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Villemanzy

par canabae, le 27/05/2010 à 10:12 - 9114 visites

Bonjour,

J'aimerais connaitre l'histoire de l'hopital militaire Villemanzy. Avez-vous des informations à son sujet?

Merci beaucoup

Réponse de canabae

par canabae, le 27/05/2010 à 10:14

Bonjour,

Avez vous des informations concernant le couvent des collinettes, sur les pentes de la Croix Rousse?

Merci beaucoup!

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 28/05/2010 à 16:06

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Bonjour,

Vos questions portant sur le même lieu, nous les avons combinées.

Au mois d’août 1659, le marquis Joachim de Coligny rendit visite aux religieuses de Sainte-Elizabeth à Roanne. La supérieure confia au marquis les charges du couvent, l’insuffisance des revenus et donc de leurs difficultés à subvenir à leurs besoins. Le marquis, voulant consacrer ses biens à Jésus-Christ, proposa de prendre cinq religieuses et de les installer dans son château de Verjon. Ce fut chose faite le 1er septembre.

Le 24 mai 1661, le marquis et la marquise de Coligny firent une donation de 30 000 livres afin de construire un établissement. Après plusieurs tergiversations et suite au décès du marquis en 1664, la marquise persévéra et [i]« en 1665, elle installa les religieuse dans une belle maison qu’elle leur avait achetée sur la balme de Saint-Clair. […] Cette tranquille prospérité dura trois ans »[/i]. Il s’agit de la maison Mamejan qui était situé à dans la montée Saint-Sébastien.

Les missionnaires de Saint-Joseph ont bénéficié de la charité du marquis et de la marquise.
[i]« Se considérant comme plus utiles que les religieuse de Sainte-Elizabeth, qui avaient déjà deux couvents dans la ville, ils voulurent être plus favorisés. Ils essayèrent de faire casser la donation de Mme de Coligny et intentèrent un procès aux religieuses. On obligea les parents à retirer leurs filles qui étaient encore novices, on leur persuada que le roi détruirait cette maison et l’on fit saisir les revenus comme appartenant à la donatrice ; de part et d’autre on publia des factums, l’affaire tournait au scandale. Mais enfin, après trois ans de désarroi, les sœurs du couvent de Bellecour trouvèrent pour la maison naissante des protecteurs au Parlement, qui répondirent et s’engagèrent pour elles, et le 21 août 1671, on obtint un arrêt qui confirmait la donation de Mme de Coligny »[/i].
En hommage à leur bienfaitrice, les religieuses prirent le nom de « Colinette »

Le calme revint et en 1669, la recluserie Saint Sébastien est donné aux Colinettes. La maison suffit au petit nombre de religieuse mais rapidement la communauté s’agrandie et pose un problème de place.
Les religieuses [i]« adressèrent à l’intendant ma requête suivante : Les Dames de Saintes-Elizabeth exposent que la caducité de leur église et de leurs monastère les a obligée de faire faire des projets pour parachever leurs construction qu’elles avaient même commencé à y faire travailler dès 1719, mais que la circonstance des billets de banque leur fit cesser cette entreprise, qu’elles n’ont pu reprendre que depuis quelques années ; elles ajoutent que les bâtiments qu’elles sont actuellement construire sont situés dans l’intérieur du clos qu’elles possèdent dès leur établissement et que pour leur utilité particulière, et elles concluent à ce qu’en vertu de l’art. 12 de l’arrêt du conseil de 21 janvier 1738, les plans qu’elles joignent à leur requête soient parafés par M. l’Intendant. »[/i]
Cette requête fut acceptée, et de 1762 à 1766, des travaux ont eu lieu.
Les Colinettes ont participé à la réalisation d’une partie du réseau des Fantasques. La construction d’un aqueduc souterrain a été consignée dans un rapport d’activité du couvent daté de 1761.

[i]«Révolution
En 1791, le 2 janvier, quand les officiers municipaux se présentèrent aux Colinettes pour proposer aux filles de Sainte-Elisabeth de choisir entre la vie religieuse et la vie séculière, quarante-trois professes constituaient la communauté. Toutes demandèrent à poursuivre la vie commune.
L’abbé Jean Boucharlat, troisième aumônier, continua d’assurer son service aux Colinettes jusqu’aux derniers jours de septembre 1792. il devait être guillotiné aux Terreaux le 12 janvier 1794 comme « fanatique ».
Dans la collection des brefs de vente des biens nationaux passés devant le district de Lyon le numéro 89 concerne la maison, le jardin et la chapelle Saint-Sébastien, provenant des religieuses de Sainte-Elisabeth. Le procès-verbal d’expertise, qui est conservé ne fait pas mention d’une crypte.
Au début d’octobre 1792 nouvelle intervention des représentants du pouvoir auprès des Colinettes pour obtenir prestation du serment constitutionnel.
Elles le refusèrent toutes avec horreur et indignation. En conséquence la force armée les chassa de leurs murs. Ce fut à l’époque des vendanges : la récolte était mûre et prête à ramasser. Leurs persécuteurs en firent leur profit. […] Les religieuses âgées et infirmes pour la plupart, se dispersèrent. Quelques-unes demeurèrent groupées à la campagne, au Vernay, autour de Mère Anastasie de Saint-François leurs supérieure, d’autres vécurent d’aumônes et de travail, d’autres enfin s’abritèrent dans un logis à la Crois-Rousse. Quelques-unes furent emprisonnées »
[/i]
Le monastère se transforma en caserne puis devint l’hôpital Villemanzy.

Sources :
Les anciens couvents de Lyon de l’Abbé Vachet
Le Lyon de nos pères d’Emmanuel Vingtrinier
La revue: le Crocodile de 1943 a consacré un article sur le couvent de Colinettes et à l’hôpital Villemanzy
Site Internet sur les rues de Lyon
Site Internet sur la Croix Rousse

L'hôpital militaire Villemanzy

(…) "En 1859, dans le contexte du conflit avec l’Autriche, l’autorité militaire doit ouvrir sur les pentes de la Croix-Rousse, dans l’ancien couvent des Colinettes devenu une caserne à la Révolution, un second hôpital militaire qui reçoit le nom d’un ancien commissaire des guerres, J.-P. Orrillard de Villemanzy (1751-1830). Jusqu’en 1919, l’hôpital de Villemanzy fonctionne en permanence, avant de n’être ouvert qu’épisodiquement en fonction des circonstances – comme lors de l’épidémie de typhus qui éclate en 1928, à l’occasion de laquelle il reçoit des malades civils –, puis de devenir une annexe de l’Ecole du Service de santé militaire. Pour sa part, l’hôpital de la Nouvelle-Douane devient l’hôpital Desgenettes" (…)
Extrait du Dictionnaire historique de Lyon, notice sur l’Hôpital Desgenettes (page 635).


(…) "C’est aux moines que l’on est redevable de la fondation des hôpitaux militaires (…) Il y a plus de six siècles que les Bénédictins établirent, dans chacun de leurs couvents, une infirmerie pour les militaires malades et l’Etat leur confiait, sous le titre d’oblats, le soin d’assister les invalides incapables, par leurs mutilations, de se suffire à eux-mêmes. Toutes ces fonctions se perpétuèrent jusqu’au jour où Louis XIV érigea, à Paris, le bel hôtel des Invalides. (…)
Après Desgenettes, Villemanzy est le second des hôpitaux militaires établis à Lyon. Chacun de ces hôpitaux a un aumônier particulier. A l’hôpital Desgenettes, est attaché M. l’abbé Giraudier, M. l’abbé Matricon dessert celui des Colinettes."(…)
In : Lyon militaire, par Léopold Niepce,


"Jacques-Pierre Orillard de Villemanzy (1751-1890) fut commissaire ordonnateur, inspecteur aux Revues, chef de la comptabilité au ministère de la guerre. Napoléon le fit comte de l’Empire, officier de la légion d’honneur, membre du Sénat.
A la Restauration, nommé pair de France par les Bourbons, il vota la mort du maréchal Ney et fut fait par la suite grand officier de la Légion d’honneur. Le passé rend indulgent pour le présent". In : Albums du crocodile, 1943, article de Martin Basse cité ci-dessus.

L’ouvrage : Les hôpitaux militaires au XXe siècle consacre un chapitre à l’histoire de l’hôpital militaire Villemanzy. On peut lire que c’est en octobre 1792 que le couvent est transformé en caserne et loge plusieurs bataillons d’infanterie. « L’hôpital est ouvert au début du mois de juillet 1859 et fonctionne au sein de la 8e division militaire en annexe du » grand hôpital » du quai de la Charité ». (l’hôpital Desgenettes était d’abord situé sur les quais). Il est reconnu « en 1865 comme propre au traitement des maladies infectieuses. Il peut alors loger non seulement 386 sous-officiers et soldats, mais aussi 38 infirmiers. De nombreux malades sont admis lors des épidémies de variole de 1868 et 1870. Le conflit franco-prussien de 1870 pérennise l’hôpital des Colinettes.
En 1886, lorsque le général Boulanger, alors ministre de la guerre, décide d’attribuer aux hôpitaux militaires le nom d’un grand personnage, le choix ministériel concernant les Colinettes porte sur l’intendant général Villemanzy.
(…) pendant la Première Guerre mondiale, l’hôpital ne désemplit pas avec poilus et prisonniers allemands sans distinction.
(…) Il redevient hôpital militaire le 24 août 1939 pour les besoins de la seconde Guerre mondiale.
(…) Fin 1945, après le départ des derniers prisonniers, Villemanzy cesse définitivement de fonctionner en tant qu’établissement de soins (….) Des santards de 4e et 5e année y sont encore hébergés depuis la rentrée universitaire de 1969 en attendant de rejoindre la nouvelle école de Bron en juillet 1981.
Cédés à la ville de Lyon, les bâtiments sont aménagés en résidence pour universitaires étrangers et deviennent le Cercle Villemanzy. La terrasse qui domine le Rhône est aménagée en jardin public et l’ancienne villa du médecin chef devient un restaurant panoramique, la Maison Villemanzy. »
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