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Le chloroforme et ses capacités

par Sbran, le 08/02/2019 à 14:44 - 160 visites

Bonjour,

je suis à la recherche d'informations sur le chloroforme. Y a-t-il une durée moyenne de l'endormissement ? Y a-t-il eu des expériences menées pour établir jusqu'à combien de temps il est possible d'endormir un être vivant sans danger ? Si oui, quel est ce temps ?
Un record aura peut-être été établi ?

Merci d'avance pour le travail formidable que vous faites !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 11/02/2019 à 15:44

Bonjour,

Commençons par préciser que l’utilisation du chloroforme en tant qu’anesthésique a été abandonnée : irritant pour les yeux et les muqueuses, à haute dose il conduit à la mort par arrêt cardiaque. Aujourd’hui il est utilisé comme solvant.


Le temps d’insensibilisation varie en fonction de la pureté du chloroforme, de la méthode d’administration et du dosage. D’après les sources que nous avons consultées, il faut compter entre trente seconde et quelques minutes. Pendant l’opération on fait régulièrement respirer du chloroforme au patient pour maintenir l’insensibilité et / ou l’immobilité. Concernant le temps du réveil après l’opération (retour à la conscience d’un patient après une anesthésie profonde) les documents que nous avons consultés ne le précisent pas, mais il semble être très variable suivant les patients.


Voici quelques extraits qui peuvent vous intéresser :

« Le malade étant placé convenablement, M. Fauré lui fit respirer du chloroforme pendant dix minutes, dix minutes après lesquelles il nous dit « je m’en vais, je pars, je suis parti », et ferma les yeux.
J’allais introduire un brise-pierre dans l’urèthre lorsque M. V…, tout insensible qu’il était, eut un accès de colère, jura, s’emporta, gesticula violemment pendant une minute et demie environ. Lorsque le calme fut rétabli, et que nous l’eûmes placé convenablement, M. Fauré lui fit respirer encore un peu de chloroforme et me fit signe de commencer.
[…] cette laborieuse opération […] avait duré trente-cinq minutes, […] pendant lesquelles, grâce à la prudente habileté de M. Fauré pour manier le chloroforme, M. V… fut toujours insensible et ne fit aucun mouvement, bien qu’il n’eut pas été attaché. »
Source : Quand les pharmaciens donnaient l'anesthésie, Guy Devaux



« Les inspirations de chloroforme avec l’appareil de M. Elser ont produit l’anesthésie en une minute et quelques secondes, et l’opération était terminée à la deuxième minute ; retour de la sensibilité à la troisième minute »
Source : De l'insensibilité produite par le chloroforme et par l'éther et des opérations sans douleur, Charles-Emmanuel Sédillot


« On a vu l’éthérisation produite à l’aide du chloroforme en une minute, en une minute et demie, en quarante-huit ou trente secondes […]. Comme l’a remarqué M. Simpson, […] dix à vingt larges inspirations ont généralement suffi. Le nouvel agent produit donc, après une période d’excitation plus courte que celle des autres agents narcotiques, une insensibilité généralement plus durable ; il a, sous ce point de vue, quelque avantage sur l’éther, que l’on a rejeté pour certaines opérations longues et délicates. »
Source : Revue des deux mondes, 1847


« au bout de quelques minutes, et de très peu de minutes (de six, dans une première expérience, de quatre, dans une seconde et dans une troisième) »

« Le 24 novembre 1847, Blandin, qui habitait 19, place de la Madeleine, se servit de l’appareil à éthériser de Lüer. Une minute plus tard, le chirurgien put faire son incision, sans provoquer la moindre douleur. […] Roux versait trois grammes de chloroforme sur une éponge en forme d’entonnoir et l’appliquait sans plus tarder sur la bouche et le nez d’un patient. Il ne fallut pas plus d’une minute pour qu’il s’endormît complètement. »

« A l’hôpital du Midi, Vidal (de Cassis) avait fortement humecté une compresse longuette avec du chloroforme, en la plaçant dans un entonnoir en tissu. Il fit inhaler ces vapeurs à un jeune sujet qu’il envisageait d’opérer d’une varicocèle. Le malade fut insensibilisé en moins de cinquante secondes, mais il cria et bougea au moment d’appliquer le procédé de l’enroulement. Au réveil, il ne se souvenait plus de rien. »

« [L’amputation] fut pratiquée, le 25 novembre 1847, sous anesthésie chloroformique. L’insensibilité fut complète après une minute et demie. Il s’agit là de l’une des premières opérations graves, réalisée en France, sous anesthésie au chloroforme. »
Source : Histoire de l'anesthésie : méthodes et techniques au XIXe siècle, Marguerite Zimmer


Vous trouverez encore d’autres informations sur l’anesthésie au chloroforme et ses effets dans L’anesthésie et les anesthésiques usuels.


En complément voici quelques autres réponses du Guichet du Savoir sur l’anesthésie :
- anesthésie
- anesthésie sous l'Ancien régime


Bonne journée.
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