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grimaces

par cely, le 22/04/2019 à 12:38 - 1510 visites

bonjour,

les grimaces se transmettent-elles? les grimaces sont-elles héréditaires (par la génétique) ou par mimétisme ou..?

un grand merci pour votre réponse.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 24/04/2019 à 15:02

Bonjour,

Les expressions du visage, les gestes, et d’autres comportements, font partie de la communication non verbale.
Il s’agit donc d’un comportement social. D’après le psychologue Paul Ekman, l’Homme, quelle que soit son origine, sa culture et sa religion, est capable de se faire comprendre grâce à des expressions faciales particulières correspondant aux émotions de base.

Il semblerait que ces mimiques relèvent non pas de l’acquis comme on pourrait le supposer, mais de l’inné. C’est en tout cas l’idée présentée dans l’ouvrage de Jacques Goldberg, Éthologie animale et humaine : communication et comportement :

« Des universaux de comportement

Un élève de Lorenz, I. Eible-Eibesfeldt, mit bien en évidence que ces dispositions innées du comportement pouvaient être séparées de toute expérience ou apprentissage individuel. C’est ainsi qu’il montra que des enfants, nés sourds et aveugles, présentaient les mêmes mimiques que des enfants normaux, par exemple : sourire, rire, pleurs, froncement des sourcils, au cours de la colère, moue, peur de l’étranger, etc. Il montra également que des bébés appartenant à des ethnies différentes réagissaient de la même façon pour se détourner ou lorsqu’ils avaient peur. De même, des individus appartenant à des cultures différentes quand ils se retrouvent dans des situations sociales identiques, émettent des signaux expressifs semblables : salutations d’accueil, approbation et désapprobation, remerciements, souhaits de bienvenue, colère, menace, satisfactions et joies, baiser, étreinte, flirt. On parle d’universaux du comportement. Naturellement des modulations culturelles apparaissent le plus souvent et modifient quelque peu ces universaux. Ainsi le oui et le non n’ont pas exactement la même expression chez les grecs que dans les autres populations européennes. Le haussement des sourcils […] est considéré comme discourtois chez les japonais.

[…] Au cours de l’évolution, des mimiques de Primates non humains semblent avoir évolué vers certaines expressions humaines : pleurs, rires et sourires sont souvent, pourtant, considérés comme spécifiquement humains et ont, en fait, des équivalents ritualisés chez les Primates non humains. Toutes les mimiques faciales des Primates non humains à l’exception du claquement des lèvres se retrouvent dans le répertoire humain de l’expression des émotions (ce que Ekman et Friesen appellent affect displays, manifestations affectives). Pour le dégoût-mépris et la surprise, les équivalents ritualisés ne trouvent pas de correspondants évidents et on a quelque doute sur leur origine.

Les communications non verbales

Elles dépendent 1) du codage, c’est-à-dire de la production de mouvements expressifs, sous des conditions appropriées, par un émetteur et 2) du décodage c’est-à-dire de l’interprétation de cet aspect du mouvement par celui qui reçoit. Or, nous savons par des preuves expérimentales (primates non humains élevés en isolement, sans compagnon) que ces mimiques faciales sont pratiquement indépendantes de tout apprentissage social. Mais une expérience sociale importante reste essentielle pour obtenir, dans le cas de ces expériences, des expressions suffisamment subtiles et ajustées. Il en est de même du décodage. Dans l’espèce humaine, le répertoire de base des expressions émotionnelles affectives se développe même si les facteurs sociaux et culturels sont absents.

Pourtant, les adaptations dans le comportement social humain entrant dans le cadre de l’adaptation phylogénétique n’ont pas la rigidité des rites et des cérémonies animales. Ce sont plutôt des motivations innées couplées à des dispositions à apprendre. Les rites culturels se sont probablement développés à partir de telles dispositions. Les cérémoniaux de salutation et d’accueil sont multiples dans leurs expressions mais ils ont tous une même base et une même fonction d’apaisement. Les formes d’offrandes de cadeaux sont multiformes, les révérences et les salutations, les danses ou les poignées de mains varient beaucoup d’une culture à l’autre mais revêtent toutes des bases communes. Beaucoup d’activités culturelles ont une base biologique.

L’origine des communications non verbales

La plupart des mouvements d’expression (en communication non verbale) peuvent être considérés comme des mouvements ritualisés. Par exemple, le mouvement des lèvres qui accompagne les grincements de dents souvent dans une situation de défense, entrerait au moins dans l’origine d’une catégorie de sourire : geste de pacification interprété plutôt comme amical. A propos de l’origine du rire et du sourire, van Hoof […] a mis en évidence des homologues infra-humains de ces complexes : les manifestations expressives à dents découvertes (bared teeth display) et les manifestations bouche ouverte - visage détendu (relaxed open-mouth display).

Les premières sont fréquemment accompagnées de vocalisations (cris aigus ou perçants) et se retrouvent chez de nombreuses espèces de Mammifères. Elles sont alors accompagnées d’une tendance à fuir, particulièrement quand l’animal est contrarié ou coincé, ou lorsqu’il subit une frustration. Chez certains primates, ce display (manifestation) silencieux apparaît comme un geste de soumission ou est émis, au contraire, par un dominant en direction d’un dominé (comme fonction rassurante). Dans d’autres genres de Primates il est associé au léchage de babines ; le contexte permet de penser qu’il est alors utilisé comme expression d’attachement.
On peut donc, en somme, raisonnablement penser qu’il s’agit d’un pattern originellement protecteur ou défensif qui a pu finir par devenir un signe de soumission, de non-hostilité et même de bonne disposition.
Les secondes manifestations (à bouche ouverte) ressemblent beaucoup au display à bouche ouverte fixée qui se produisent dans des contextes agressifs. Elles en diffèrent cependant en ce que les coins de la bouche ne sont pas tirés en avant et que les mouvements de l’œil et du corps ne présentent pas la même tension. On les trouve chez quelques espèces de babouins et de chimpanzés où elles accompagnent les luttes de jeu, les turbulences des jeunes ou les poursuites. Des vocalisations de type « ohh, ahh » y sont souvent jointes.

Van Hoof a spécialement étudié les mouvements expressifs utilisés par les chimpanzés et ainsi mis en évidence 53 éléments comportementaux fréquents qu’il a pu diviser en 5 grandes catégories causales :

Systèmes
1. D’affiliation
2. De jeu
3. D’agression
4. De soumission
5. D’excitation.

Le premier, display silencieux à dents découvertes, est relié étroitement à la catégorie d’affiliation tandis que le [i]display à bouche ouverte – face détendue à la catégorie de « jeu ».
Il suggère de même que ce display est phylogénétiquement relié à notre sourire et le display bouche ouverte visage détendu à notre rire. Mais les deux sont étroitement reliés et fusionnent souvent chez certaines espèces comme le Mandrill. On peut penser que les deux types, bien qu’indépendants pour leur origine phylogénétique, ont pu également fusionner dans l’espèce humaine. »

Nous espérons que ces éléments répondent à vos interrogations. Dans le cas contraire n'hésitez pas à préciser votre question, en rédigeant un nouveau message via "je pose ma question".


Bonne journée.
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