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Procès Rassinier 1964 : les témoins

par isaco, le 01/03/2018 à 21:17 - 723 visites

Bonjour,
j'aimerais savoir qui était partie civile et/ou témoin
au procès de Paul Rassinier en 1964.
merci beaucoup

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 05/03/2018 à 12:05

Bonjour,

Ce procès fait suite à la publication d’un article dans Rivarol le 26 mars 1964 à propos du procès des gardiens d’Auschwitz, où Paul Rassinier accuse nommément les anciennes résistantes déportées Macha Speter-Ravine et Marie-Claude Vaillant-Couturier d’avoir volé de la nourriture :

« Dans cet article M. Rassinier, ancien déporté, posait en principe que le problème des chambres à gaz dans les camps nazis n'était toujours pas résolu, et, reprenant à son compte la déposition d'un témoin au procès de Francfort, estimait que la mortalité dans les camps n'était pas due au régime imposé par les Allemands, mais au fait que les déportés appartenant à l'organisation intérieure volaient la nourriture de leurs camarades. »
Source : M. Rassinier est condamné a quatre mois de prison avec sursis et 3 000 francs d'amende, Le Monde, jeudi 11 novembre 1965 (consulté via Europresse)

« En effet, dans l'article incriminé, M. Rassinier a construit tout un raisonnement à partir de certaines dépositions faites au procès des gardiens du camp d'Auschwitz, où un témoin, Hermann Langbein, déclara que les rations alimentaires attribuées par l'autorité nazie ne permettaient pas de survivre plus de quatre mois si l'on ne volait pas de la nourriture ailleurs.
Dès lors, pour M. Rassinier, le fait que Mmes Speter et Vaillan-Couturier aient survécu signifierait qu'elles volèrent de la nourriture. Et il écrivait : " Mon opinion est que le tribunal de Francfort devrait commencer à dresser le compte exact de tous les Langbein, Speter Vaillant-Couturier, etc., qui, de leur propre aveu, eurent les mains très lourdes en matière de vol de nourriture au détriment de la masse des détenus. " »
Source : Les camps de concentration selon M. Rassinier poursuivi en diffamation par deux anciennes déportées, J.-M. Théolleyre, Le Monde, vendredi 29 octobre 1965 (consulté via Europresse)

L’article cité ci-dessus nous permet de retrouver les noms des témoins :

« Ces gens-là, en tout cas, il ne les avait pas fait citer. Les témoins que l'on a écoutés étaient tous appelés par les parties civiles. Anciens déportés.
Mme Geneviève Anthonioz-de Gaulle dira : " Il est bien évident que certaines d'entre nous n'ont pas été dignes de la Résistance. Quelques-unes se sont laissées aller à commettre de mauvais actes. Mais s'il en est une qui lut incontestable c'est bien Marie-Claude Vaillant-Couturier. Il y a des mourantes qui ont été sauvées par elle. J'ai connu peu de femmes aussi courageuses. Il était impossible de plus mal tomber... "
Mme Thérèse Chassaing ajoutera : " C'est Mme Speter qui m'a sauvée. C'est grâce à elle que je peux être là aujourd'hui pour témoigner. "
M. André Leroy : " La déportation tout entière se sent outragée et diffamée par cet article. Le système concentrationnaire nazi visait d'abord à détruire moralement, à faire des hommes déportés des bêtes prêtes à s'entre-dévorer. Or des femmes comme Mmes Speter et Marie-Claude Vaillant-Couturier ont justement lutté contre cet avilissement. "
Ce furent encore autant " de petits faits qui valent la peine d'être signalés " que rapportèrent Mmes Rose Goleszlak, Rosette Cyvie, Louise Alcan, Elisa Nordmann-Cohen, MM. Emile Junkenet, Marcel Mérigonde, tous appliqués à se souvenir pour bien montrer que l'existence des chambres à gaz n'était, hélas ! pas un mythe.
Enfin, historienne répondant à l'historien Rassinier, Mme Olga Wormser rappela que si l'on trouvait difficilement le terme de chambre à gaz dans les documents nazis, ces mêmes documents faisaient état d'une " solution finale de la question juive ", euphémisme dont aucun des grands responsables du IIIe Reich, pas plus que Heuss, qui commanda le camp d'Auschwitz, ne nièrent le sens véritable lorsqu'ils furent jugés les uns et les autres.
Aussi bien Mes Renée Mirande, Schapira et le bâtonnier Paul Arrighi, plaidant pour les parties civiles, eurent-ils la tâche facile. En défense, Mes Cathala et Dejean de La Bâtie firent ce qu'ils purent. Leur tâche était bien lourde, surtout après le court mais énergique réquisitoire du substitut Dudot qui, ayant dénoncé " le caractère déloyal et ignominieux de la publication ", déclara qu'il souhaitait une condamnation qui convienne à la gravité des faits, et plus encore un jugement propre à bien les stigmatiser. »
Source : Les camps de concentration selon M. Rassinier poursuivi en diffamation par deux anciennes déportées, J.-M. Théolleyre, Le Monde, vendredi 29 octobre 1965 (consulté via Europresse)

Ce procès s’est conclu par la condamnation pour diffamation de Paul Rassinier et de René Malliavin, directeur de l’hebdomadaire Rivarol :

« La onzième chambre de la cour d'appel de Paris, présidée par M. Chapar, a rendu mercredi son arrêt dans les poursuites en diffamation engagées par Mme Marie-Claude Vaillant-Couturier et Mme Zysla Speter pour un article de M. Paul Rassinier, publié le 26 mars 1964 par Rivarol, qui mettait en doute l'existence des chambres à gaz dans les camps d'extermination nazis et accusait les requérantes de s'être livrées à des larcins au cours de leur déportation.
Pour cet " article bassement diffamatoire " contenant, déclare la cour, " des attaques viles et odieuses ". M. René Malliavin, directeur de l'hebdomadaire, et M. Rassinier sont condamnés chacun à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et 5 000 francs d'amende.
En première instance ils avaient été condamnés, le 10 novembre dernier, par la dix-septième chambre correctionnelle de la Seine, le premier à deux mois de prison avec sursis et 5 000 francs d'amende, le second à quatre mois avec sursis et 3000 francs d'amende. »
Source : Les condamnations du directeur de "Rivarol " et de M. Rassinier sont élevées en appel, Le Monde, jeudi 24 mars 1966 (consulté via Europresse)


Bonne journée.
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