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lithographie

par grouchy, le 27/01/2018 à 20:51 - 592 visites

qu'est ce qu'une lithographie et quelle en est la technique exacte?
qu'est ce qu'on entend par épreuve d'artiste?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 30/01/2018 à 18:16

Réponse du Département Arts et Loisirs



Le Manuel complet de gravure » explique de manière synthétique l’émergence de cette technique :

Contrairement à d’autre forme de gravure, dont la paternité est difficile à déterminer, on peut considérer que les bases de la lithographie sont le fruit des efforts d’un seul homme, l’acteur et auteur dramatique autrichien Aloys Senefelder. Il aurait découvert cette technique par accident en 1796, après avoir griffonné à la hâte une liste de blanchisserie sur un bloc de calcaire enduit d’un vernis qu’il expérimente pour l’eau-forte. Il se demanda alors si le calcaire, plongé dans l’acide, donnerait ou non une plaque exploitable en taille douce. En fait il parvint à en tirer un léger relief. Alors qu’il lavait la pierre pour essayer d’en retirer le vernis, il constata que l’eau glissait sur les zones protégées par le crayon. Senefelder comprit le potentiel de sa découverte, et ainsi naquit la lithographie.

Dès le départ, le procédé de la lithographie fut associé à des applications commerciales. Senefelder lui-même l’employa pour reproduire des partitions musicales et des imprimés pour le théâtre. Cela lui procura les fonds nécessaires pour développer plus avant certaines techniques qui retinrent l’attention des artistes. Le papier report en particulier, leur permettait d’utiliser les techniques sur papiers auxquelles ils étaient rompus, et de les appliquer à la gravure.
Au début du XIXe siècle, la lithographie connut un succès rapide auprès des artistes dans toute l’Europe. Goya en Espagne et Daumier en France, entre autres, adoptèrent ce procédé et confirmèrent sa place parmi les arts de l’estampe. La production de Daumier fut particulièrement prolifique, ce nouveau médium convenant parfaitement à ses dessins satiriques. La popularité de l’artiste déclencha un engouement pour la lithographie : les ateliers se multiplièrent, surtout en France. Les peintres les plus célèbres de l’époque, comme Edouard Manet, Edgar Degas, Paul Cézanne ou Odilon Redon y affluaient.
La couleur fit son apparition en lithographie peu après l’invention de cette discipline. Rendant possible de vastes tirages et une diffusion bon marché, elle se prêtait aux applications commerciales de toutes sortes : affiches, illustrations, revues…Percevant le potentiel de la chromolithographie, Toulouse Lautrec adopta le procédé.
Après ce grand succès initial, le lithographie connut un déclin au début du XXe siècle, son usage se limitant alors à l’illustration et à la reproduction. Des imprimeries telles que Currier & Ives, aux Etats-Unis, diffusaient des lithos par milliers auprès du grand public. Pendant la première moitié du siècle, les artistes venus d’Europe ou d’Amérique fréquentaient les ateliers parisiens, plutôt que de développer une pratique dans leur pays respectifs. Au milieu des années 1950, plusieurs artistes graveurs américains entreprirent de lui rendre son importance. Parmi eux, June Wayne fut la plus influente ; installée en Californie du Sud, elle y fonda l’atelier Tamarind, dédié à la collaboration des artistes en lithographie. Plus tard déplacé à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, l’atelier devint l’Institut Tamarind. A ce jour, il demeure le centre de recherche, de formation et de publication le plus important de la sphère lithograpique.

Le procédé en lui-même :

La lithographie est un processus d’impression planographique, ou « impression à plat ». En d’autres termes, elle ne découle pas des caractères physiques de la matrice (sillons et reliefs), contrairement à la taille douce ou à la gravure en taille d’épargne. Ici, on délimite selon un procédé chimique les parties imprimantes et non imprimantes de la matrice. La lithographie traditionnelle repose sur le principe selon lequel l’eau et l’huile ne se mélangent pas. La pierre, ou la plaque, se compose de surfaces hydrophiles (qui absorbent l’eau) et de surfaces hydrophobes / oléophiles (qui rejettent l’eau / attirent les corps gras). Pour créer la gravure, la surface de la matrice est épongée à l’eau puis enduite d’encre à base d’huile étalée au rouleau (l’encre n’adhère qu’aux surfaces oléophiles).

Depuis une vingtaine d’année, l’évolution technique a élargi les méthodes chimiques d’application de surfaces imprimantes et non imprimantes, en y ajoutant de nouvelles approches. L’invention la plus prometteuse reste la « lithographie sans eau », basée sur le rejet de l’encre par la silicone.

Nous vous invitons à poursuivre la lecture de cet ouvrage très complet qui décline les spécificités de la lithographie traditionnelle sur pierre ou plaque de métal, la préparation d’une pierre, d’une plaque de métal...
Par ailleurs, on découvre les médiums gras utilisés pour dessiner sur plaque comme sur pierre ainsi que toutes les étapes de préparation : acidulation, rinçage, encrage, processus d’impression…etc très clairement explicitées avec des visuels indispensables pour bien comprendre.

Concernant l'épreuve d’artiste, il s'agit d'un tirage qui est conforme au reste de l’édition en plus du tirage normal de l’édition. Ces épreuves sont destinées à l’artiste et à l’éditeur afin d’être conservées. Leur nombre dépasse rarement 10 % du tirage total. Elles peuvent être numérotées et auquel cas, le sont en chiffres romains. La mention « HC » (hors commerce) portée sur ces épreuves permet de les identifier.
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