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FM ...

par Asguik, le 10/10/2017 à 16:15 - 137 visites

Bonjour,

Quelle est la raison fondamentale
qui a amené à la création de la franc-maçonnerie ?

Merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 13/10/2017 à 15:23

Bonjour,

Votre question en pose une autre largement débattue qui est celle de l’origine ou des origines de la Franc-maçonnerie.

Comme le dit Alain Quéruel, auteur du Grand livre de la Franc-maçonnerie, « Expliquer les origines de la franc-maçonnerie n’est pas chose aisée ! Elles se perdent dans les méandres des corps de métiers ou dans des réactions plus ou moins sectaires. Face à la domination religieuse, ce qui ne permet absolument pas de privilégier l’une quelconque de ces sources potentielles évoquées »

Cependant, de toute évidence, il existe un lien entre les francs-maçons et les corporations de métiers du Moyen âge notamment les tailleurs de pierre : les francs maçon ont fait des outils de ces derniers leurs symboles (maillet, ciseau et compas) et ont calqué leurs degrés d’initiation. Mais pourquoi et comment ?
Voici les deux principales thèses développées et expliquées dans La saga des francs-maçons de Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir :
« Selon la première théorie, les corporations de métiers en perte de vitesse ont accepté en leur sein des membres honoraires, appelés gentlemen masons, ou accepted masons (maçons acceptés). La plupart sont des notables attirés par l’aura de mystère qui entoure les vieilles corporations et désireux de connaître leurs secrets. En échange de leur admission dans ces cercles fermés, ils font des dons appréciés et appréciables aux loges sur le déclin. Ainsi, ils auraient opéré, en douceur, une transition entre les anciennes loges opératives et les premières loges spéculatives. La preuve ? L’origine même du mot « franc-maçon » qui vient de free mason, une expression désignant au Moyen Age ceux qui sculptent une pierre fine, la pierre franche, soit en anglais free stone. Free stone mason aurait donnée, par contraction, freemason, franc-maçon.
Cette thèse, dite théorie de la transition, a été fortement contestée ces dernières années par d’autres historiens. Ceux-là soulignent que ce sont les frans-maçons eux-mêmes qui ont véhiculé cette histoire des origines comme d’autres mythes notamment sur les Templiers, parce qu’ils étaient soucieux de s’inscrire dans une tradition. Ces historiens rappellent aussi que les loges opératives ont pratiquement toutes disparu au XVIe siècle. Et quand bien même quelques-unes auraient subsisté, difficile d’admettre, selon eux, qu’elles aient pu donner naissance, un siècle plus tard, à la franc-maçonnerie. Certes, expliquent les spécialistes, quelques loges de tailleurs de pierre ont pu survivre et accueillir en leur sein des gentleman masons. Mais ces situations sont trop marginales pour soutenir l’idée d’une simple transformation des opératifs en spéculatifs.
« La plupart des érudits maçonniques anglais sont convaincus que la maçonnerie spéculative est un phénomène original et nouveau, apparu dans des circonstances encore mal élucidées au XVIIe siècle, dans le climat politique troublé de l’Angleterre. » C’est la thèse dite de l’emprunt : les francs-maçons se seraient contentés de « recycler » les outils et usages des corporations de métiers, pour en faire des symboles et des rites au service d’un véritable projet philosophique. Leur but ? « En finir avec les déchirements religieux et faire du progrès scientifique le nouveau moteur de l’histoire. ». Cette nouvelle piste ne fait pas l’unanimité dans les temples car elle bouscule la tradition et malmène les légendes.
» P. 33-35

Dans La grande histoire des Francs-maçons, Roger Dachez répond à la question : quelles étaient les motivations des initiés au XVIIIe siècle ?
« Il n’y a pas une, mais des franc-maçonneries, d’où une pluralité de motivations. A l’époque fondatrice, c’est d’abord un désir de convivialité, de sociabilité festive. Alors que les états, les ordres, les classes étaient assez cloisonnés, la franc-maçonnerie fut très tôt un des rares endroits où l’on pouvait se retrouver indépendamment de son origine sociale… à l’exception des très pauvres ou des domestiques. A la fin de la tenue maçonnique, le vénérable de la loge disait : « j’invite les frères à un banquet frugal et fraternel, qu’ils viennent y gouter dans une société de frères les charmes de l’égalité. ». La seconde motivation, c’est la recherche intellectuelle ou spirituelle. En franc-maçonnerie, on prononce des discours, on proclame des principes, on défend des valeurs –la tolérance, le cosmopolitisme, l’égalité, l’amour fraternel. Le discours d’André-Michel Ramsay, un des plus célèbres textes du XVIIIe siècle maçonnique, écrit en 1736, commence par : « Le monde entier n’est qu’une grande République, dont chaque nation est une famille, chaque particulier un enfant. C’est, messieurs, pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes prises dans la nature de l’homme que notre société fut établie ». La République universelle, c’est tout de même un programme intellectuel ambitieux et typé ! A cette époque, le clergé catholique a une image déplorable. La Franc-maçonnerie va offrir, avec ses mystères, ses symboles, ses emblèmes, ses hiéroglyphes, ses légendes et ses personnages mythique empruntés à la Bible, un monde rêvé, parallèle, qui permet une évasion vers des thèmes plus ou moins ésotériques. La classe bourgeoise devient majoritaire dans toutes les loges, puisque les aristocrates, nombreux au départ, vont vite s’en aller. La bourgeoisie trouve là le moyen de proclamer des valeurs et un débuché spirituel, une religion de substitution. »

La Franc-maçonnerie de Roger Dachez et Alain Bauer donne une très bonne introduction à cette question, abordant les différents mythes d’origine de la franc-maçonnerie : opératif, templier, alchimiste et rosicrucien. Mais surtout il revient en conclusion sur le projet maçonnique lui-même : « Quels sont, en fin de compte, la nature profonde et l’objet du projet maçonnique ? (p. 118-121)
« Aucune réponse univoque à cette question ne peut être proposée, mais il est possible de distinguer au moins trois composantes dont la confrontation dynamique permet à chaque initié de vivre au moins un projet maçonnique : le sien.

- L’humanisme maçonnique : « attachement profond à la dignité humaine, dans toute son extension, une vision positive et confiante de l’être humain » ; et « le respect en tout homme de cette dignité essentielle, la tolérance fraternelle et la solidarité morale et matérielle»

- L’ésotérisme maçonnique (même si là encore tous ne s’accordent pas sur ce caractère ésotérique) : « l’ésotérisme (dans la démarche maçonnique) n’est ni un corps de doctrines ni une qualité intrinsèque à des objets que l’on pourrait qualifier d’ésotériques, mais un certain regard porté sur le monde : monde vivant, chargé de correspondances, provoquant l’imagination créatrice et suggérant l’expérience de la transformation. »

- La voie initiatique : « la franc-maçonnerie est une recherche, un doute bien plus qu’une certitude initiale, une longue suite de questionnements et le ferme propos d’avancer toujours, d’aller droit devant soi, à la découverte de l’inconnu, humain, intellectuel, moral, ou spirituel… » « c’est le cocktail improbable, au dosage infiniment variable, entre l’engagement citoyen et la démarche spirituelle… »

Voir aussi :
La franc-maçonnerie : 20 clés pour comprendre

Bonne lecture.
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