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Ethique et entreprise

par delphineq, le 13/12/2004 à 16:18 - 7653 visites

Etique et entreprise, pour quelles raisons selon vous la notion d'étique est elle de plus en plus prise en compte par les entreprises?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_soc, le 14/12/2004 à 16:29

Réponse du Département Société


Votre question pose le problème des rapports entre l’éthique et l’entreprise.
~Bruno Mathon dans un article publié sur le site de France 5 donne une définition de l’éthique dans l'entreprise :
« [i]Au sens large, c'est la prise en compte d'une responsabilité vis à vis de ses employés, de ses clients et de l'environnement. Rien à voir avec la morale. L'éthique est avant tout un comportement, une ouverture sociale qui doit servir à contrebalancer la recherche de profit à tout prix.[/i] »

~Pourquoi la question de l'éthique est-elle devenue aussi importante ?
« [i]Jamais notre capacité à produire des richesses n’a été aussi grande et jamais notre incapacité à mettre cette prospérité au service du mieux-être de tous les hommes n’a été aussi flagrante[/i] » (Jacques Généreux, manifeste pour l’économie humaine, Esprit, juillet 2002).
L’arrivée de l’éthique dans l’entreprise nait de ce paradoxe. Le progrès technologique et la productivité accrues de ces dernières décennies posent la question du sens pour l’homme des progrès accomplis au nom de cette rationalité économique. Cela se traduit par des revendications collectives dans l’entreprise en terme de respect de l’environnement, de responsabilité sociale et de souci éthique.

~Bruno Mathon développe ces 3 axes de l’éthique dans l’entreprise :
« [i]Responsabilité sociale. "Le concept de responsabilité sociale des entreprises signifie que celles-ci décident de leur propre initiative de contribuer à améliorer la société et à rendre plus propre l'environnement". En élaborant son livre vert pour la responsabilité sociale des entreprises (la RSE), la Commission européenne a placé l'éthique au centre du débat. Le règne du profit pour le profit n'a plus de sens, dans une économie qui doit tenir compte des ressources humaines et environnementales. Organisation du travail, égalité des chances, insertion sociale, développement durable...mobiliser les entreprises sur ce terrain, c'est leur faire prendre conscience de leur rôle global.

Des codes éthiques dans les entreprises. Des catastrophes écologiques - comme celle d'Union Carbide à Bhopal en Inde -, ou le scandale des équipementiers sportifs comme Nike ayant eu recours au travail des enfants, ont marqué les esprits. Désormais, les entreprises sont tenues pour responsables des conditions de travail de leurs salariés et de leurs sous-traitants. Des codes éthiques, des chartes sociales ou environnementales apparaissent. Des trophées sont remis, comme celui de l'Ecole des dirigeants et créateurs d'entreprise, "Ethique et gouvernance". Pour l'organisme spécialisé Novethic, la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise s'étend à l'ensemble de ses activités. Six grands critères sont distingués : environnement, ressources humaines, gouvernement d'entreprise, pratiques commerciales, impact local et citoyenneté.

De nouveaux métiers. Responsable du développement durable. Jusqu'ici, seules quelques grandes entreprises en ont nommé. C'est le cas de Monoprix qui a adopté le label "commerce équitable" pour des produits comme le café et le thé, de Peugeot pour l'industrie ou de Sanofi-Synthelabo pour la pharmacie. Moins connus, les déontologues ont pour but de disséquer le "comportement" des entreprises : ils mettent en place des chartes éthiques, traquent les conflits d'intérêts et veillent au respect de l'écologie. Venue des Etats-Unis, la fonction s'est principalement développée dans le secteur bancaire et les sociétés de conseil et d'audit. Leur travail consiste à vérifier si les valeurs de l'entreprise sont respectées, mais ils ne disposent pas de pouvoir de sanction. Dans les entreprises en pointe dans ce domaine, l'approche déontologique participe du management, et les chartes éthiques s'avèrent de véritables outils de gestion[/i].»

Cependant, les dérives persistent et d’aucuns se posent la question de la teneur de cette démarche pour les entreprises.
Didier Heiderich pose la question suivante : « [i]L’entreprise éthique : réponse au déficit d’image ou réalité ? : L ’image des entreprises s’est sérieusement dégradée depuis le début de ce siècle. Dans cette période de transition entre deux mondes qui pousse notre schizophrénie à son paroxysme, l’éthique - avec le développement durable - semble être une valeur certaine, mais est-elle sûre ? Entre éthique et étiquette, le risque communicationnel est réel.
L’éthique est une notion difficile à cerner pour le commun des mortels. Elle relève de notions de bien, de mal, de valeurs souvent individuelles. A l’heure d’Enron, des licenciements destinés à maintenir ou augmenter des bénéfices, des résultats trimestriels, de bouleversements climatiques majeurs, des publicités porno-soft, de la réalisation de l’homo economicus, la partition « entreprise et éthique » ou encore « marketing et éthique » sonne décidément faux. Au delà du manque de lisibilité d’un vocabulaire opaque par nature, il est nécessaire de se souvenir que les individus vivent dans un quotidien fait d’inquiétudes et d’angoisses face à la mutation imposée par la mondialisation. La question reste ainsi posée : quels sont les critères objectifs et percevables qui permettent à une entreprise ou à du marketing de se considérer comme éthique ? Le risque de trop communiquer sur les valeurs est de réduire encore plus l’espace de crédibilité dans lequel les entreprises et les institutions peuvent s’immiscer. A ce jeu dangereux, le citoyen-consommateur risque de devenir rapidement autiste et « la communication durable » prendre de sérieux revers.
C’est une fois de plus au-delà des mots et des images que devrait se situer le sens. A l’heure où se dessine la société « individuelle organisée » (1), chacun, dans son quotidien, ses rapports sociaux, ses espoirs et ses craintes, devra percevoir l’éthique des entreprises comme une réalité pour qu’elle devienne crédible. Sans une réelle réorganisation globale du monde économique fondée sur une éthique acceptable et réalisable pour chacun d’entre nous, le « marketing éthique » restera une étiquette. Cette réorganisation relève de l’utopie ? Oui. C’est pourquoi "l’entreprise éthique" ne semble pouvoir exister et restera simplement « une nouvelle énergie pour le marketing » (2), jusqu’à quand ?
(1) Yann A Gourvennec, http://visionarymarketing.com/fhtmlabs.html
(2) « L'ETHIQUE, UNE NOUVELLE ENERGIE POUR LE MARKETING », Conférence organisée par REPERES, pôle de veille et d'analyse d'EDF R&D, le 24/02/02[/i]
»

Sur le web, vous pouvez consulter les sites suivants :
novethic.fr
place-publique.fr
Cercle éthique
La Tribune
Science Po

Par ailleurs, la Bibliothèque municipale de Lyon possède de nombreux ouvrages sur le sujet et est abonnée à la revue Entreprise éthique .
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