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Légendes lyonnaises

par Nulenhistoire, le 23/04/2019 à 13:53 - 1777 visites

Bonjour,

3 questions en vrac sur le passé de Lyon :

1/ Rome a sa fondation légendaire avec Rémus et Romulus. Il en est de même pour Lyon avec Momoros et Atépomaros.
Néanmoins, je suis tombé 2 fois sur la mention d'un prince nommé Lugdus qui aurait fondé la ville. Qu'en est-il ? Qui est-il ?

2/ Wikipédia indique que Ponce Pilate est né en Italie mais pour beaucoup d'historiens il serait natif de Lugdunum ou de Vienne ; qu'en est-il ?

3/ Quelle est la signification de la devise de la ville de Lyon ?

Merci à vous

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 26/04/2019 à 11:18

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour, comme vous pouvez le lire dans la rubrique Comment ça marche du Guichet du savoir, "Le message ne doit comporter qu'une seule question.", avec une limite à trois questions par semaine, cela afin de permettre aux bibliothécaires qui vous répondent de s'organiser et de vous fournir des réponses de la meilleure qualité possible dans le temps de recherche imparti. Vous recevrez donc trois réponses distinctes à votre message, et nous vous remercions à l'avenir de créer un message par question.
Concernant votre première question sur la fondation légendaire de Lyon, nous vous fournirons une réponse mardi prochain, pour des raisons d'organisation de service. Vous recevrez très prochainement une réponse aux questions 2 et 3.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 26/04/2019 à 12:05

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Réponse à votre deuxième question : 2/ Wikipédia indique que Ponce Pilate est né en Italie mais pour beaucoup d'historiens il serait natif de Lugdunum ou de Vienne ; qu'en est-il ?

Dans le Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire rédigé par MM. Bréghot du Lut et Péricaud aîné, nous trouvons, à la page 229, que Pilate Ponce n’appartient à la biographie lyonnaise que parce que quelques auteurs l’ont fait natif de Lyon comme Claude de Rubys, Histoire véritable de la ville de Lyon. La numérisation de ce document est visible sur Google Books à partir de la cote d'un exemplaire. Il y est marqué que "Pilate serait natif du Dauphiné, aurait eu une maison entre Tain et Saint-Vallier sur le bord du Rhône mais que d’autres l’ont fait natif de Lyon. Mais que tout cela ne sont que fables car s’il avait été de ce pays on ne l’aurait pas envoyé en exil à Vienne".

Dans le livre Ces Lyonnais étranges : de Ponce Pilate à nos jours, Félix Benoit indique qu' Aimé Vingtrinier, bibliothécaire et érudit sans concession à la facilité, écrit en 1891 que Ponce Pilate serait né à Lyon une vingtaine d’années avant l’ère chrétienne vraisemblablement dans une maison située Montée Saint-Barthélémy. S’étant retiré à Lyon vers l’an 37, il y serait mort.
Aimé Vingtrinier précise que Saint Antonin, archevêque de Florence (1389-1459) aurait écrit « Pilate fut accusé, quelques années après la mort du Christ…de violences et de mises à mort de gens innocents…l’empereur rendit alors contre lui une sentence et l’envoya en exil à Lugdunum, là où il était né". Toujours dans ce document, il est mentionné que l’historien Eusèbe de Césarée (265-340) fut le premier à affirmer que Pilate, frappé de plusieurs calamités durant son exil à Lugdunum se tua de sa propre main. Mais d’autres l’ont fait naitre en Italie et fallacieusement mourir à Vienne en Dauphiné.

Dans Lyon secret Félix Benoit répond de façon affirmative à la question : Est-il exact que Ponce Pilate naquit à Lugdunum ? Ce serait la thèse de nombreux érudits lyonnais du siècle passé. Ponce Pilate serait né en l’an 19 avant notre ère dans une maison du quartier de Fourvière où son père occupait un poste de haut fonctionnaire romain. L’historien Eusèbe de Césarée (265-340) a prétendu de son côté que Ponce Pilate fut de retour à Lugdunum, sa ville natale, en l’an 37, étant l’objet d’une disgrâce sur laquelle on n’a pas d’informations précises.
Ces deux livres apportent les mêmes informations.

Poursuivant nos recherches, mais n’avons trouvé aucune indication sur son lieu de naissance ni même sur la date concernant Ponce Pilate dans les documents suivants :
- Ponce Pilate : une énigme entre histoire et mémoire / Aldo Schiavone,
- Les personnages dans l'Evangile de Jean : miroir pour une christologie narrative / Alain Marchadour,
- Dictionnaire biblique universel / L. Monloubou,...
- Encyclopédie biblique : dictionnaire et concordance des Saintes Ecritures / Frank Reisdorf-Reece.

Nous avions déjà eu une question similaire. Voici la réponse que nous avions alors apportée.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 26/04/2019 à 12:24

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Réponse à votre troisième question : 3/ Quelle est la signification de la devise de la ville de Lyon ?

La ville de Lyon n’a pas à proprement parler de devise officielle mais plusieurs sont ou ont été d’usage.

Sur la page Wikipédia consacrée aux devises de villes, il est répertorié cinq devises différentes pour la ville de Lyon :

- « Avant ! Avant ! Lion le Melhor » (en franco-provençal) que l’on peut traduire par « Avant ! Avant ! Lyon le meilleur ! ». Considéré également comme le cri de guerre de la ville, elle tient son origine de la grande « Rebeyne », une émeute frumentaire qui eut lieu en 1269.

- « Suis le Lion qui ne mord point, sinon quand l'ennemi me poingt. » Une devise qui tient son origine d’un poème de Clément Marot empruntée à l’Adieu à la Ville de Lyon (1536)
« Adieu Lyon qui ne mords point,
Lyon plus doux que cents pucelles
Sinon quand l’ennemy ne poind ;
Alors, fureur point ne celles… »
Source : Dictionnaire de Lyonnaiseries, Louis Maynard Tome 2 p.39

- « Ung Dieu, [ung Roy,] une Loy, une Foy » : des vers extraits encore une fois d’un poème cette fois-ci de Pierre Gringoire poète du XVe siècle.

- « Virtute duce, comite fortuna » (La vertu pour guide, la chance pour compagne). Cette devise est celle qui parait la plus couramment utilisée comme devise de la ville de Lyon. Selon la page Wikipédia sur la ville de Lyon, ainsi que selon celle sur les Armoiries de Lyon , cette devise est une formule que Cicéron aurait utilisée dans une lettre adressée à Lucius Munatius Plancus, le fondateur de Lugdunum. Cette formule a également été utilisée par Sébastien Gryphe, imprimeur et libraire lyonnais du XVe, qui l’utilisait en tête de ces éditions dans sa marque d’imprimeur.

- « Lyonnais toujours ». Nous n’avons pas trouvé d’éléments sur cette devise.


Vous pouvez également consulter les sites de deux amateurs de l’histoire de Lyon ici et ici.

Autre source : Le Dictionnaire des devises historiques et héraldiques, Chassant, Alphonse, Vol.1 p.345 et Vol.2 p.677.


Bonne journée

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 30/04/2019 à 14:49

Réponse de la Documentation régionale


Bonjour,

Réponse à votre première question : 1/ Rome a sa fondation légendaire avec Rémus et Romulus. Il en est de même pour Lyon avec Momoros et Atépomaros.
Néanmoins, je suis tombé 2 fois sur la mention d'un prince nommé Lugdus qui aurait fondé la ville. Qu'en est-il ? Qui est-il ?

Dans Lyon avant Lugdunum, Franck Perrin consacre un chapitre à Lyon avant les Romains : certitudes et hypothèses (p. 18-23). Il y fait référence aux deux légendes de la fondation de Lyon que vous mentionnez. En voici quelques extraits :

« De nouvelles certitudes vinrent d’Italie vers 1497, année où le dominicain Giovanni Nanni dit Annius de Viterbe publia des extraits inédits d’ouvrages de l’époque hellénistique qu’on croyait à jamais perdus, ceux de Manéthon, prêtre égyptien célèbre pour sa généalogie des pharaons de l’Egypte, et de Bérose, astronome babylonien, fameux auteur d’une histoire de l’Assyrie, de la Babylonie et de la Perse. Ces documents permirent à Annius de faire remonter loin dans le temps la généalogie des Européens, notamment celle des Celtes qui selon lui descendaient de Noé lui-même ! Dans la France du début de la Renaissance, cette curieuse histoire sera reprise par l’historien Jean Lemaire de Belges dont les « Illustrations de la Gaule » connaîtront un vif succès.
Parmi ces anciens rois
« français » figurait un certain Lugdus, qui aurait régné très précisément en 1637 avant J.-C. : ce prince gaulois, fondateur de la ville de Lyon, aurait eu pour ancêtres la reine Galatée, les rois Bardus, Druius et Samothès mais aussi le dieu Héraclès. Ces affirmations durent sans doute plaire aux Lyonnais de la Renaissance, qui trouvaient déjà dans les écrits des auteurs gréco-latins, Strabon et Polybe pour ne citer qu’eux, des témoignages sur la grandeur de Lyon « L’Isle gallique », à leurs yeux ville et place centrale de la France depuis l’Antiquité préromaine.
En fait, comme certains l’avaient très tôt envisagé, les textes découverts par Giovanni Nanni n’existaient que dans son imagination. Derrière le nom de ces rois celtes étaient cachées diverses fonctions sacerdotales gauloises : druide, semnothée, barde. Manifestement, Annius de Viterbe avait eu à disposition les livres de César, Strabon et notamment Diodore de Sicile dans lequel il avait puisé le récit du passage d’Héraclès en Gaule, sa venue à Alésia et son union avec une grande princesse gauloise. Ainsi Lugdunum n’avait jamais existé au cours de ce que l’on appelle aujourd’hui l’âge du Bronze ancien et aucun
« chimérique Lugdus », roi des bords de Saône, n’avait été le contemporain des monarques des rives du Nil et de l’Euphrate : Lyon perdait plus d’un millénaire et demi d’histoire et redevenait la cité romaine fondée en 43 avant J.-C. par Munatius Plancus, lieutenant de César.

Pour autant les historiens lyonnais de renoncèrent pas dans la recherche des origines de la cité. A la fin du 17e siècle, l’historien et jésuite lyonnais Ménestrier (1696) avança l’idée que la colonie romaine avait été précédée par une agglomération indigène, affirmation précisée quelques années plus tard par le Père de Colona qui écrivit que Lyon est
« une ville fondée par des Grecs ou par des Gaulois devenus Grecs ». Ces certitudes seront confortées par la lecture d’un texte antique longtemps attribué à Plutarque, le traité sur Les fleuves, les montagnes et ce que l’on y trouve (en latin De Fluviis) :
« L’Arar est un cours d’eau de la Gaule celtique, ainsi nommé jusqu’à sa réunion avec le Rhône. (…)Auprès de cette rivière s’élève un mont appelé Lougdounon ; il a changé de nom pour la raison que voici : Mômoros et Atépomaros, chassés du pouvoir par Sésèroneus, vinrent sur cette colline, obéissant à un oracle, pour y fonder une ville. Alors qu’on creusait les fondations, tout à coup, apparurent des corbeaux, voltigeant de tous les côtés, qui emplirent les arbres alentour. Alors Mômoros, expert en présages, appela cette ville Lougdounon. En effet, dans leur dialecte, on appelle corbeau « lougos » et une éminence « dounon », comme le rapporte Clitophon, au livre 13 de ses Fondations urbaines. »
Pseudo-Plutarque, Des fleuves, des montagnes et ce que l’on y trouve, 31. Traduction Gérard Lucas, Jean-Claude Decourt, Lyon dans les textes grecs et latins, Travaux de la Maison de l’Orient, 1993, p. 68-69.

Cet opuscule comporte un récit de fondation urbaine bien antérieur à celle de Plancus. (…) L’unicité de ce texte et l’absence de Lugdunum dans les sources historiques de la fin de la République alimenteront bientôt un débat lyonnais entre partisans de l’origine gauloise et défenseurs d’une création romaine.

(…)
Lyon gaulois : un beau roman, une belle histoire ?
Ce texte de Pseudo-Plutarque en fait anonyme, fut peut-être rédigé au début du 2e siècle après J.-C. On le considère souvent comme une oeuvre de compilation totalement fantaisiste, parfois on le tient pour un livre de magie antique, composé dans la lignée du
« Traité des sympathies » de Bolos de Mendès. »

Vient ensuite une analyse des éléments de la légende qui serait trop longue à reproduire ici et dont nous vous laissons prendre connaissance p. 20 à 22 de l’ouvrage.

Elise Rajchenbach-Teller s’intéresse à Jean Lemaire à Lyon dans son livre publié en 2016 : Mais devant tous est le Lyon marchant : construction littéraire d'un milieu éditorial et livre de poésie française à Lyon (1536-1551). Vous pouvez consulter cet ouvrage en salle de la Documentation régionale. Certains extraits sont consultables sur Google books.

Vous trouverez un exemple de la controverse provoquée par Jean de Viterbe et son « Lugdus » dans l’Almanach de Lyon et du Département du Rhône de 1797-1798, consultable sur Google books.

Vous trouverez de nombreuses mentions de ce Lugdus inventé par Viterbe et repris par Lemaire dans la bibliothèque numérique Gallica par exemple.
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