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Accueil > Récentes > douleur

douleur

par Nad87, le 04/03/2018 à 18:59 - 1443 visites

Bonjour,
Les médecins doivent réduire les douleurs pour les patients.
Pour ma part, je préfère supporter la douleur plutôt que prendre des médicaments qui détraquent autre chose.

Le pharmacien (qui a un intérêt à me vendre ses produits) me dit qu'il y des 'raisons médicales' à réduire la douleur....qui pourrait engendrer par exemple des tumeurs.... ma question :
est-ce que la douleur peut engendre des tumeurs?......pour moi c'est plutôt le mal lui même et non la douleur (mais je ne suis non pharmacienne ni medecin!).
Merci de me renseigner sur les mécanismes de la douleur.
Bien à vous.
Nadine

Réponse du Guichet du savoir

par bml_san, le 07/03/2018 à 14:22

Réponse de Cap’Culture Santé :

Bonjour,

Vous nous posez une question autour des conséquences de la douleur sur le long terme. Pour résumer, il faut vraiment avoir des douleurs sur une très longue période ou des douleurs chroniques pour véritablement générer des effets secondaires visibles. Ensuite, la douleur est quand même une source de stress et de gêne pour le corps et l'esprit, elle va épuiser les ressources de la personne, lui ôter son énergie, la désociabiliser, engendrer éventuellement des problèmes psychologiques et des pathologies cardiaques. Mais c'est vraiment sur le long terme. Par ailleurs, la douleur imprime une "marque" ou un souvenir dans le cerveau, et peut, toujours sur le long terme, brouiller les signaux des récepteurs et provoquer une hypersensibilité à la douleur.

Image

Nous vous laissons découvrir ci-dessous des extraits et des vidéos autour de votre question. Bonne lecture et/ou visionnage !

L'institut régional de réadaptation de Nancy évoque les conséquences de la douleur :

Citer:
La douleur engendre un stress pour l’individu. Elle peut être perçue comme menaçante et épuisante quand elle persiste. Les conséquences sont multiples et il est fondamental de les rechercher avec l’aide de votre médecin.

Il peut s’agir :
- d’une réduction des activités quotidiennes
- d’anxiété, d’irritabilité, un repli sur soi, un état de stress chronique
- de troubles du sommeil, de l’appétit, de la libido
- d’une fatigue et/ou une fatigabilité excessive, d’une perte d’envie et du goût à faire les choses, d’un état dépressif.

Les conséquences sont fonction de l’ancienneté (la durée) de la douleur, de l’environnement, des capacités de chacun à faire face à un stress chronique. Elles peuvent perturber l’efficacité des traitements qui vous sont proposés. De ce fait, il est important d’évaluer leur retentissement et d’envisager leur prise en charge spécifique.


Sur le site lecerveau.mcgill.ca, on trouve aussi les informations suivantes :

Citer:
Dans les cas où, pour diverses raisons, la douleur persiste trop longtemps, deux symptômes des douleurs neurogènes peuvent alors se mettre en place : l’hyperalgésie, où un stimulus nociceptif donné provoque davantage de douleur que normalement, et l’allodynie, où un simple stimulus tactile, même léger comme une caresse, déclenche une douleur sévère.
Cette transmission soutenue de signaux douloureux au système nerveux central peut également mener à une sensibilisation au niveau central. Une hyperexcitabilité se développe alors au niveau des neurones de la racine dorsale de la moelle épinière ainsi que dans les centres supérieurs associés à la douleur. La douleur devient en quelque sorte engrammée dans notre système nerveux. Une sensation douloureuse chronique peut alors s’installer et persister bien après la guérison de la blessure initiale.



Plus généralement, sur le fonctionnement de la douleur :


Comment ça marche la douleur ? Gérald Kierzek, médecine, donne des explications sur Europe 1




Le trajet de la douleur sur le site docteurclic.com :

Citer:
Première étape : l'agression
• Notre corps dispose de récepteurs à la douleur. Ils sont situés sur la peau et les muqueuses (bouche, nez, vagin etc.). Ce sont eux qui nous donnent ce qu'on appelle la sensibilité superficielle.
• D'autres récepteurs, plus profonds et adaptés à d'autres types de stimulation siègent dans les organes, les os et les articulations : c'est la sensibilité profonde. Quand les récepteurs sont stimulés par une agression (piqûre, chaleur, etc.), au delà d'un certain seuil tolérable, l'information est envoyée sur les nerfs sensitifs. Ce phénomène est applicable de la même façon pour les viscères (estomac, utérus, etc.)
Deuxième étape : la transmission
• Toutes ces informations douloureuses sont véhiculées par les nerfs sensitifs qui convergent vers la moelle épinière , dans une zone qu'on appelle la corne postérieure. Tous les nerfs sensitifs convergent vers cette corne postérieure qui transporte ce que les médecins appellent les sensations "nociceptives", en d'autres mots... la douleur.
• L'influx nerveux qui transporte l'information douloureuse remonte vers le tronc cérébral , qui est la structure située en dessous du cerveau. La moelle épinière remonte donc les informations en provenance de tout le corps. La tête est un cas particulier car les nerfs sensitifs qui font partie des 12 nerfs crâniens aboutissent directement au tronc cérébral.
• Les informations subissent un croisement, c'est à dire que toutes les douleurs en provenance de la moitié droite du corps vont être intégrées par le cerveau gauche et inversement.
Troisième étape : la réception
• Les influx nerveux douloureux (les influx nociceptifs) sont décodés par le thalamus qui est une structure du tronc cérébral. Chaque thalamus (un de chaque côté) transforme ces influx en une information compréhensible par le cerveau. Celui-ci joue le rôle d'un écran intelligent qui recueille toutes ces informations pour se les représenter. C'est grâce au cerveau que l'on sait que l'on s'est piqué dans une zone précise du gros orteil par exemple, et que cette piqûre a vraisemblablement été provoquée par une écharde, tout simplement parce qu'on marche pieds nus sur un parquet en chêne. Ce que ni la peau, ni les nerfs, ni la moelle, ni même le thalamus ne savent, le cerveau le sait, car il possède un outil extraordinaire pour cela : la mémoire.
• La compréhension qu'il a du phénomène, conditionnera la façon qu'il a d'interpréter la douleur. C'est ainsi que la même stimulation provoquera chez quelqu'un un hurlement de douleur, alors que pour un autre, l'agression sera considérée comme négligeable.



Sur un site canadien, des explications autour des conséquences de la douleur chez les enfants sont données. Celles-ci peuvent être extrapolées aux adultes :


Citer:
Changements physiques
La douleur chronique peut entraîner des changements physiques qui augmenteront, par la suite, la sensibilité à la douleur. Ces changements physiques peuvent comprendre :
• des modifications des neurotransmetteurs qui aident à moduler la douleur, l’humeur et le sommeil
• une diminution de la capacité du corps à se soulager lui-même de la douleur
• une augmentation de la sensibilité à la douleur suite à des blessures répétées des tissus
Conséquences psychologiques
La douleur n’a rien d’une expérience agréable. La dépression, la peur de vivre dans la douleur, ainsi qu’une moins bonne qualité de vie accompagnent souvent la douleur chronique chez les enfants. Ceux qui souffrent de douleur chronique risquent de connaître des perturbations de leur vie sociale, familiale et scolaire, ce qui crée de l’anxiété à propos de l’avenir. La douleur peut affecter tous les aspects de la vie d’un enfant. Ensemble, les changements physiques et les conséquences psychologiques de la douleur à long terme peuvent avoir des effets négatifs sur la santé en général.
Ensemble, les conséquences physiques et psychologiques de la douleur chronique ont des répercussions négatives sur la santé en général et prédisposent les enfants à souffrir de douleur chronique à l’âge adulte.


Les effets à long terme

Citer:
[Des professeurs] ont décrit les effets négatifs à long terme de la douleur qui étaient inconnus auparavant. Par conséquent, aujourd’hui, les questions liées à la douleur sont prises très au sérieux. Soulager le plus possible la douleur est maintenant un objectif de traitement en tant que tel. Par exemple, un contrôle efficace de la douleur après une chirurgie permet à l'enfant de marcher plus tôt, de respirer plus profondément et de mieux dormir et, en général, tous ces facteurs favorisent une guérison plus rapide.

La douleur aiguë entraîne la libération d’hormones de stress « de lutte ou de fuite ». Ces hormones de stress entraînent une rupture des tissus de l’organisme, ainsi qu’une augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Au bout du compte, cela cause une pression pour le système immunitaire, ce qui peut compliquer les effets de la blessure ou ralentir le rétablissement.

Les expériences de douleur en début de vie et les doses élevées de morphine laissent fréquemment une empreinte permanente sur le système nerveux en développement. Les douleurs aiguës non soulagées contribuent à l’augmentation de l’excitabilité du système nerveux central. Cela prolonge la douleur et crée une mémoire biologique de douleur.


Pour aller plus loin, une conférence / débat autour de Qu'est-ce que la douleur ? Forum Européen de Bioéthique.
Elle est sans doute le plus fréquent des symptômes et pose encore des difficultés de compréhension. Que sait-on de la douleur ? Vient-elle du corps ou de l'âme ? Est-elle une sensation, une émotion ou encore, une altération somatique ? A-t-elle une source unique ou une origine multifactorielle ? Qu'est-ce que les expériences de la douleur ? Avec David Le Breton, Jimmy Voirin, Jean-Gérard Bloch, Fabrice Lorin, André Muller.




Cordialement,

L’équipe Cap’Culture Santé.
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