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Maison de Force à Chalon-sur-Saône

par Yve, le 10/01/2019 à 20:54 - 206 visites

Bonsoir

Sauriez-vous me dire ce qu'étais la Maison de Force à Chalon-sur-Saône au 18e s. ? Prison ? Des registres de ce lieu existent aux A.D., ils ne contiennent que des décès d'adultes mais aussi d'enfants en bas-âge.

Merci pour votre réponse

Y. Chetaille

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 11/01/2019 à 16:06

Bonjour,

Au XVIIIe siècle, les maisons de force étaient des maisons de sûreté, souvent religieuses, où l'on enfermait des vagabonds, des libertins, des prostituées, des épouses "indignes" et des malades mentaux.

On en trouve un exemple à Caen :
" Dès l'année suivante, cependant, des Lettres Patentes sont effectivement accordées pour « établissement d'une Communauté de Filles séculières sous le titre de Bon Sauveur de Caen », avec « principal soin d'instruire, dans une maison de force, les filles et femmes débauchées » (22). Le Parlement de Rouen n'enregistre ces Lettres Patentes que dix-sept ans plus tard dans le droit fil d'un sabotage systématique des initiatives royales. Ce n'est donc que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que le Bon Sauveur peut s'accroître. En 1785, la maison compte 81 âmes : 30 religieuses « tant de chœur que converses », 12 jeunes demoiselles pensionnaires « pour leur éducation », 15 dames pensionnaires retraitées dites « en chambre », 12 personnes « troublées d'esprit » placées directement par les familles, 6 détenues par ordre de justice et 6 autres par Lettre de Cachet (23). Un glissement de destination s'est produit : la moitié des pensionnaires de force sont des aliénées, et l'autre moitié n'est d'ailleurs pas exclusivement composée de prostituées, ni même de libertines : l'ivrognerie, la dissipation de biens, le danger de mésalliance trouvent aussi leur place.
Les statuts de la Communauté sont d'ailleurs sans équivoque : « Cette maison a pour but le bien de la Société. Les dames qui la composent s'y consacrent sous quatre points de vue différents :
1) elles ont une maison d'hospice où elles reçoivent es filles et femmes folles ;
2) elles visitent les malades et surtout les pauvres, et les soignent à leurs frais ;
3) elles ont une pension pour l'éducation des jeunes demoiselles et font les petites écoles pour les externes ;
4) elles reçoivent les filles de mauvaise vie, et leurs prodiguent les soins d'une charité chrétienne... »
Assistance, éducation, correction procèdent d'un même esprit, d'une même hygiène morale. D'ailleurs le glissement de l'assistance à la correction est d'autant plus aisé qu'il s'opère souvent sur le même individu...
source : Quétel Claude. En maison de force au siècle des Lumières. In: Cahier des Annales de Normandie n°13, 1981. Marginalité, déviance et pauvreté en France (XIVe-XIXe siècles) pp. 43-79.

" Dans celles-ci, dès le début du XVIIe siècle mais alors à faible nombre, les familles avaient commencé à envoyer en correction leurs fils et filles indignes ou libertins, leurs mauvais maris ivrognes, violents, dilapidateurs, leurs mauvaises épouses débauchées, leurs veuves, souvent jeunes encore et tentées par la mésalliance, leurs cryptodélinquants en passe de tomber sous le coup de la justice et de leur causer honte et déshonneur, leurs fous enfin. "
source : Quétel Claude, « Le relais des maisons de force », dans : , Histoire de la folie. De l'Antiquité à nos jours, sous la direction de Quétel Claude. Paris, Tallandier, « Texto », 2012, p. 131-164.

Nous n'avons malheureusement pas trouvé plus d'informations sur la maison de force de Chalon-sur-Saône. Nous vous conseillons de poser votre question à la Bibliothèque de Dijon qui conserve le dépôt légal de la région et probablement plus d'ouvrages que nous sur la question, ainsi que les archives départementales de Saône-et-Loire.

A tout hasard (on ne sait jamais), si vous vous êtes trompé de Chalon, il existait une maison de force à Châlons-sur-Marne : Histoire de la ville de Châlons-sur-Marne et de ses monuments.

Pour aller plus loin :
- Jean-Pierre Carrez, « La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes », Criminocorpus, Varia
- Peny Christine, « Les dépôts de mendicité sous l’Ancien Régime et les débuts de l’assistance publique aux malades mentaux (1764-1790) », Revue d'histoire de la protection sociale, 2011/1 (N° 4), p. 9-23.

Bonne journée.
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