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Décomposition d'un corps

par Guichet du Savoir, le 14/08/2008 à 17:29 - 55370 visites

Question


Comment se décompose le corps humain entre la mise en bière et l'apparition du squelette ?


Réponse du département Sciences et Techniques

L'article consacré à la datation des cadavres dans Wikipedia reprend les différentes étapes de la décomposition du corps :

[i]La rigidité cadavérique (ou rigor mortis) est un enraidissement progressif de la musculature causé par des transformations biochimiques irréversibles affectant les fibres musculaires au cours de la phase post-mortem précoce. Cet état disparaît habituellement lorsqu'apparaît la putréfaction, c'est-à-dire au bout de deux à quatre jours selon les circonstances[/i]
La rigidité cadavérique affecte l’ensemble des muscles de l’organisme : elle débute à la nuque puis suit une marche descendante vers les membres inférieurs, comme l'indique la loi de Nysten. En effet, elle touche d’abord les petits muscles situés en haut du corps puis les muscles plus importants (en particulier les membres inférieurs) où elle prédomine ce qui explique cette marche descendante.

[i]La rigidité débute entre 3 et 4 heures après le décès, presque toujours au niveau de l’extrémité cervico-céphalique (nuque et muscles mastiquateurs).
Elle atteint son intensité maximale entre 8 et 12 heures.
Elle se maintient ensuite entre 12 et 36 heures.
Puis elle disparaît progressivement en deux ou trois jours, lorsqu'apparaît la putréfaction.
En cas de rupture artificielle, par exemple un déplacement du cadavre, intervenant moins de 8 à 12 heures après la mort, la rigidité peut réapparaître ; ce n’est pas le cas lorsque la rupture intervient au-delà de ce délai (associée à d'autres méthodes de datation, cette considération permet par exemple de constater que le cadavre à été déplacé). [/i]

[i]Les lividités cadavériques (ou livor mortis) sont une coloration rouge à violacée de la peau liée à un déplacement passif de la masse sanguine vers les parties déclives du cadavre, qui débute dès l'arrêt de l'écoulement du sang.[/i]
[i]Les lividités cadavériques se répartissent de manière caractéristique sur le cadavre :
Elles apparaissent d’abord sur le cou et s’étendent ensuite à d’autre régions de l’organisme vers la quinzième heure après le décès.
Elles épargnent les points de pression : ainsi, sous l’effet de la gravitation, le sang d’une victime allongée s’accumule, s’immobilise et deviendra persistant sous la peau comprimée des parties les plus basses.
La vitesse de formation des lividités est variable.
De manière générale :
- Elles sont visibles à partir de la deuxième heure après la mort.
- Elles deviennent ensuite progressivement de plus en plus marquées pour atteindre le maximum de leur intensité à la douzième heure
. [/i]

[i]La putréfaction est la décomposition des tissus organiques sous l’influence prépondérante des bactéries hébergées par l’individu, surtout celles de la flore intestinale, ensuite des mycètes saprophytes et des bactéries minéralisantes qui envahissent le cadavre.
La putréfaction débute par :
- L'apparition d'une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque droite.
- L'apparition d'une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque gauche.
- L'extension de ces deux taches qui finissent par gagner progressivement toute la partie inférieure de l’abdomen.
Les divers mycètes se succèdent en groupes déterminés et cette flore se modifie suivant les altérations progressives du substrat qui constitue ainsi, à une époque donnée, un habitat d’élection pour certaines espèces de mycètes et pas pour d’autres. La putréfaction du cadavre due aux bactéries et aux mycètes saprophytes accentuant l’altération amorcée par l’autolyse, lisse des déchets que les bactéries minéralisantes feront rentrer dans le cycle des déchets de la biosphère.[/i]

[i]De l’arrivée des insectes sur le cadavre et de leur prolifération
L’organisme humain, une fois mort, constitue une énorme réserve en nutriments pour les bactéries ainsi que pour les insectes. Les cellules du corps n’étant plus protégées par le système immunitaire, sont alors la proie d’insectes nécrophages voraces. Ces derniers vont se servir du corps de l’individu décédé, afin de se nourrir, ou de nourrir leurs progénitures. Quelques minutes après la mort de l’organisme, il se produit des réactions d’autolyse qui sont des transformations fermentatives (qui s’observent sans l’action de bactéries ou d’agents étrangers à l’organisme). Les substrats produits lors de ces réactions dégagent des odeurs spécifiques (pas forcément perceptibles par l’Homme), attirant ainsi les premiers insectes qui vont pondre leurs œufs dans les orifices naturels (sphincters, pores de la peau) et dans les blessures. La ponte se fait le plus souvent de jour et ne survient habituellement pas en dessous de 4 °C. L'apparition des larves peut se faire en moins d'un quart d'heure après la ponte. Au cours du temps, l’altération du cadavre se traduit par le dégagement d’odeurs, spécifiques à une période donnée. En effet, à mesure que la décomposition progresse, les réactions d’autolyse changent, ainsi que les substrats produits et donc les odeurs dégagées. Ces nouvelles odeurs vont repousser les femelles attirées par les premières odeurs. D’autres femelles viennent ensuite, sélectivement, coloniser le cadavre, et constituent des escouades. L’insecte est attiré sélectivement par ce qui lui convient et il évite le reste.[/i]

[i]On dénombre en tout et pour tout sept escouades différentes, mais seules les trois premières permettent une datation précise.

La première escouade est essentiellement constituée de diptères (mouches vertes, à damiers, bleues…). Elle arrive quelques heures à peine après la mort, et à 20 °C les larves implantées dans le cadavre peuvent atteindre l’âge adulte en deux semaines.
La deuxième escouade arrive au bout d'un mois, attirée par la décomposition des matières fécales. Elle est composée de sarcophagiens et disparaît au sixième mois.
La troisième escouade apparaît entre le troisième et le neuvième mois et est constituée de dermestes (petits coléoptères) et parfois de lépidoptères, attirés par l’odeur de graisse rance.
La quatrième escouade, ou escouade coryétienne, arrive au dixième mois.
La cinquième escouade, ou escouade silphienne, environ 2 ans après le décès.
Les sixième et septième escouades achèvent le travail de leurs prédécesseurs au bout de deux ou trois ans, lorsque le corps n’est plus que poussière.[/i]

Nous vous conseillons également de consulter l'ouvrage La ferme des corps / Dr Bill Bass, Jon Jefferson qui traite de manière exhaustive votre question.
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