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les Egyptiens de l'antiquité

par terrebleue, le 11/12/2004 à 18:55 - 4816 visites

bonjour,

je n'arrive pas à savoir si les Egyptiens de l'antiquité étaient sémites, ou non. Merci de m'éclairer !
(ce site est absolument épatant, merci et bravo à vous !)

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 13/12/2004 à 16:37

Réponse du Département Civilisation

Les Egyptiens de l’antiquité étaient-ils sémites ?
Quelques pistes de réponse à approfondir

Premier élément de réponse dans l’encyclopédie Universalis au début de l’article intitulé « les sémites » :
[i]« L’adjectif «sémitique» a été forgé par l’orientaliste allemand A. L. Schlözel dans le tome VIII (1781) du Repertorium für biblische und morgenländische Literatur de J. G. Eichhorn, pour désigner des langues dont la parenté était perçue dès le Moyen Âge par les docteurs juifs: l’hébreu, l’araméen et l’arabe. L’appellation était choisie par référence au «tableau des peuples» de la Genèse (X) où Sem, fils de Noé, est donné comme le père d’Abram et l’ascendant d’Eber, éponyme des Hébreux, ainsi que de Yoqtan, ancêtre de diverses populations d’Arabie.
Cela est purement conventionnel, puisque le texte biblique range parmi les descendants de Sem les Élamites et les Lydiens, dont les langues n’étaient pas sémitiques, et, en revanche, fait des Cananéens des enfants de Cham, alors même que l’hébreu est défini ailleurs (Isaïe, XIX, 18) comme la «langue de Canaan». Néanmoins, l’usage s’en est universellement répandu et le terme «Sémites» a été appliqué à tous les peuples parlant ou ayant parlé des langues sémitiques, peuples qui ont joué un grand rôle dans le Proche-Orient asiatique dès l’aube de l’histoire et auxquels le monde actuel est redevable de l’écriture alphabétique et des trois grandes religions monothéistes: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Le critère linguistique est le seul qui permette de définir avec certitude une famille sémitique et de postuler une unité préhistorique des Sémites.
L’hypothèse d’une origine commune des peuples sémitiques est d’autant plus vraisemblable qu’à la différence des Indo-Européens ou des Ouraliens ils ont occupé une aire continue et bien délimitée comprenant la péninsule arabique, la steppe syro-arabe et ce que l’égyptologue américain J. H. Breasted a appelé le «Croissant fertile», à savoir la côte orientale de la Méditerranée depuis le Sinaï jusqu’au Taurus, la Syrie du Nord et la Mésopotamie."[/i]
Vous pouvez poursuivre la lecture de cet article très complet dans cette encyclopédie.

Deuxième élément, dans l’Atlas de l’Egypte ancienne de Bill Manley aux éditions Autrement :
[i]« Si l’égyptien était la langue la plus répandue en Egypte durant l’Antiquité d’autres langues, telles que le perse, le grec, le carien ou l’araméen y furent importées par des envahisseurs ou par des colons. Les diplomates du nouvel empire utilisaient pour leur part l’akkadien, langue babylonienne alors couramment employée au Proche-Orient. Nous ignorons tout des langues libyennes, nubiennes ou bédouines qui étaient connues et sans doute parlées dans certaines parties de l’Egypte. L’égyptien ancien appartient à la famille chamito-sémitique et est apparentée à l’akkadien, l’arabe et l’hébreu, et plus étroitement encore aux langues de l’Afrique du Nord et de l’Est (incluant l’amharique, le haoussa et le touareg). »[/i]

Enfin, dans Au royaume d’Egypte : le temps des rois-dieux de Claire Lalouette

[i]« L’Egypte fut une nation forte et durable.
L’homme est sans doute apparu dans la vallée du Nil à l’âge paléolithique, vers la fin du septième millénaire av. JC. Il semble que cette population primitive ait été constituée par une race chamitique : tribus venues du nord-est de l’Afrique et que la légende tenait pour des descendants de Cham, fils de Noé ; à cette même race appartenait les Gallas et les Somalis fixés au sud-est du pays, et les berbères de Libye. Témoin de cette origine commune, la langue égyptienne comporte un vocabulaire, (quelques centaines de mots) que l’on retrouve dans les langues de ces peuples africains.
Mais dès le quatrième millénaire, cette race primitive subit de profondes transformations à la suite de l’arrivée, dans la vallée du Nil, de tribus sémitiques ; on discute encore pour savoir si cette invasion se produisit par le Nord, à travers la presqu’île du Sinaï, ou par le Sud, c'est-à-dire par la mer Rouge et le désert oriental. Ces populations sémitiques se sont rapidement fondues avec les peuples autochtones. L’apport de ces nouveaux venus semble avoir été dominant : la langue égyptienne, en effet, est essentiellement une langue sémitique par sa syntaxe et l’ensemble de son vocabulaire."[/i]

Plus loin dans le même ouvrage p 294

[i]« L’Egypte est un pays carrefour, à la jonction des terres asiatiques de civilisation sémitique (au nord, au nord-est et à l’est) et des terres africaines (au sud et à l’ouest). La langue égyptienne est le témoin et le résultat de cette double attirance, elle appartient aux groupes de langues dites chamito-sémitiques.
Les rapports avec les langues sémitiques surtout sont nombreux et connus : structure grammaticale identique, vocabulaire commun fréquemment (plus de 300 racines de mots). Cette famille sémitique est extrêmement étendue et diverse ; en fait elle comprend six groupes ayant entre eux d’intimes rapports car ils dérivent tous d’un même ancêtre commun. Le plus ancien est le groupe égyptien dont la langue survit dans le copte, langue des chrétiens d’Egypte, encore utilisée actuellement dans la liturgie. Puis apparaît le groupe assyrio-babylonien, dont les textes sont écrits en caractères cunéiformes et qui n’a pas de descendance actuellement vivante. Le groupe dit cananéen comprend le phénicien, l’hébreu, le moabite, groupe un peu plus récent ; certains textes datent du X° siècle avant notre ère, plusieurs même du XIII° ou du XIV° siècle ; seule la langue hébraïque est encore utilisée. Le groupe araméen, qui comprend notamment le syriaque, possède une littérature religieuse abondante, son rôle fut grand pendant la période chrétienne. Le groupe arabe en pleine vie et dont l’extension est considérable, présente une documentation extrêmement étendue ? Enfin, l’éthiopien ancien est actuellement langue morte, remplacé par le gèze et l’amharique qui en sont les dérivés modernes.
Les relations avec les langues africaines sont moins bien connues[………]
Les diverses études des linguistes permettent de penser que la langue égyptienne comprend un substrat africain (plutôt d’origine libyque) que pénétrèrent et modifièrent de fortes influences sémitiques. La langue égyptienne est vraisemblablement une langue africaine sémitisée. »[/i]


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