résiduelles secondaires épithéliales au niveau du bulge.

* La protubérance (bulge). C’est une zone qui se situe au tiers supérieur du follicule pileux. Elle est composée de cellules germinatives qui répondent à des signaux pour générer un follicule sébacé, des glandes sébacées et l’épiderme. Au moment où la synthèse du follicule cesse, et quand la partie inférieure du follicule subit des modifications structurales majeures, la région inférieure contient une nombre significatif de kératinocytes clonogéniques et peut alors répondre à des signaux morphogéniques. La région supérieure de la GEE des vibrisses de souris adultes contient des cellules germinatives qui sont capables de générer les cellules épithéliales de l’épiderme et de migrer dans la gaine du follicule pour produire un follicule. La régulation de la croissance du follicule nécessite un contrôle précis du trafic des cellules germinatives.
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