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Accueil > La maison d'Horace Cardon

La maison d'Horace Cardon

par Praline, le 18/08/2008 à 18:25 - 1981 visites

Bonjour Cher Guichet,

Aurais-tu quelques éléments à me donner sur l'histoire et l'architecture de la maison d'Horace Cardon rue Mercière à Lyon ?

J'ai juste réussi à savoir qu'elle n'avait pas été construit pour lui puisqu'elle appartenait auparavant à un autre libraire célèbre, Porta, qui l'avait fait bâtir et qu'elle a failli être démolie pour insalubrité en 1981 avec tout le pâté de maison qui l’entoure. C'est tout et c'est un peu maigre à mon gout...

Merci.


Praline

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 19/08/2008 à 16:28

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Selon Eugène Vial dans un article publié en 1924 dans la [i]Revue du lyonnais[/i], intitulé « Un atelier Lyonnais d'imprimeurs en taille-douce, les Giraud (1772 - 1875) » pp. 103 – 121, Horace Cardon, imprimeur-libraire, échevin en 1610, mort en 1641, aurait habité au n°68 de la rue Mercière, dans une maison construite par Hugues de la Porte sur l’emplacement d’une ancienne propriété de l’Abbaye d’Ainay, nommée « la Cave d’Ainay » qu’il avait acheté en 1542 au cardinal-diacre de Gaddis, abbé d’Ainay.

Les imprimeurs Giraud s’installèrent dans l’ancienne maison d’Horace Cardon en 1855 :

« En 1855, l'ouverture de la rue Impériale qui fit disparaître la rue Bonnevaux et une partie de la rue Palais-Grillet, amena la démolition des deux maisons où les Giraud vivaient depuis 1772. La veuve Giraud dut alors transporter son atelier et on domicile rue Mercière, 68, où elle s'installa en mai 1855, au second étage de la vaste et curieuse demeure appelée jadis « la Cave d'Ainay ». Construit par l'imprimeur Hugues de La Porte dans la seconde moitié du XVIe siècle, ce vieil immeuble avait été habité au siècle suivant par le libraire Horace Cardon. Contre la façade, entre le premier et le second étage, une haute enseigne fut apposée, avec l'inscription « Imprimerie Giraud » et, dans les deux angles inférieurs, le numéro « 68 ». Par une circulaire datée d'avril 1855, la veuve Giraud avait avisé sa clientèle du transfert de son « établissement », « un des plus anciens qui aient été fondés à Lyon », disait-elle.

La veuve de Michel Giraud mourut là, le 9 mars 1870, et, après avoir gardé pendant cinq années encore l'atelier paternel, ses deux filles le cédèrent à un nommé Gaud qui eut pour successeurs les imprimeurs-lithographes Marchandeau, Buvelot et Henri Gerboud. Ce dernier dirige actuellement [1924], dans le même local, la maison qui fut, pendant cent trois ans, l'imprimerie Giraud…

De Tonine et Céline Giraud-- deux types originaux de vieilles Lyonnaises -- le bibliophile Léon Galle, qui les connaissait de longue date, a laissé un amusant portrait. Dans la Dépêche de Lyon du 5 juin 1909, il décrit, au rez-de-chaussée de l'ancien logis d'Horace Cardon, le magasin de Moroder où se vendaient en tout temps des chaussures, et, au moment du Jour de l'An, de riches jouets ; la Boucherie Bourbonnaise, qui remplaça Moroder, et qui existe encore ; au second étage, l'imprimerie, où venaient l'aqua-fortiste Barons Tabareau, de l'Académie de Lyon, professeur de Physique à la Faculté des Sciences ; le poète-comptable Alexis Rousset qui fit lithographier dans l'atelier les deux premiers volumes de ses recueils de documents lyonnais ; Paul Saint-Olive, pour qui la veuve Giraud autographia quelques poésies, destinées à ses seuls amis. »


Dans son ouvrage intitulé [i]Recherches sur l'architecture, la sculpture, la peinture, la menuiserie, la feronnerie, etc, dans les maisons du Moyen âge et de la Renaissance à Lyon[/i] , P. Martin consacre une notice à cette maison « remarquable par son architecture, qui la rattache aux temps d’ Henri II, de François II et de Charles IX. Des voûtes contournées sont jetées avec bonheur et avec hardiesse ; les tailles sont en pierre noire polie, malheureusement recouverte d’une couche de badigeon [1854] ; tous les détails en sont soignés, et il est fâcheux que, sur une architecture élégante et riche, on ait élevé un troisième étage, dont les lignes sans goût et sans rapport avec le dessin général font un déplorable contraste… ». P. Martin revient également sur les circonstances de l’acquisition de la Cave d’Ainay par Hugues de la Porte : celle-ci se fit dans un contexte de crise financière de l’Abbaye d’Ainay, dont les revenus étaient réduits, les bâtiments en « ruine pour la plupart », (y compris la Cave d'ailleurs) et grâce à l'insistance de Gaddis.
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