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NOBLESSE FRANCAISE.

par LUDOVICUS, le 06/12/2016 à 17:33 - 5649 visites

S.V.P.
Quelle est la situation, numérique et l'importance sociologique actuelle de la noblesse en France ?
Sait on notamment, combien de princes,ducs,comtes,barons etc... vivent actuellement sur notre territoire ? merci d'avance.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_se, le 07/12/2016 à 16:35

Bonjour

L’Association d’entraide de la Noblesse Française recense 2244 familles, qui se sont inscrites à l’association entre 1933 et 2003. Vous trouverez la liste de toutes ces familles ainsi que leurs blasons dans l’ouvrage Armorial de l’ANF : précédé de Héraldique et noblesse d'Hervé Pinoteau, Jean de Vaulchier, Jacques Amable de Saulieu et Jean de Bodinat. Cette table des familles est également disponible sur le site de l’ANF.


Dans son Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Régis Valette indique qu’il reste 3097 familles subsistantes de la noblesse française en 2007.

Des listes alphabétiques des familles recensées, par Régis Valette entre autres, sont disponibles en ligne, sur l’encyclopédie participative Wikipédia :
Familles subsistantes de la noblesse française (A à K)
Familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)

D’autres catalogues inventorient les familles de la noblesse qui existe encore de nos jours :
Etat de la noblesse française subsistante / Michel Authier, Alain Galbrun et Jacques Dell’Acquo
Les titres authentiques de la noblesse en France / Dominique de la Barre de Raillicourt
Fonds d’archives : titres nobiliaires, noblesse, armoiries / Archives de la Chancellerie


Depuis 1875, plus aucun titre de noblesse n’est créé officiellement :

« Après les lois du 4 août 1789, une loi des 19 et 23 juin 1790 proclama que : « les titres de prince, duc, comte, marquis, vicomte, vidame, baron, chancelier, messire, écuyer, noble et tous autres titres semblables ne seront ni pris par qui que ce soit, ni donnés à personne ».

Cette abolition des titres d’Ancien Régime perdura sous le 1er Empire. Napoléon Ier institua alors une noblesse d’Empire ou plus exactement décerna des titres impériaux. Les premiers le furent par le Sénatus Consulte du 18 mai 1804. Le 1er mars 1808, deux statuts furent édictés régissant les titres impériaux et les majorats. Le majorat était une somme d’argent attachée au titre. Si ces revenus étaient constitués par la libéralité de l’Empereur, c’étaient des majorats de premier mouvement. S’ils étaient produits par des biens appartenant à un particulier, c’étaient des majorats sur demande. Pour être transmissible, les bénéficiaires des titres devaient constituer ce majorat produisant des revenus : pas de titre héréditaire sans majorat.

Sous le 1er Empire, si l’on fait abstraction des titres souverains considérés comme étrangers, quatre titres de prince ont été créés (Davout, prince d’Eckmül, Berthier prince de Neuchâteau et de Wagram, Massena prince d’Essling, Ney, Prince de la Moskova). 32 titres de ducs ont été créés, 388 titres de comtes et 1090 titres de baron (cf 1er volume du livre du Sceau).

Lorsque Louis XVIII monta en 1814 sur le trône de ses ancêtres, il octroya une charte dont l’article 71 disposait que : « La noblesse ancienne reprend ses titres ; la nouvelle conserve les siens. Le roi fait des nobles à volonté, mais il ne leur accorde que des rangs et des honneurs, sans aucune exception des charges et des devoirs de la société ». L’anoblissement était ainsi rétabli sans être obligatoirement lié à l’octroi d’un titre. Ce droit fut conservé après les 100 jours.

La Seconde République, dans l’un de ses premiers actes, abolit tous les titres de noblesse et la noblesse elle-même par un décret du 23 février 1848. Il fut même interdit de faire publiquement usage de ces titres. La Constitution de novembre 1848 devait, dans son article 10, reprendre et confirmer cette double abolition.
Mais Louis-Napoléon Bonaparte revint immédiatement sur cette abolition et abrogea le décret du 29 février 1848 par un décret du 24 janvier 1852. La noblesse se retrouvait donc dans l’état où elle était sous Louis-Philippe.

La dernière évolution du droit des titres se fit sous la IIIème République. Mac-Mahon décida le 10 mai 1875 de ne plus créer de nouveaux titres nobiliaires. Seules les transmissions de titres continueraient de faire l’objet d’arrêtés officiels. Ceux-ci demeurent donc régis respectivement par le droit d’ancien régime ou par le décret du 1er mars 1808. C’est cet état de droit qui a perduré depuis lors, à travers la section du Sceau de France dont il faut dire quelques mots.

2) La Section du Sceau de France

En même temps qu’il créa la noblesse impériale, Napoléon Ier créa le Conseil du Sceau et des titres par décret du 1er mars 1808. Ce Conseil était alors chargé de se prononcer sur toutes les demandes relatives aux titres, changements de nom, armoiries. L’Empereur créa aussi les référendaires du Sceau de France ainsi qu’un monopole obligatoire pour les avocats au Conseil d’Etat, seuls habilités à introduire les dossiers auprès des référendaires, lesquels présentaient les demandes à l’Empereur. […]
La section du sceau procède aujourd’hui seulement à la vérification des titres nobiliaires. Cette vérification, appelée investiture, consiste à établir que le titre est régulier, qu’il a été transmis selon les règles de dévolution prévues par les lettres patentes de concession et que le titulaire actuel de ce titre est bien le descendant régulier du premier titulaire du titre.

Ainsi la reconnaissance par la République des titres de noblesse est purement formelle. Elle se contente de constater que telle personne est la mieux placée pour succéder au titre dont un ancêtre est décédé titulaire. »
Le sceau de France, titre nobiliaire et changement de nom / Marc Guillaume (in Académie des Sciences Morales et Politiques)


En ce qui concerne l’importance sociologique des nobles aujourd’hui en France, il semblerait qu’une partie occupe des postes à responsabilités que ce soit dans la politique ou le commerce et l’industrie :

« Jouent-elles un rôle particulier dans la France d’aujourd’hui ?

« Les nobles devront choisir entre la qualité de citoyen et celle de paria », avertissait le baron de Barante au début du XIXe siècle, au moment où la vie parlementaire commençait à s’organiser. Optant pour la première solution, ils ont survécu à leur non-être juridique et ont réinventé leur insertion sociale tout en sauvegardant leur identité, avec une ¬assise foncière qui a fondé leur influence politique, économique et sociale. La possession de terres leur a donné une légitimité certaine pour représenter la population rurale à la Chambre, au point que les années 1870 ont été celles de la "République des ducs". Aujourd’hui, la noblesse citoyenne est plus que jamais présente, et même surreprésentée, si l’on songe que le nombre de familles authentiquement nobles n’excède guère les 3 000, soit environ 100 000 individus pour 66 millions d’habitants, soit à peine 0,2 % de la population. On les trouve au Sénat : Josselin de Rohan-Chabot, Aymeri de Montesquiou-Fezensac, Henri de Raincourt, Roland du Luart. Dans les ministères : Gilles de Robien, Hervé de Charette. De la banque à la diplomatie en passant par l’immobilier, l’industrie, la justice, l’armée, l’architecture, les sciences, la mode : le baron Seillière, Henri de Castries, Yves-Thibault de Silguy, Alexandre de Juniac, Hubert d’Ornano, Louis-Albert de Broglie, Eric de Montgolfier, le général Pierre de Villiers, Christian de Portzamparc, Pierre-Gilles de Gennes, Hubert de Givenchy… J’arrête ici cette litanie qui prendrait des pages.

Le service du bien public se manifeste aussi par un très fort engagement dans le bénévolat. Aux Bernardins, vous trouverez nombre de noms à particule, de même qu’aux ¬Orphelins d’Auteuil, au Secours catholique et, a fortiori, dans l’Ordre de Malte. Le socle de leurs valeurs s’enracine dans la chevalerie : l’honneur, le dévouement, la droiture, ainsi que dans la tradition chrétienne : le respect du Décalogue, le refus de pécher contre l’espérance, le sens du pardon et de la générosité. Les nobles pèchent d’autant moins contre l’espérance qu’ils sont tournés vers l’avenir. Quant à leur générosité, elle n’a rien à voir avec le mécénat, dont la motivation première est souvent la défiscalisation, avec profit en termes d’image, agrémenté de décorations pour certains grands patrons. Si le mécénat du Louvre est incontestablement une initiative louable, il doit être considéré pour ce qu’il est, sans rapport avec la charité qui veut que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche. »
La France … avec sa noblesse / Eric Mension Rigau (in Magistro)


« La noblesse française est une noblesse éteinte, aucun titre ou anoblissement ne pouvant plus être décerné depuis la chute du Second Empire. Toutefois une partie de la noblesse, malgré les pertes humaines subies au moment de la Révolution de 1789 et la confiscation de ses biens, a su se reconvertir et franchir les aléas du passage d’une société pour l’essentiel agricole à une société industrielle et bancaire. […]

Toutefois, la noblesse représente un groupe aux positions sociales disparates. Des nobles sont riches, d’autres sont pauvres. On y trouve aussi bien des personnes réduites à la condition de salariés modestes, comme le vicomte François-René de Bayle, chef de station du métro parisien, que des grandes fortunes. Les Wendel construisirent leur richesse, dès le début du XVIIIe siècle, dans la sidérurgie lorraine. Les barons Rothschild doivent leur titre à l’empereur d’Autriche et leur fortune aux investissements dans la finance à partir du XIXe siècle. Entre ces extrêmes, l’employé de la RATP et les grandes figures de la banque ou de l’industrie, toutes les situations de fortune coexistent. […]

Le capital industriel et financier est devenu indispensable aux nobles pour le maintien d’une position dominante que ne saurait assurer seule la possession de biens fonciers [Brelot, 1992]. Or ces formes de capitaux en requièrent une autre, le capital scolaire, qui a pris une grande importance dans les stratégies de réinsertion des familles de la noblesse pour lesquelles, autrefois, le recours aux précepteurs et une certaine indifférence des diplômes étaient de règle. […]

Certaines familles sont restées rurales, traditionnelles et attachées aux valeurs aristocratiques sur un mode parfois passéiste, qui trahit un certain ressentiment envers des changements mal assumés. D’autres familles sont devenues parisiennes et ne tirent plus leurs revenus de l’exploitation de leurs terres. Elles ont souvent conservé le château, la maison e famille où la mémoire de la lignée est entretenue et transmise.
Sociologie de la bourgeoisie / Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot


Bonne journée
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