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Bataille lepante

par superpapé, le 30/01/2018 à 17:58 - 1470 visites

Bonjour,
Je recherche les Etats ayant participé à la bataille de Lépante en 1571.
J'ai trouvé :
- les Etats Pontificaux, sous le Cdt. de Marc Antoine Colonna,
- l’Espagne, avec la galère de Don Juan d’Autriche, l’amiral de la Ligue sur laquelle flotte l’étendard aux aigles de l’Autriche.
- la république de Gênes dont les galères étaient commandées par Doria,
- la république de Venise dont la flotte était commandée par Véniéri,
Auxquels s’étaient joints,
- Le grand Duché de Toscane (qui sera incorporé au royaume d’Italie en 1861).
- le duché de Savoie, partagé entre la France et l’Italie en 1860

Or, j'ai découvert sur la mosaïque de Fourvière, placée sur le bateau de Colonna, une croix de l'ordre du saint sépulcre de Jérusalem. pourriez-vous m'en donner la raison?
Par avance merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 02/02/2018 à 17:15

Bonjour,

Vous pourrez vivre en détail la bataille de Lépante, et ferez connaissance avec toutes les forces en présence, en lisant l’ouvrage du professeur d’histoire à l’université du Piémont et spécialiste d’histoire militaire, Alessandro Barbero La bataille des trois empires. La liste des protagonistes ouvre le livre. Pour le Saint Siège, Marcantonio Colonna apparaît au titre de Commandant des galères du pape, dans cette expédition qui opposa les vaisseaux de la ligue chrétienne mobilisée contre l’Empire Ottoman, après l’invasion de Chypre par les armées du sultan Sélim II.

Sur ce membre de la noblesse du Saint Siège voir cette courte notice tirée de la Biographie universelle, ancienne et moderne, ou histoire, ..., Volume 9.

Vous pouvez vous reporter au site même de l’Ordre des chevaliers du Saint Sépulcre de Jérusalem pour une brève histoire de leur organisation.
Pour une histoire très détaillée de cet ordre, l’ouvrage en 2 tomes et 3 volumes de Jean-Pierre de Gennes, Les chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem. 01 et tome 2 fait référence.

Dans un article sur l’Ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem sur le site du journal La Croix vous pouvez remarquer les mêmes cinq croix pattées que celles qui figurent sur la galère de la mosaïque de Fourvière. C’est aussi celle des armoiries de Charles Magius, Chevalier du Saint-Sépulcre en 1571, l’année même de la bataille de Lépante. En effet, ceux qui avaient fait le chemin des lieux saints ou dont les ancêtres avaient participé aux Croisades avaient pris l’habitude d’associer la croix de Jérusalem à leurs armoiries.

Toujours au sujet de cette croix, vous pourrez, lire p. 415 et suivantes du volume 1:

« Pour témoigner de leur dignité, les chevaliers du Saint-Sépulcre avaient pour insigne la Croix de Jérusalem qu’ils portaient sur leurs vêtements et dans leurs armoiries. Certains ont peut-être fait usage d’un manteau qui préfigurerait celui de chevaliers d’aujourd’hui. (…) L’insigne est une croix latine cantonnée de quatre croisettes. Mais la forme de la croix et des croisettes présente de nombreuses variantes qui ne correspondent pas exactement à une évolution strictement chronologique, mais semble plutôt relever d’une très large liberté.».
Le texte est accompagné d’illustrations.

Un autre témoignage de l’usage de la croix de Jérusalem comme emblème de soumission au pape est à lire sur le site de l’Ordre du Saint Sépulcre en France :
« Dans les anciens statuts de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, datant de 1099 et publiés par Antoine Regnault à Lyon en 1573, on trouve à l’article 4 ce qui suit :

En plus, en l’honneur de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le respect que nous portons au souverain pontife, au Siège apostolique, et par obéissance aux vicaires du Christ sur terre, ainsi qu’aux évêques de la grande cité de Rome, nous avons adopté humblement les saintes croix ; avec ces croix, nous avons signé, nous et nos soldats, en l’honneur des cinq plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour mieux nous unir contre les infidèles, et pour nous distinguer, nous et le peuple chrétien tant vivant que mort, dans les régions des infidèles.

De plus, nous avons décidé de fonder l’Ordre du Saint-Sépulcre de notre ville de Jérusalem, en honneur et révérence de la très sainte Résurrection, et à notre nom de chrétien, nous avons ajouté la dignité de primat de cet ordre ; nous avons voulu que lesdites croix rouges, en l’honneur des plaies infligées à Notre Seigneur Jésus-Christ, soient portées par les chevaliers dudit ordre. Beaucoup les ont reçues afin qu’ils puissent être reconnus par nous et par les infidèles au cas où ils pourraient être écartés ou empêchés de demeurer au service de l’armée.
»

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’un général, nommé par le pape Pie V au commandement de ses galères pontificales combatte sous la bannière arborant la croix de Jérusalem. Ce que confirme l’association des Amis du musée de Fourvière que nous avons contactée :

« La croix qui figure sur la galère des Etats de l’Eglise lors de la bataille de LEPANTE en 1571 est la croix de Terre sainte ou croix de Jérusalem. C’est le signe associé au Royaume de Jérusalem fondé par les croisés en 1099 après la prise de la ville.
Godefroy de Bouillon crée à cette époque l’Ordre du St Sépulcre et il est le premier à adopter pour son ordre la croix de Jérusalem .
Mais ce signe est adopté également après les croisades par la custodie franciscaine chargée de garder les lieux saints.
Mais pas seulement car l’emblème de cette croix grecque dont chaque branche se termine par un Tau (ou béquille) et cantonnée de 4 petites croix sera l’emblème de famille dont les aïeuls ont été rois de Jérusalem (Habsbourg, Maison de Savoie). Les 5 croix, une grande et quatre petites, symbolisent les cinq plaies du christ sur la Croix.
L’Ordre du ST Sépulcre a été supprimé en 1489 par le Pape et incorporé à l’Ordre de St Jean de Jérusalem. Il a été rétabli en 1847 par le pape Pie IX. Il est exact que l’Ordre du ST Sépulcre ne pouvait pas être présent pendant la bataille de Lépante.
»

La paternité de Godefroy de Bouillon dans la création de l’Ordre du Saint Sépulcre ne serait cependant pas tout à fait attestée selon Jean-Pierre de Gennes, dans son ouvrage cité plus haut.

Référence indispensable sur cette période de l’histoire : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II de Fernand Braudel.

Pour une approche plus « détendue » de cette bataille de Lépante, vous lirez la bande dessinée de Federico Nardo et Jean-Yves Delitte Les grandes batailles navales : Lépante.


Sur la bataille de Lépante dans la mosaïque de Fourvière voir aussi cet article de Dominique Bussy.

Bonjour,

Vous pourrez vivre en détail la bataille de Lépante, et ferez connaissance avec toutes les forces en présence, en lisant l’ouvrage du professeur d’histoire à l’université du Piémont et spécialiste d’histoire militaire, Alessandro Barbero La bataille des trois empires. La liste des protagonistes ouvre le livre. Pour le Saint Siège, Marcantonio Colonna apparaît au titre de Commandant des galères du pape, dans cette expédition qui opposa les vaisseaux de la ligue chrétienne mobilisée contre l’Empire Ottoman, après l’invasion de Chypre par les armées du sultan Sélim II.

Sur ce membre de la noblesse du Saint Siège voir cette courte notice tirée de la Biographie universelle, ancienne et moderne, ou histoire, ..., Volume 9.

Vous pouvez vous reporter au site même de l’Ordre des chevaliers du Saint Sépulcre de Jérusalem pour une brève histoire de leur organisation.
Pour une histoire très détaillée de cet ordre, l’ouvrage en 2 tomes et 3 volumes de Jean-Pierre de Gennes, Les chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem. 01 et tome 2 fait référence.

Dans un article sur l’Ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem sur le site du journal La Croix vous pouvez remarquer les mêmes cinq croix pattées que celles qui figurent sur la galère de la mosaïque de Fourvière. C’est aussi celle des armoiries de Charles Magius, Chevalier du Saint-Sépulcre en 1571, l’année même de la bataille de Lépante. En effet, ceux qui avaient fait le chemin des lieux saints ou dont les ancêtres avaient participé aux Croisades avaient pris l’habitude d’associer la croix de Jérusalem à leurs armoiries.

Toujours au sujet de cette croix, vous pourrez, lire p. 415 et suivantes du volume 1:

« Pour témoigner de leur dignité, les chevaliers du Saint-Sépulcre avaient pour insigne la Croix de Jérusalem qu’ils portaient sur leurs vêtements et dans leurs armoiries. Certains ont peut-être fait usage d’un manteau qui préfigurerait celui de chevaliers d’aujourd’hui. (…) L’insigne est une croix latine cantonnée de quatre croisettes. Mais la forme de la croix et des croisettes présente de nombreuses variantes qui ne correspondent pas exactement à une évolution strictement chronologique, mais semble plutôt relever d’une très large liberté.».
Le texte est accompagné d’illustrations.

Un autre témoignage de l’usage de la croix de Jérusalem comme emblème de soumission au pape est à lire sur le site de l’Ordre du Saint Sépulcre en France :
« Dans les anciens statuts de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, datant de 1099 et publiés par Antoine Regnault à Lyon en 1573, on trouve à l’article 4 ce qui suit :

En plus, en l’honneur de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le respect que nous portons au souverain pontife, au Siège apostolique, et par obéissance aux vicaires du Christ sur terre, ainsi qu’aux évêques de la grande cité de Rome, nous avons adopté humblement les saintes croix ; avec ces croix, nous avons signé, nous et nos soldats, en l’honneur des cinq plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour mieux nous unir contre les infidèles, et pour nous distinguer, nous et le peuple chrétien tant vivant que mort, dans les régions des infidèles.

De plus, nous avons décidé de fonder l’Ordre du Saint-Sépulcre de notre ville de Jérusalem, en honneur et révérence de la très sainte Résurrection, et à notre nom de chrétien, nous avons ajouté la dignité de primat de cet ordre ; nous avons voulu que lesdites croix rouges, en l’honneur des plaies infligées à Notre Seigneur Jésus-Christ, soient portées par les chevaliers dudit ordre. Beaucoup les ont reçues afin qu’ils puissent être reconnus par nous et par les infidèles au cas où ils pourraient être écartés ou empêchés de demeurer au service de l’armée.
»

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’un général, nommé par le pape Pie V au commandement de ses galères pontificales combatte sous la bannière arborant la croix de Jérusalem. Ce que confirme l’association des Amis du musée de Fourvière que nous avons contactée :

« La croix qui figure sur la galère des Etats de l’Eglise lors de la bataille de LEPANTE en 1571 est la croix de Terre sainte ou croix de Jérusalem. C’est le signe associé au Royaume de Jérusalem fondé par les croisés en 1099 après la prise de la ville.
Godefroy de Bouillon crée à cette époque l’Ordre du St Sépulcre et il est le premier à adopter pour son ordre la croix de Jérusalem .
Mais ce signe est adopté également après les croisades par la custodie franciscaine chargée de garder les lieux saints.
Mais pas seulement car l’emblème de cette croix grecque dont chaque branche se termine par un Tau (ou béquille) et cantonnée de 4 petites croix sera l’emblème de famille dont les aïeuls ont été rois de Jérusalem (Habsbourg, Maison de Savoie). Les 5 croix, une grande et quatre petites, symbolisent les cinq plaies du christ sur la Croix.
L’Ordre du ST Sépulcre a été supprimé en 1489 par le Pape et incorporé à l’Ordre de St Jean de Jérusalem. Il a été rétabli en 1847 par le pape Pie IX. Il est exact que l’Ordre du ST Sépulcre ne pouvait pas être présent pendant la bataille de Lépante.
»

La paternité de Godefroy de Bouillon dans la création de l’Ordre du Saint Sépulcre ne serait cependant pas tout à fait attestée selon Jean-Pierre de Gennes, dans son ouvrage cité plus haut.

Référence indispensable sur cette période de l’histoire : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II de Fernand Braudel.

Pour une approche plus « détendue » de cette bataille de Lépante, vous lirez la bande dessinée de Federico Nardo et Jean-Yves Delitte Les grandes batailles navales : Lépante.


Sur la bataille de Lépante dans la mosaïque de Fourvière voir aussi cet article de Dominique Bussy.


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