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Pourquoi tant de prénoms féminins en "-ine" ?

par loppylop, le 19/11/2018 à 07:48 - 1088 visites

Bonjour,
Les prénoms féminins français se terminant en "ine" sont très nombreux :
caroline, carine,martine, justine, eglantine, faustine, charline, marine...
Cela a-t-il une explication etymologique ?
cela est il récent ou, cela a-t-il toujours était le cas ?
Cela semble souvent le cas pour la version féminine de prénoms masculins se terminant par in (martin, robin, justin...), est-ce bien le cas, pourquoi également cette fin en in ?
D'avance merci de votre incroyable fascinant et indispensable site.
Cordialement,

Paul

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 20/11/2018 à 17:08

Bonjour,

Les prénoms en -ine se sont répandus en France à partir de la révolution française.
Comme toute mode, ils reviennent de manière cyclique. Les prénoms en -ine ont connu un nouvel essor dans les années 1860 puis semblent de retour dans les années 1950-1960 (Martine, Catherine, Christine, Corinne) puis dans les années 1970-1980 (Delphine, Carine, Séverine, Céline).

Voici quelques extraits d'un article de Philippe Daumas intitulé « Les prénoms et l’image des filles » (Annales historiques de la Révolution française, 322 | 2000, 111-129) :
" Mais le phénomène dominant est la création de prénoms féminins à partir de prénoms masculins déjà existants, par simple rajout d’un suffixe (ie, ine, ette). Ainsi se multiplient les Albertine, Pascaline, Sébastienne, Guillaumette… et même Toussine, exemple frappant d’un prénom envisagé d’un point de vue strictement phonétique, sans aucun égard pour sa signification. Cette catégorie représente 40% de l’ensemble des nouveautés entre 1790 et 1825. Ces prénoms, tous apparus pendant et après la Révolution, sont étrangers au martyrologe chrétien. Ils sont, tout comme les prénoms révolutionnaires, à l’origine d’un phénomène sur lequel nous reviendrons le refus de l’Église, source de différences entre les prénoms de baptême et ceux de l’état civil. [...]
De manière très logique, l’allongement des prénoms féminins s’accompagne d’un progrès important des terminaisons en ie et en ine. Elles représentent (Marie non inclus) 11% des prénoms attribués en 1775/1779 et 29% en 1820/1825 (graphique ci-dessous). Si le phénomène est en partie lié à l’apparition de nouveaux prénoms féminins dérivés de prénoms masculins, il révèle également le succès d’une sonorité spécifiquement féminine, peut-être considérée désormais comme un attribut de la féminité. "

Pièce jointe:
prénoms.jpg
prénoms.jpg [ 28.87 Kio | Consulté 1078 fois ]


Dans ses travaux portant sur le développement de nouveaux prénoms à partir de la Révolution française, Philippe Daumas émet une hypothèse :
" Il semble par ailleurs que la terminaison en « ie » ou « ine » s'impose de plus en plus comme un des attributs de la féminité. Sa multiplication pourrait alors témoigner, entre autres indicateurs, de la reconnaissance d'un « statut ». Ce ne sont, bien sûr, que des hypothèses à approfondir. "
source : Daumas Philippe. Prénoms et Révolution, 1775-1825. Propositions pour une nouvelle approche méthodologique. In: Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 44 N°1, Janvier-mars 1997. pp. 109-132.

A lire aussi : Familles en Révolution: Vie et relations familiales en Île-de-France / Philippe Daumas


" Concernant les sonorités, les terminaisons des prénoms féminins suivent les modes et se succèdent : en –ette dans les années 1920 (Paulette, Henriette, Josette), en –ianne dans les années 1940 (Christianne, Josianne, Orianne). On observe un changement progressif depuis 30 ans avec des terminaisons en –ie (Julie, Laurie, Valérie), suivies par les –ine (Justine, Valentine, Adeline) ou –ène (Ségolène, Lorène, Solène). Les terminaisons en –a ont depuis quelques temps la cote (Emma, Léa, Mila).
Si seulement 10% des prénoms ont une signification évidente, comme Colombe, Honoré, Prudence ou Dieudonné, le choix est souvent fait par goût de la consonance plutôt que pour le sens. "
Source : Un prénom le choix d'une vie: La psychogénéalogie pour vous aider à faire / Constance Lanxade, Elena Bizzotto

A lire aussi : UNE CONSOMMATION SYMBOLIQUE : LE CHOIX DU PRÉNOM


Certains prénoms masculins formés avec le suffixe "-in" viennent de noms latins en -inus, d'autres sont formés par l'adjonction du suffixe "-in" au radical, d'autres encore sont des diminutifs.
Quelques exemples : Martin vient du latin Martinus dérivé de Mars, dieu romain de la guerre suivi du suffixe -inus
Robin serait un dérivé de Robert, Augustin viendrait d'Augustinus, Justin de Justus (Juste avec ajout du suffixe -in) ...

Bonne journée.
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