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maison de benjamin damette

par luckybhong, le 11/04/2018 à 19:22 - 169 visites

Bonjour j'aimerais avoir des détails concernant la maison des champs construite par Benjamin Damette a Irigny. Quand a t-elle été bâtie, dans quelles circonstances, quel était la profession de Damette, existe-il des anecdotes liées a cette demeure ou a ce personnage? Merci d'avance.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 16/04/2018 à 10:18

Réponse de la Documentation régionale

Surplombant le Rhône, La Damette est une imposante maison des champs, d’un prestige égal à celui des plus belles résidences d’été de la cour papale du XVIIe siècle. Ses dimensions, son parc, son orangerie et ses exceptionnelles dépendances en font un château à part entière.
La demeure est édifiée vers 1680 pour Benjamin Damette, riche marchand lyonnais qui a légué à la postérité son importante correspondance avec l’abbé Nicole de Port-Royal. Grand collectionneur et mécène raffiné, Damette se plaît à enrichir sa demeure d’oeuvres d’art, notamment de remarquables plafonds peints, aussi monumentaux que ceux des grands appartements de Versailles et attribués au maître lyonnais de l’âge baroque, Thomas Blanchet. (…)
Le hall et l’escalier sont peints d’admirables décors en trompe-l’œil, dont le premier présente Bacchus et Cérès, dieux du vin et des moissons. L’escalier marie des paysages du Rhône dans des architectures de marbre feintes, les allégories déclinant le thème des quatre saisons. Au plafond Apollon est entouré par les muses.
Le plafond du grand salon du premier étage s’orne d’un magnifique ciel ouvert à l’italienne. Servis par les Grâces et les Amours, Mars et Vénus assistent au couronnement de leur fille Harmonie, déesse de la Paix.
A l’arrière de la maison, une terrasse flanquée de deux pavillons et précédée d’un escalier en fer à cheval est centrée sur un grand miroir d’eau. Luxe raffiné expliquant peut-être la faillite de Damette, contraint de se séparer de sa demeure de villégiature dès 1698. Une plaidoirie de la cour de justice de Lyon atteste le rachat du domaine par Noël Porral.
Passant de mains en mains sans dommage, la propriété se transforme en laboratoire dans les années 1850, Antoine-François Michel y invitant Henri Sainte-Claire Deville qui réussit à couler le premier lingot d’aluminium de l’histoire. En 1859, le chimiste François Verguin y crée la fuchsine, colorant rouge violacé destiné à révolutionner l’industrie tinctoriale, son ton magenta (ainsi baptisé en souvenir de la victoire des troupes impériales) se substituant à la teinte naturelle de la garance provençale.
Extrait de Châteaux du Lyonnais : 130 demeures historiques entre Rhône, Saône et Loire / Nicolas B. Jacquet, 2014


A propos de Thomas Blanchet : dans notre catalogue
Thomas Blanchet : notice sur le site de la BNF

Dans l’important ouvrage consacré à Thomas Blanchet de Lucie Galactéros-de Boissier, éd. 1991, on peut lire page 375 :
Peintures refusés :
Vénus et Mars servis par les Grâces, Irigny, plafond du salon de la Damette
Encore considéré à Lyon comme de Blanchet. Nous avons attribué le décor de cette fastueuse « maison des champs » lyonnaise au cercle de Jacques Stella. La grande peinture du plafond nous rappelle la manière de Jacques Bouzonnet-Stella, tandis que sur les panneaux des murs (inspirés des décors du palais Cardinal ; repeints au XIXe siècle) des camaïeux illustrant les Tavaux des Mois utilisent des thèmes enfantins gravés par Claudine Bouzonnet-Stella ; par ailleurs, l’iconographie de l’ensemble du décor (salon et plafond de l’escalier) privilégie l’évocation de la gravure. Aujourd’hui, nous pensons que les recherches devraient s’orienter également vers Jean Cotelle le Jeune dont les peintures pour le Trianon montrent des figures proches de celles de Vénus et Mars. Il faudrait encore préciser la filiation des tableaux rapportés à la base de ce plafond lyonnais avec certaines tapisseries des Gobelins : l’Automne ou le Triomphe de Bacchus, d’après Pierre Mignard (tenture de la Galerie de Saint-Cloud), Zéphyre et Flore (Tenture des Métamorphoses, d’après divers artistes).

Il est question de la Damette également dans l’ouvrage Chronique d’Irigny, village du Lyonnais, tome 2 / Yves Chauvin Extraits :
La famille de Benjamin Damette surgit dans les registres paroissiaux en 1680 et disparaît en 1698. Aucune famille de ce nom n’est connue à Irigny avant cette date.
Pour expliquer la présence de Benjamin Damette on peut supposer que le domaine portant son nom appartenait à la famille de sa femme Marguerite Suc, elle l’aurait reçu en dot ou en héritage.
Une famille Suc est nommée dans les registres paroissiaux dès le début du XVIIe siècle (…)

Dans l’ouvrage d’ Emile Salomon : Les châteaux historiques du Lyonnais et du Beaujolais, un chapitre entier du tome 4 est consacré à la Damette, vous pourriez le consulter à la bibliothèque.

On peut voir une photo de la Damette par exemple sur cette page du site Monumentum : carte des monuments historiques français.
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