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Glacier jusqu'à Lyon

par Bernard Louis, le 16/07/2019 à 17:29 - 1351 visites

Jusqu'à quand les glaciers des Alpes s'étendaient ils jusqu'au site actuel de la ville de Lyon ?
Y avait-il déjà des hommes dans la région ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 17/07/2019 à 11:26

Bonjour,

Un article du chercheur Pierre Thomas sur Le Gros Caillou de la Croix-Rousse indique à quelle période les glaciers alpins ont atteint le site de Lyon :

« Le maximum glaciaire du Riss (-140 000 ans) correspond à l'extension maximale des glaciers alpins, qui ont atteint le site de Lyon, sans jamais le dépasser. Lors de la dernière glaciation (le Würm, -18 000 ans), les glaciers alpins s'arrêtaient une vingtaine de kilomètres à l'Est de Lyon, juste avant l'aéroport Saint Exupéry. »

Notons que la glaciation de Riss aurait débuté vers -325 000 et pris fin aux environs de -130 000 ans.

Cette période coïncide plus ou moins avec le Paléolithique moyen : en Afrique comme en Europe, le Paléolithique moyen débute autour de 350 000 ans avant le présent, et s’achève en Afrique comme en Europe autour de 45 000 ans AP.


Il est difficile d’affirmer si la région était habitée par des hommes du paléolithique au maximum glaciaire du Riss. Des fouilles effectuées dans la vallée inférieure de la Saône révèlent une présence postérieure, entre la fin du paléolithique moyen et le début du paléolithique supérieur (57000 à 37000 BP). On peut donc au moins supposer que des hommes vivaient à Lyon ou ses alentours pendant la période würmienne.

Nos collègues du département de la Documentation Régionale seront peut-être en mesure d’apporter des informations complémentaires à ce sujet.


Bonne journée.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 18/07/2019 à 10:52

Réponse de la Documentation régionale

A propos des périodes de glaciation du site de Lyon, ajoutons quelques compléments extraits de l’Atlas des glaciers disparus publié par le glaciologue Sylvain Coutterand en 2018 :

« Les glaciations se sont succédé, entrecoupées de phases de réchauffement, façonnant les paysages. (…) La dernière ère glaciaire, correspondant au Quaternaire, a commencé il y a environ 2,6 millions d’années. Elle comporte elle-même un grand nombre de glaciations : une douzaine lors du dernier million d’années, dont les quatre dernières sont relativement bien connues. »
« Lyon : depuis un million d’années, les glaciers se sont étalés au moins une dizaine de fois sur la région lyonnaise. Il y a 30 000 ans, lors du dernier maximum, ils s’avancent à une quinzaine de kilomètres de l’agglomération, à l’emplacement de l’aéroport Saint-Exupéry. »

L’ouvrage présente plusieurs cartes avec des états successifs des glaciers des Alpes à plusieurs étapes des deux dernières grandes périodes glaciaires, le Riss et le Würm. Voici un extrait des commentaires qui les accompagnent :

- Le Riss max, 450000 ans : « A Lyon, le glacier recouvrait la colline de Fourvière et atteignait Tassin-la-demi-Lune, où il butait contre le promontoire du Mont-d’Or. Plus au sud, la bordure du glacier rejoignait le cours actuel du Rhône à Givors, puis la langue du glacier de l’Isère qui s’avançait jusqu’à l’arc des moraines frontales de Beaufort-Pajay, à l’ouest de la Côte-Saint-André ».

- Il y a 170000 ans, le Riss récent : « A Lyon, le Riss récent correspond à la « glaciation de Caluire ». De nombreux dépôts glaciaires en témoignent, comme les crêtes morainiques qui bordent le sud du plateau de la Dombes et se prolongent par les moraines de Caluire et de la Croix-Rousse. A la Croix-Rousse, sur la place du Gros-Caillou, le célèbre bloc erratique de quartzite triasique provenant de Haute Maurienne est contemporain de cette glaciation. Le glacier vint une dernière fois en contact avec le massif du Mont-d’Or en rive droite de la Saône, formant un nouveau barrage glaciaire d’un niveau inférieur aux précédents. »

- Il y a 30000 ans, la dernière glaciation du Würm : « Sur les plaines de l’est lyonnais, on observe une série de moraines frontales bien individualisées. Durant les stades maximums, l’alimentation en glace était suffisante pour permettre aux glaciers savoyards de s’étaler sur la région, abandonnant les moraines frontales de Grenay à 20 kilomètres de Lyon. »

L'occupation humaine en Rhône-Alpes à la préhistoire

Notons, avant d’aborder plus précisément le sujet, que la connaissance de cette présence humaine est tributaire des découvertes archéologiques successives, et donc nécessairement lacunaire.
Au préalable, jeter un œil sur la chronologie proposée sur le site de l’INRAP vous permettra de situer les grandes périodes d’occupation humaine et leur terminologie.

A Lyon, les traces de présence humaine les plus anciennes qui ont été découvertes remontent à l’épipaléolithique (environ 12000 avant J.-C.), essentiellement en bord de Saône ou au cœur de la cuvette de Vaise, selon le numéro 562 d’Archéologia qui s’intéresse au sujet dans le dossier Lyon : les révélations de l’archéologie.
Pour plus de détails, voir Préhistoire et système d’information géographique : processus appliqué à une occupation épipaléolithique, un article paru dans le Bulletin de la Société préhistorique française en 2013 ( 110-1 pp. 47-64).

A proximité, « La plaine de l’Est lyonnais, où se sont épandus les débris des glaciers sous forme de collines morainiques surmontées de lœss ou de terrasses fluvio-glaciaires, est le siège d’occupations humaines depuis le Mésolithique jusqu’à l’Antiquité », selon le résumé de l'article paru dans la revue Quaternaire (2005, vol. 16, n°2) sous le titre Reconstitution paléo-environnementale à partir du contexte géomorphologique de quatre sites archéologiques de la plaine de l'Est lyonnais (Rhône, France).

Des fouilles archéologiques préventives menées à Quincieux en 2013 et 2014 ont révélé la présence de l’homme de Neandertal à la fin du paléolithique moyen (de 55000 à 35000 avant notre ère). Voir le livret Quincieux avant l’autoroute. 50 000 ans d’histoire en bord de Saône sur le site web de L’INRAP.

Il existe cependant des traces d’habitat bien plus anciennes dans la Région, comme l’indique l’ouvrage grand public de Xavier Alix édité par EMCC en 2013 :
Préhistoire en Rhône-Alpes. Y figurent par ordre chronologique les Pré-néandertaliens d’Orgnac vers 350000 avant J.-C., ou encore les Néandertaliens cannibales de Soyons vers 120000 avant J.C. Il y avait donc bien une présence humaine dans la région pendant l’âge glaciaire de Riss, celui où les glaciations touchèrent le site de Lyon pour la dernière fois.
Le Guide des musées et des sites de préhistoire dans la Drôme propose une frise chronologique qui offre un aperçu synthétique de la présence humaine observée dans ce secteur.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

- Des sociétés en mouvement : évolution des sociétés magdaléniennes et aziliennes des Alpes du Nord françaises de Ludovic Mevel (CTHS, 2017)

- La fin du Paléolithique supérieur dans les Alpes du nord françaises et le Jura méridional : approches culturelles et environnementales : projet collectif de recherche, Mémoire de la Société préhistorique française n°50 (2009)

- 150 ans de préhistoire autour de Lyon, Muséum d’histoire naturelle de Lyon, cahier scientifique hors série, 2005.
Vous pourrez y trouver notamment un article de Jean Combier intitulé Quelle présence humaine dans l'espace rhodanien avant le stade 5 (135 ka) (consultable en ligne sur Persee). S’il s’agit d’un article visant un public averti, vous y grapillerez néanmoins des informations intéressantes. En voici quelques extraits :

« Au centre, entre Lyon et Valence, dans la région lyonnaise au sens large, l’action très intense des phénomènes glaciaires et fluvio-glaciaires a été tout à fait défavorable à la présence humaine ; mais aussi à la conservation de sites éventuels pouvant correspondre à des incursions humaines, survenues au cours de phases climatiques favorables. »
« Si l’on ne connait pas dans la région proche de Lyon de restes du paléolithique inférieur, des traces de celui-ci existent en Bas-Dauphiné au débouché de la Bièvre-Valloire (Agnin), et dans la zone de confluence du fleuve et de l’Isère à Châteauneuf d’Isère et Curson. Sauf dans ce dernier gisement, où l’outillage original évoque le Clactonien (mais pourrait être propre à un site de chasse), nous sommes en présence de traces infimes de passages remontant seulement à l’Acheuléen supérieur (autour de 150-200 ka ?) »
« Au nord, entre Lyon et Chagny, la présence d’un Acheuléen supérieur à éclats Levallois a pu être observée en plein air dans une quinzaine de localités des vallées de la Saône et de ses affluents de la rive droite (…) »

- Le site de Lyon, panorama de son évolution, article de Ph. Russo et A. Audin, Géocarrefour, 1961 (36-4 pp. 295-346) (Consultable sur Persée) :
A pondérer aujourd’hui, l’article datant de 1961 ne bénéficie pas des dernières découvertes et notamment de la datation au carbone 14, mais il dresse un portrait de la physionomie du site lyonnais à travers les âges qui devrait vous intéresser.

- Nouvelles données sur les occupations humaines du début du Pléistocène supérieur de la moyenne vallée du Rhône (France). Les sites de l’abri des pêcheurs, de la Baume Flandin, de l’Abri du Maras et de la grotte du Figuier (Ardèche), article paru dans la revue Quaternaire, 2010 (Volume 21 Numéro 4)

- Les séquences alluvio-lœssiques du Würm moyen/supérieur de Quincieux et de Lyon (Rhône-Alpes, France) : premières interprétations paléoenvironnementales et corrélations, Quaternaire, 2017 (Volume 28 Numéro 4)(article consultable dans son intégralité à partir de décembre 2019)
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