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maisonS Blanchon

par Papidoulyon, le 31/07/2010 à 12:37 - 4554 visites

Bonjour,

Qui était Blanchon qui a donné son nom à l'immeuble de Bossan sur le quai Fulchiron ? Est-ce le même Blanchon dont le nom est également attribué à un immeuble de la rue Chavannes, conçu par Tony Desjardins. Merci de votre réponse.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 04/08/2010 à 09:56

Bonjour,

La raison la plus probable à l'attribution du nom d'une personne à une maison c'est que celle-là en ait été le propriétaire, ou le commanditaire - contrairement au nom d'une rue qui est souvent baptisée en hommage à une personnalité marquante ayant ou non un rapport avec la rue en question.

Nos recherches dans différents dictionnaires bibliographiques des personnalités lyonnaises nous confirme qu'aucun Blanchon n'a jamais franchis les portes de la postérité à Lyon. Dans les annuaires et indicateurs de l'époque (plus ou moins 1850), on dénombre un certain nombre de Blanchon à Lyon, ce qui tendrait à nous laisser supposer que le patronyme n'était pas suffisamment rare pour garantir, par exemple, un rapport quelconque entre les deux maisons Blanchon que vous évoquez. Ainsi, dans l'[i]Annuaire du département du Rhône pour l'année 1858[/i], il est fait mention d'un Blanchon père, propriétaire, habitant au numéro 7 du quai Fulchiron.

De la maison Blanchon du quai Fulchiron, on apprend dans le dictionnaire Audin et Vial où sont recensés les oeuvres de Bossan qu'elle fut conçue par celui-ci en 1845. Ce qui établit au moins un rapport avec la maison Blanchon de la rue Chavannes, puisque cette dernière fut construite moins de 5 ans plus tard en 1849, d'après le site de l'Inventaire de la ville de Lyon. Notez qu'on y apprend également le nom du commanditaire de l'oeuvre, un certain "Jean-Claude Louis Blanchon, propriétaire demeurant à Sainte-Foye-lès-Lyon" (dans l'annuaire de 1858 déjà cité, un Blanchon (J.-C.-L.), rentier, est signalé au 31 quai Saint-Vincent). On peut sans prendre trop de risque répondre à la seconde partie de votre question en affirmant que les deux maisons Blanchon n'ont pas d'autre rapport que l'homonymie de leur propriétaire.

Quant à savoir qui était le Blanchon du quai Fulchiron, le site carnets de voyage affirme qu'il s'agirait d'André Blanchon, fondateur de la "manufacture" spécialisée dans la fabrication de teintures fines et de colorants pour ateliers de soieries lyonnais :
QUOTE

Début de la première révolution industrielle, André Blanchon fonde la "manufacture" spécialisée dans la fabrication de teintures fines et de colorants pour ateliers de soieries lyonnais. Il fait construire cet immeuble en 1845.

Information que nous n'avons malheureusement pas pu confirmer ; ce nom n'apparait pas, par exemple, dans la partie dédiée à la teinture dans la soierie lyonnaise du livre de Laferrère, [i]Lyon ville industrielle[/i], ni dans les ouvrages traitant des dynasties industrielles lyonnaises. L'entreprise Blanchon existant toujours, peut-être est-il possible de s'adresser directement à elle au cas où elle aurait conservé des archives ?

Enfin, à propos de la maison Blanchon conçu par Tony Desjardins, on peut lire dans la Revue du Lyonnais ces quelques réflexions à propos de son architecture, qui ne manqueront pas de vous distraire si le sujet vous intéresse :
QUOTE

Voici assurément un exemple dont il ne faut pas abuser. --
C'est M. Desjardins, l'un de nos plus habiles dessinateurs parmi
les architectes lyonnais, c'est M. Desjardins qui l'a donné. -- Le
grand point, ici, était de concilier, à l'intérieur, le style du moyen-
âge avec les besoins modernes, et, à l'extérieur, de développer
ce charme oculaire qui constitue le pittoresque. M. Desjardins
s'est habilement tiré des difficultés sans nombre qui semblaient
devoir intimider son courage et faire chanceler son oeuvre.
Le plus grand défaut qui la dépare, résulte de la hauteur
excessive de l'édifice. Si la maison Blanchon avait deux étages
de moins, elle serait beaucoup plus sage et beaucoup plus vraie,
comme reproduction d'architecture historique. -- Comment !
même dans le gothique qui n'admettait l'élévation que pour les
donjons et les clochers, les cathédrales et les maisons commu-
nales ou consulaires, mais ne la coupait point de petits étages,
superposés,vous voulez que, dans la demeure lyonnaise, l'homme
perde son temps et use sa vie à monter et à descendre des esca-
liers ! mais c'est là le mauvais côté du goût lyonnais : ici, la
maison, de quelque type qu'elle soit, n'est jamais harmonieuse, ne
présente jamais les proportions convenables de hauteur par rap-
port à la largeur. Tout monument, tout édifice qui n'a pas été
fait à l'échelle de la stature moyenne de l'homme est faux. --
Voilà pourquoi Saint-Pierre de Rome jette le trouble dans toutes
les idées qu'on a sur les dimensions et les rapports architectoni-
ques. Tout édifice où il n'y a pas de parties lisses est faux en-
core, essentiellement faux. Qu'on daigne ne jamais oublier ces
maximes.
   L'ordonnateur des travaux exécutés sous la direction de M. Des-
jardins, sans doute, aura voulu que sa maison montât ainsi
au ciel, mais avait-il exigé qu'elle fût gothique ? Je demanderai
à M. Desjardins où il a trouvé l'exemple de certains ornements
de la renaissance libre, associés à ses profils généralement imi-
tés de ceux du XVe siècle.
  Ce bâtiment, après tout, tel qu'il est, prouve toute la sou-
plesse de l'art lyonnais, toutes les ressources de nos architectes,
toute la conscience et l'habileté de nos ouvriers. Le moyen-âge
ne coupait pas la pierre avec plus d'art qu'on ne le fait aujour-
d'hui dans cette grande cité de Lyon. M. Desjardins a ouvert
avec assez de bonheur une voie où, je le répète, je n'engage
personne à le suivre. Ce qu'il fallait à la place de cette maison
Blanchon, c'était l'espace et le vide. Mais l'occupation du sol dé-
cidée en principe, un édifice plus classique, faisant contraste
avec la façade de Saint-Nizier, eût contribué à faire ressortir la ba-
silique, tandis que l'immense demeure de M. Desjardins, écrase
le monument religieux. Vous avez cru développer l'harmonie,
vous avez confisqué et absorbé une église, pour les yeux. En fait
de gothique, encore un coup, bornons-nous à l'exalter comme
gloire, à l'honorer, à le conserver, à le continuer là où il est,
c'est-à-dire dans les édifices authentiques du moyen-âge ; mais
ne l'improvisons pas.
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