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Accueil > Insolites > Epouses de souverains condamnées à mort

Epouses de souverains condamnées à mort

par Van056, le 21/12/2011 à 22:46 - 1711 visites

Bonsoir,

En regardant un téléfilm, Rani, sur France 2, j'ai entendu parler d'une tradition qui voulait que les épouses du maharadjah, en dehors de la mère du prince héritier, soient jetées dans le bûcher de leur mari lors du décès de ce dernier.
Est-ce que c'est inventé de toute pièce, totalement ou partiellement vrai ?
J'avais déjà entendu parler de coutumes semblables dans l'Egypte ancienne (la femme d'un noble, ou peut-être la femme du pharaon était emmurée vivante dans son tombeau), mythe ou réalité ?

Voilà donc ma question: ces 2 coutumes étaient-elles réelles, et généralisées ? D'autres cultures, au cours de l'histoire mondiale, ont-elles eu recours à cette barbarie ?

Merci

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 22/12/2011 à 12:54

Bonjour,

Ce rite funéraire a bel et bien existé ! Voici deux ouvrages qui présentent cette tradition et ses origines :

- Cendres d'immortalité : la crémation des veuves en Inde / Catherine Weinberger-Thomas
La tradition indienne les exalte. On les appelle les satîs : elles se brûlent vives sur le bûcher funéraire de leur mari. De Strabon à Jules Verne, aucun rite indien n’a autant fasciné les étrangers. Mais de quoi s’agit-il ? Que se passe-t-il lorsque la satî, parée comme au jour de ses noces, s’apprête à célébrer un mariage de cendres ? Suivant son mari jusque dans la mort, l’épouse vertueuse veut-elle offrir en spectacle rituel sa fidélité absolue, le sacrifice de soi comme preuve de son amour inconditionnel ? Renonçant au monde des apparences et à une forme illusoire du Soi, la satî aspire-t-elle à l’immortalité gagnée par la mort volontaire ? Par quelles voies l’amour conjugal croise-t-il ainsi sa destinée avec la mort volontaire ? et faut-il parler ici d’un sacrifice, d’un suicide ou d’un meurtre ?
Depuis la fin du XVIIIe siècle, la crémation des veuves est au centre d’un débat juridique et religieux qui déchaîne les passions en Grande-Bretagne et en Inde. L’ancienne puissance coloniale avait interdit « l’exécrable coutume » en 1829, sans parvenir à l’abolir complètement. Le tollé provoqué par l’immolation de Rup Kanvar, à Deorala, au Rajasthan, en septembre 1987, donne la mesure des contradictions politico-religieuses que connaît l’inde démocratique en cette fin de XXe siècle.
Parce qu’elle a mené ses enquêtes sur le terrain, au cours de missions répétées en inde entre 1978 et 1993, Catherine Weinberger-Thomas permet de comprendre ce que fut et demeure jusqu’au aujourd’hui un système de croyances, ce que peut signifier le symbolisme religieux, social et politique des satîs, ces veuves sanctifiées par les flammes d’un bûcher d’immortalité.


- Cérémonies funéraires et postfunéraires en Inde : la tradition derrière le rites / Marcelle Saindon
Parler des cérémonies funéraires pratiquées en Inde de nos jours peut paraître relativement simple. Mais derrière la description des rites observables se cache le poids d'une longue et riche tradition, même si les acteurs modernes de la scène n'en sont plus toujours très conscients, même si la répétition des gestes, génération après génération, leur en a fait un peu perdre de vue les motifs. Et parler de tradition en Inde, cela signifie devoir souvent remonter à un passé très lointain. Cela implique aussi la prise en compte des inter-relations constantes entre rites, mythes et croyances, ainsi que des particularismes engendrés par les groupes divers et par les situations régionales. Tout l'intérêt réside dans l'exploration de la toile de fond ou du fond de scène, dans le regard posé derrière les gestes rituels, peut-être mécaniques, pour dégager les ficelles qui les relient à la tradition, à l'histoire de l'Inde. Scruter cette toile de fond à l'aide des textes sanscrits pour jeter la lumière sur un rituel toujours bien vivant, voilà le but de ce livre. La crémation est nécessaire pour préparer le défunt à son grand voyage, mais elle est insuffisante pour garantir son intégration dans le monde de l'au-delà. Après lui avoir assuré les rites funéraires, il faut voir à ses conditions d'existence dans le monde invisible. Il est du devoir des fils et des descendants de veiller avec vigilance au bien-être des défunts et de leur fournir les rites nécessaires à leur intégration parmi les ancêtres de la lignée. La crémation doit donc être complétée et parachevée par le rituel postfunéraire ou le culte des ancêtres appelé shrâddha. Ce second volet indispensable au rituel funéraire est très riche dans son système de représentations, dans sa complexité, dans sa façon de concevoir le lien entre les vivants et les morts. Ces rituels, à peu près inconnus à l'extérieur de l'Inde, sont ici exposés à la lumière des recherches les plus récentes.

Ce dernier ouvrage indique qu'il s'agit d'un rituel très ancien. Il est nourri d'une longue tradition, et les propos des deux premiers chapitres de ce livre veulent essayer de faire voir, d'une part, comment il est l'héritier du sacrifice ancien, le sacrifique védique et, d'autre part, comment il est l'aboutissement d'une série de rites dont le but est le perfectionnement de l'individu. [...]
Le védisme, ou la religion du Veda, désigne la religion indienne sous sa forme la plus ancienne qui soit attestée par des textes. C'est la forme primitive de l'hindouisme.

Nous n'avons pas trouvé trace de récits relatant l'emmurement des épouses égyptiennes.
Peut-être pouvez-vous consulter cet ouvrage : La mort n'est pas une fin : pratiques funéraires en Egypte d'Alexandre à Cléopâtre.

Par contre, les vestales romaines, prêtresses de la Rome antique dédiées à Vesta, qui étaient tenues de rester vierges pouvaient être emmurées vivantes en cas de désobéissance.

L'ouvrage intitulé "Les hommes et la mort : rituels funéraires à travers le monde" rassemble différents travaux sur les rituels funéraires. Certains usent de la crémation mais des corps morts et non vivants...
Vous pouvez approfondir le sujet en explorant cette bibliographie.
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