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Colonne brisée de Frida Kahlo

par ShmiZ, le 01/05/2012 à 13:14 - 13891 visites

Bonjour.
Voilà, je prépare un histoire des arts et j'aimerai récolter un maximum d'information sur le tableau "colonne brisée" de Frida Kahlo.
Si vous pouviez m'indiquer les noms des artistes mexicains qui lui sont contemporains et leurs courants artistiques, ainsi que n'importe quel autre qu'elle aurait rencontrés hormis son mari.
J'aimerai aussi avoir des références à des articles, revues, livres...
Car j'aimerai aussi avoir des avis surs sur la symbolique de l'oeuvre car j'ai trouvé un certain nombre d'informations mais elles sont parfois controversées.
Merci beaucoup.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 04/05/2012 à 15:11

Réponse du Département Arts & Loisirs

A 20 ans Frida Kahlo plonge dans le milieu artistique et la lutte communiste, entraînée par son ami et leader étudiant German de Campo. Elle admire un jeune couple incarnant l’union de l’art et de la politique Tina Modotti (photographe-reporter, compagne et assistante du photographe américain Edward Weston) et son amant Julio Antonio Mella, romantique révolutionnaire cubain. C’est d’ailleurs chez Tina Modotti qu’elle rencontrera Diego Rivera.
En 1938, Diego Rivera pousse Frida Kahlo à participer à une exposition collective qui est l’occasion pour elle de réaliser sa première vente et de gagner en autonomie. C’est aussi l’occasion de rencontrer l’écrivain surréaliste André Breton enthousiaste pour son œuvre et sa femme Jacqueline Breton, elle-même artiste.
Exposant à l’invitation du galeriste new-yorkais Julien Levy elle rencontre le succès et l’attention des critiques. Elle se lie au galeriste Julien Levy mais aussi au photographe portraitiste d’origine hongroise Nickolas Muray.
Invitée à Paris par André Breton elle rencontre les surréalistes et enthousiasme Marcel Duchamp (qu’elle apprécie particulièrement), Paul Eluard, Max Ernst, Yves Tanguy, Juan Miro, Kandinsky, Picasso.
Au Mexique elle participe à de nombreuses expositions collectives mais on ne trouve pas trace de lien avec des artistes particuliers (hors Diego Rivera et les peintres muralistes).
Par contre, enseignant à partir de 1943 à l’Ecole de peinture et de sculpture du ministère de l’Education publique où elle est nommée professeur aux côtés d’artistes aussi prestigieux que Diego Rivera, Maria Izquierdo ou le poète français Benjamin Perret , elle est un professeur peu académique et appréciée de ses élèves et disciples dénommés « los Fridos » qui s’organisèrent plus tard en groupement des « Jeunes artistes Révolutionnaires » dont l’idéal était de mettre l’art à la portée du peuple.

En ce qui concerne l’état de santé de Frida Kahlo, vous avez dû lire qu’elle fût atteinte de la poliomyélite à 6 ans puis victime d’un très grave accident de la circulation le 17 septembre 1925 et est grièvement blessée (fractures multiples dont la colonne vertébrale), accident dont les conséquences la marqueront sa vie entière.
En 1944, elle ne peut plus se tenir debout ni assise et il lui est prescrit le port d’un corset d’acier ainsi que le repos. Elle souffre énormément.
« L’instrument de torture est très précisément représenté dans la Colonne brisée (1944) où douleur et érotisme équilibrent exactement la représentation du corps nu d’une Frida en pleurs. Cet étrange équilibre et la beauté parfaite qui en résulte, source aussi de jouissance pour le spectateur, ne laissent pas de nous interroger –au-delà d’un ressenti qui ne trouve de nom que dans sa culture d’origine : la « Schermerzlust »allemande ou « le plaisir dans la douleur », comme dans l’éducation catholique latine reçue de sa mère-, sur l’exploitation que Frida pouvait faire de ses maux physiques ».
La toile représente « sur un fond de terre craquelée par un séisme, le corps de Frida Kahlo dans un vide total. Elle regarde droit devant elle comme pour contraindre le spectateur à affronter sa souffrance. Elle expose ses blessures, tel un martyr chrétien
».
Ce même thème, illustrant sa douleur et s’inspirant de son journal médical, se retrouve dans ses œuvres « Sans espoir » (1945), « Le cerf blessé » ou « Le Petit cerf » (1946) et « Arbre de l’espérance, tiens droit »(1946).
Elle disait « Ma peinture porte en elle le message de la douleur », phrase qui résume bien la totale imbrication de la souffrance dans l’œuvre de l’artiste.
Source : l’ouvrage synthétique de Christina Burrus : Frida Kahlo « je peins ma réalité »

Dans son ouvrage « Frida Kahlo », voici un extrait de l’analyse que fait Helga Prignitz-Polda de la toile « La Colonne brisée » :
« Dans son splendide isolement, elle dévoile le conflit qu’elle entretient avec son être intime, le plus difficile de tous ceux auxquels elle a dû faire face. « La Colonne brisée » est son état des lieux personnels et précis, la traduction en images des trois évènements de sa vie qui l’on t profondément blessée et bouleversée. Il y a d’abord cette colonne qui doit lui servir de soutien et qui s’est brisée sur toute sa hauteur. Elle est de style ionique, un ordre que, en raison de la fragilité gracieuse du chapiteau, on interprète classiquement comme féminin. En tant qu’élément « antique », la colonne renvoie à une blessure ancienne qui remonte à l’enfance ainsi que l’indique le chapiteau. La colonne vertébrale, c’est aussi l’échine qu’il convient de ne pas courber pour être un individu à part entière.
La seconde blessure qu’évoque ce tableau fait référence à l’accident d’autobus dont elle fût victime en 1925 et le corset qu’elle fût contrainte de porter. Son corps sera contraint dans d’incroyables appareillages, l’un d’eux peut correspondre au modèle représenté.
La troisième blessure a trait aux tortures que lui inflige Diego Rivera avec ses aventures et son infidélité. Les clous qui percent son corps fait référence à l’expression populaire mexicaine « estar clavada », être cloué, être trompé.
Tout ce qui reste à Frida est ce morceau de tissu qui cache son bas ventre, corps dissimulé par pudeur mais aussi par honte. Une interprétation communément répandue fait comparer l’attitude de Frida avec celle de Saint Sébastien attaché à une colonne ou à un arbre, et transpercé de flêches.
Ce personnage féminin à demi nu devrait plutôt être assimilé aux statues représentant la divinité indienne Parvati et son aspect terrifiant Kali. Les déesses questions ont les mêmes seins parfaits, elles ont cet air fier et empreint de noblesse, elles portent un pagne et des cordelettes autour du corps qui sont en fait leurs bandelettes de prière.
Les cheveux dénoués rappellent « Diego et moi », tableau dans lequel F Kahlo se présente aussi sous les traits de Kali. Fière en apparence pour dissimuler ses souffrances intérieures, impassible malgré les larmes qu’elle verse. »
Concluant avec l’extrait de son « Journal » : « Attendre avec l’angoisse contenue, la colonne brisée, et le regard profond, sans marcher sur le grand chemin... Bougeant ma vie d’acier… »


Vous pouvez vous rendre sur le site de l’académie Nancy-Metz où vous trouverez (page 25) un dossier relatif à Frida Kahlo et à l’analyse de son œuvre, en vous rendant à cette adresse http://www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/C ... %203e2.pdf

Liste sélective d’autres documents à consulter à la BM de Lyon :

Des livres :
Frida Kahlo, autoportrait d'une femme de Rauda Jamis
Frida Zamora de Martha Zamora
Frida Kahlo : au-delà du miroir de Gerry Souter
Diego Rivera-Frida Kahlo : regards croisés

Des DVD :
Le DVD Frida Kahlo : entre l'extase et la douleur de Ana Vivas et Rodrigo Castaño
Le DVD Frida de Julie Taymor

Des articles de périodiques consultables à la BM de Lyon Part Dieu:
Beaux Arts magazine, n° 166, mars 1998, consultable à la BM de Lyon Part Dieu cote 953 914, article de Bernard Noel pages 60-69 (Résumé : La Fondation Gianadda (Suisse) réunit les oeuvres du couple célèbre Frida Kahlo (1907-1954) et Diego Rivera (1886-1957) qui peignirent chacun de leur côté et n'exposèrent jamais ensemble)
Connaissance des arts, n°547, février 1998, consultable à la BM de Lyon Part Dieu cote 950 687, article de Philippe Jodidio, pages 97-103, (résumé : La Fondation Gianadda de Martigny (Suisse) organise pour la première fois une exposition conjointe de l'oeuvre de Diego Rivera et de Frida Kahlo, l'un des couples mythiques de l'art du 20e siècle)
L’œil, n° 498, juillet-août 1998, consultable à la BM de Lyon Part Dieu cote 951 391, article de Jérome Coignard pages 46-53, (résumé : Une exposition à la Fondation Dina Vierny-musée Maillol juxtapose pour la première fois Frida Kahlo (1907-1954) et Diego Rivera (1886-1957) en présentant leurs toiles qui révèlent à travers deux styles différents, leur appartenance à la culture mexicaine)
Connaissance des arts, n° 622, décembre 2004, consultable à la BM de Lyon Part Dieu cote 950 687, article de Myriam Boutoulle pages 86-91, (résumé : Récit de la vie de Frida Kahlo, peintre mexicaine à laquelle l'exposition "Mexique/Europe" à Villeneuve d'Ascq rend hommage actuellement)

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