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HISTOIRE DE L'ART

par quentin007, le 15/12/2010 à 11:35 - 21577 visites

bonjour
je recherche des renseignements sur : "LES MONTRES MOLLES" de Salvador DALI.
Ayant une épreuve HISTOIRE DE L'ART pour le brevet des collèges
Je n'ai jamais eu de cours sur l'histoire de l'art depuis ma scolarité.
J'ai diverses bibliothèques et ne trouve rien.
C

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 17/12/2010 à 17:11

Réponse du département Arts et Loisirs

Les notions de mou et de dur apparaissent comme des constantes dans l’œuvre de Dalí, comme le relève la présentation de l’artiste par l’Espace Dalí, à Montmartre :
« Dalí utilise ces symboles de manière à rendre plus prégnant le message de sa peinture. Le contraste d’une enveloppe dure et d’un intérieur mou est au cœur de sa pensée et de son art. Ce contraste extérieur/intérieur (dur/mou) s’accorde avec la conception psychologique selon laquelle les individus se fabriquent des défenses (dures), tout autour de la psyché vulnérable (souple). Dalí connaissait très bien l’œuvre de Freud et de ses disciples, même si son iconographie ne dérive absolument pas de la pensée psychanalytique… »
« … Dalí a souvent dit, "la matérialisation de la flexibilité du temps et de l’indivisibilité de l’espace… C’est un fluide." La mollesse inattendue de la montre représente aussi l’aspect psychologique par lequel la vitesse du temps, quoique précise dans sa définition scientifique, peut grandement varier dans sa perception humaine. L’idée lui vint après un repas alors qu’il contemplait les restes d’un camembert coulant. Il décida alors de peindre sur le paysage qui lui servait de toile de fond deux montres molles dont l’une pendait lamentablement à la branche d’un olivier… »
« … Dans ses tableaux, les pains ont le plus souvent, un aspect « dur » et phallique, opposé au « mou » des montres. »

Salvador Dalí donne lui-même une définition des montres molles, reprise dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme / Breton, Eluard :
MONTRE – « Montres molles : ne sont rien autre que le camembert paranoïaque-critique, tendre, extravagant et solitaire du temps et de l’espace. »

Le Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs possède une entrée à Montres molles :
« Mythe figuratif créé par Dalí dans plusieurs de ses oeuvres. « J’étais mou, lâche et rébarbatif ». Le paradis intra-utérin demeure dans son souvenir « mou, immobile, chaud, symétrique, double et gluant ». De la conjugaison de ces deux déterminations, une « esthétique du mou » pouvait dès lors s’imposer. En 1931 le motif des montres molles, dans " Persistance de la mémoire ", vient développer le thème du ramollissement présent dès 1928 ( " Baigneuse " ), mais dont le registre atteint très vite, outre le corps humain et ses appendices intumescents, les instruments de musique comme les aliments. Les « montres molles » ne sont en fait, écrit S. Dalí (la conquête de l’irrationnel) que le « camembert paranoïaque-critique, tendre, extravagant et solitaire du temps et de l’espace ». Mise en abîme dès 1932, la montre molle a un itinéraire singulier et trouve son apogée avec " Le chromosome d’œil de poisson très coloré entamant la désintégration de la persistance de la mémoire " (1952-1954), où l’on assiste à la transgression du motif original par le biais du surgissement d’une nouvelle problématique : celle de la désintégration ou de l’explosion… »

Dans le livre très instructif - rattachant les œuvres à la biographie de l’artiste -, Salvador Dalí, 1904-1989 : l'oeuvre peint / Robert Descharnes, Gilles Néret, qui contient l’intégralité des peintures reconnues de Dalí, on voit la première apparition des montres molles dans le tableau de 1931 intitulé " Persistance de la mémoire " (il existe cependant une représentation d’une horloge molle dans le tableau " Ossification prématurée d’une gare de1930 ", reproduit p. 162) :
« De la même époque datent les célébrissimes montres molles, cette " Persistance de la mémoire "(p. 163) qui illustre la théorie du « dur » et du « mou », chère à Dali. Le « dur », ce sont, par exemple, ces rochers du cap Creus, que l’on voit figurer au fond du tableau, et qui sont représentés à l’endroit exact où les Pyrénées viennent mourir dans la mer… »
« …Pour le « mou », opposé au « dur » quelle meilleure illustration que l’histoire des « montres molles » qui est aussi celle du personnage de Dali : « Gala, au lieu de m’endurcir comme la vie aurait pu le faire, me construisit une coquille de bernard-l’hermite, si bien que dans mes rapports extérieurs je passais pour une forteresse, tandis qu’à l’intérieur je continuais de vieillir dans le mou, le super-mou. Et le jour où je décidai de peindre des montres, je les peignis molles. Cela se passa un soir de fatigue. J’avais une migraine, malaise extrêmement rare chez moi. Nous devions aller au cinéma avec des amis et au dernier moment je décidai de rester à la maison. Gala sortirait avec eux et moi je me coucherais tôt. Nous avions terminé notre dîner avec un excellent camembert et, lorsque je fus seul, je restai un moment accoudé à la table, réfléchissant aux problèmes posés par le « super-mou » de ce fromage coulant. Je me levai et me rendis dans mon atelier pour donner, selon mon habitude, un dernier coup d’œil à mon travail. Le tableau que j’étais en tain de peindre représentait un paysage des environs de Port Lligat dont les rochers semblaient éclairés par une lumière transparente de fin de jour. Au premier plan,
j’avais esquissé un olivier coupé et sans feuilles. Ce paysage devait servir de toile de fond à quelque idée, mais laquelle ? Il me fallait une image surprenante et je ne la trouvais pas. J’allais éteindre la lumière et sortir, lorsque je « vis » littéralement la solution : deux montres molles dont l’une pendrait lamentablement à la branche de l’olivier… »


La présence de montres molles se retrouvera à plusieurs moments dans l’oeuvre de Dalí :

« Le rêve de Vénus » en 1939
« Désintégration de la persistance de la mémoire », 1952-1954.
« Montre molle au moment de sa première explosion », 1954.
« Esquisse pour « Montre molle explosant en 888 morceaux après vingt ans de complète immobilité », 1954.
Tableaux qui s’inscrivent dans la période ou Dalí montre un intérêt prononcé pour les conceptions physiques de l’univers : « A l’époque surréaliste, je voulais créer l’iconographie du monde intérieur – le monde du merveilleux, de mon père Freud. Je suis parvenu à le faire. Aujourd’hui, le monde extérieur – celui de la physique – a transcendé celui de la psychologie. Aujourd’hui, mon père est le Dr Heisenberg…»
« …Depuis que la théorie de la relativité a substitué le sustratum d’univers à l’éther, détrônant et ramenant ainsi le temps à son rôle relatif que déjà lui accorda Héraclite quand il dit que « le temps est un enfant », et aussi Dalí quand il peignit ses fameuses « montres molles », depuis que l’univers tout entier semble rempli de cette substance inconnue et délirante, depuis l’équivalence explosive masse-énergie, tous ceux qui pensent, en dehors de l’inertie marxiste, savent que c’est aux métaphysiciens à « travailler précisément la question » de la substance ! »
« Chevauchée céleste », 1957.
« Autoportrait macrophotographique avec apparition de Gala en religieuse espagnole », 1962.
« Cuant cau cau », 1972-1973.

De nombreux commentaires existent sur Internet que vous pouvez retrouver à l’aide du moteur de recherche Google à partir de la recherche « montres molles dali analyse »

Dont celui de Wikipédia « La Persistance de la mémoire»

Nous avons repéré notamment l’étude très complète rédigée par Anna Otero, Centre d’Estudis Dalinians « La persistance de la mémoire : histoire d’un tableau» :
« …il est évident que Dalí évoque ici l’une des préoccupations les plus artificielles et abstraites inventées par l’homme : l’obsession de contrôler le temps par les heures que marque la montre… Dalí déforme les instruments même qui doivent nous informer sur le temps et il en annule la fonction. Toutes les montres marquent une heure différente et la seule qui maintient sa rigidité initiale est peinte retournée sur l’envers et infestée de fourmis… Dalí revendique l’absence de temps, par laquelle nous goûtons bien davantage à sa présence éternelle. Il juxtapose avec élégance l’infini d’une scène comme le paysage, avec des objets qui nous rappellent à chaque instant la fugacité des instants et des choses ; tout est éphémère et fuyant. C’est cette volonté de demeurer dans l’hier et de se souvenir d’un passé sans contrôle du temps qui finit par donner son titre au tableau : " La persistance de la mémoire "…. »
« … " La persistance de la mémoire " a suscité un grand intérêt entre les psychanalystes newyorkais bien qu’il n’y ait pas unanimité sur les conclusions. Pour l’un d’entre eux la texture molle des montres exprimait l’impuissance. Un autre a jugé que c’était une excellente représentation de puissance, puisque le temps, symbolisé par les montres, désignait un pouvoir capable de se transformer en toute chose, même en selles sur lesquelles on peut monter pour chevaucher vers la victoire en direction des lointaines montagnes… »

Dans l’ouvrage L'ABCdaire de Dali / Alyse Gaultier, l’auteur se lance dans l’interprétation suivante :
« … L’opposition entre les rochers durs et les personnages ou les éléments mous évoquent des problématiques personnelles au peintre, à savoir la cohabitation dans son imaginaire de sa mère (molle) cédant à tous ses désirs et de son père autoritaire (dur), son angoisse de la castration et la dualité de son personnage social et intime. A partir de celles-ci, Dalí a élaboré une allégorie sur l’aspect psychologique du temps. Face au rêve et à l’inconscient, les horloges n’ont plus d’utilité, et le gousset « avarié » est recouvert d’insectes. Or dans la vie, figurée autour du dormeur, ce n’est pas différent, le rêve persiste dans le fonctionnement psychique d’un individu. Ainsi pour l’artiste, la mémoire, réserve de nos souvenirs inconscients, a plus de pouvoir sur le monde conscient que les objets industriels et mécaniques. Moins novatrice, Désintégration de la persistance de la mémoire (1954) indiquait clairement le revirement effectué par Dalí qui louait désormais le primat de la vérité des sciences sur celle du psychisme… »

Autre influence qui a pu inspirer à Dalí d’inscrire la mollesse dans une forme dure : l’art nouveau.
« …Le style nouille, parvient en effet à sculpter des éléments inscrutables telle que « l’eau », « la fumée », « la chevelure de ces femmes » et crée les « premières maisons comestible. Dalí est plus particulièrement séduit par les édifices gothico-méditerranéens construits par Gaudí… »

Enfin le catalogue des œuvres du MoMA, MoMA highlights : 350 oeuvres du Museum of modern art, New York, délivre ce commentaire sur le tableau "La persistance de la mémoire" de 1931 :
« Le tableau " La persistance de la mémoire " est bien nommé, car la scène est ineffaçablement mémorable. Curieusement, tous les objets se ramollissent dans ce paysage surnaturel, et le métal attire les fourmis comme une chair en putréfaction. Maîtrisant ce qu’il appelait « les coups généralement médusants de l’œil en goguette »,
Dalí peignait avec ce qu’il nommait « une fureur de précision des plus impérialistes », mais seulement, ajoutait-il, « pour systématiser la confusion et arriver ainsi à discréditer entièrement le monde de la réalité ». Ambition surréaliste très classique, ce qui n’empêche pas l’intrusion d’une réalité littérale : les falaises dorées de la lointaine Catalogne, terre natale de Dalí.
Ces montres sont aussi molles qu’un fromage bien fait… Elles apparaissent, en effet, comme de véritables « camemberts du temps », selon les propres mots du peintres. Ici, le temps doit perdre toute idée de sens. La durée disparaît aussi : les fourmis, thème récurrent dans l’œuvre de Dalí, représentent la décrépitude, surtout quand elles attaquent une montre en or et prennent un aspect organique grotesque. La créature monstrueuse, comme drapée, au centre du tableau est à la fois étrangère et familière : une représentation approximative du visage de Dalí, de profil, avec ses longs cils qui ressemblent étrangement à quelque insecte, ou qui ont quelque chose de sexuel, tout comme ce qui est, ou ce qui n’est pas, une langue descendant du nez, tel un gros escargot.
L’année précédant la réalisation de cette toile, l’artiste formula sa « méthode paranoïaque-critique », cultivant les auto-hallucinations psychotiques pour faire de l’art. « La différence entre un fou et moi, disait-il, c’est que je ne suis pas fou. »

La Persistance de la mémoire (1931)

Réponse de quentin007

par quentin007, le 21/12/2010 à 15:48

QUELLES SONT LES DIFFERENTES COULEURS QUI COMPOSENT LE TABLEAU , LES COULEURS FORMENT ELLE UN CONTRASTE

MERCI


Réponse de

par gds_bp, le 22/12/2010 à 12:37

Réponse du service Guichet du Savoir

Les ouvrages consacrés à Dali et à ses "montres molles", ne font pas de commentaires particuliers sur les couleurs utilisées par l'artiste.
Nous ne pouvons donc, comme vous, que constater que les couleurs employées sont : le bleu, le jaune, le marron, etc.

Quant à savoir si elles forment contraste, intéressons-nous au sens du mot contraste, à l'aide de nos dictionnaires.

Le petit Larousse :
Opposition entre deux choses qui sont mises en valeur par leur juxtaposition.

Dictionnaire historique de la langue française :
L'usage moderne du mot, peut-être sous l'influence de sa spécialisation en optique au XIXe siècle, semble plutôt privilégier une opposition de nature chromatique ou lumineuse.

Le grand Robert de la langue française :
1/opposition (de deux choses dont l'une fait ressortir l'autre)
2/(optique) Contraste des couleurs, dû au rapprochement d'objets colorés différemment.

On peut dire que la couleur sombre, presque noire, du premier plan contraste avec l'arrière-plan où la mer est représentée avec un bleu très pâle et une partie du ciel en jaune très clair.

Voici, pour terminer, la théorie qu'un peintre a établi sur les contrastes de couleurs, présentée par différents sites :

- pedagogie2.ac-reunion.fr
- paintcafe.com
- web-3000.com

Réponse de quentin007

par quentin007, le 22/12/2010 à 15:56

la technique utilise pour ce tabeau etais la quelle

je sais que s'etais une peinture à l’huile

merci

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 23/12/2010 à 09:44

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,

Pour répondre à votre question, nous commencerons par définir ce que l’on entend par technique puis par peinture à l’huile.

La technique
[i]Il existe une technique de la peinture, dans la mesure où l'on utilise certains types de matériaux associés dans un rapport exact d'interdépendance. L'expression « technique de la peinture » peut néanmoins prêter à confusion, car elle désigne à la fois la pratique des matériaux utilisés et le faire de l'artiste – expression matérielle propre à sa création. Par exemple, la technique de Rembrandt ne se limite pas au simple maniement de couleurs broyées à l'huile et posées sur un support correspondant.[/i]
Source : Encyclopedia Universalis (disponible depuis une bibliothèque du réseau BML)

Les techniques à l'huile
[i]À partir du xve siècle, on a préféré l'huile à toutes les recettes antérieures. Cette technique, en effet, répondait mieux aux nouvelles conceptions picturales et elle permettait d'associer d'une manière plus « douce » deux tonalités voisines, surtout dans le cas des effets de clair-obscur. Cette « fusion » entre couleurs participait aussi à cette unité spatiale que de nombreux peintres recherchaient.
Les frères Van Eyck en furent, dit-on, les inventeurs, si l'on s'en rapporte à une légende tenace, dont Vasari – entre autres – s'est fait l'écho. Il s'agit, en fait, d'un nouveau procédé de peinture à l'huile ; car il y avait déjà longtemps qu'on utilisait l'huile en peinture, mais en la mélangeant à d'autres ingrédients, surtout pour en faire du vernis de protection. Elle séchait trop lentement et, sans doute aussi, son emploi répondait-il mal aux anciennes conceptions picturales, parce que l'on ne savait sans doute pas quel effet tirer de la translucidité.
Il semble que tout ait changé à partir du moment où l'on a pu combiner l'huile cuite avec un diluant plus fluide : eau d'abord, en émulsion avec l'œuf, puis une essence volatile. Ainsi a-t-on réussi à se rendre maître d'un procédé qui apportait à la peinture une dimension nouvelle, grâce aux effets désormais possibles de superposition translucide, de richesse de la matière. …[/i]

La technique de Salvador Dali
Pour Salvador Dali, il apparaît que ce dernier revendiquait une [i]technique très classique, restant fidèle à la peinture à l'huile pour la quasi-totalité de son œuvre peinte. Le travail est presque toujours très minutieux, avec des dessins préparatoires très soignés et une exécution méticuleuse, souvent à la loupe[/i].
Source : Wikipedia

Enfin, nous insistons sur le fait que si vous souhaitez comprendre l'oeuvre de Salvador Dali, il faut vous reporter aux ouvarges que nous vous avions suggérés.
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