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Noms des villes étrangères

par JS2, le 01/08/2019 à 22:49 - 521 visites

Hello cher guichet,

Mais diable pourquoi les Français françisent-ils les noms des capitales étrangères, et sont-ils les seuls à le faire ?

Pourquoi dit-on Londres et Lisbonne pour London et Lisboa ? Les Anglais nomment-ils Toulouse "Toolooz" ?

Merci !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 02/08/2019 à 14:29

Bonjour,

Comme nous l'indiquions dans cette précédente réponse, les Français, et plus généralement les francophones, ne sont pas les seuls au monde à traduire dans leur propre langue les noms géographiques : créant ainsi ce que l’on nomme des exonymes.

" Les toponymes, lorsqu’ils sont transposés, transcrits, adaptés dans une autre langue sont appelés exonymes.
Frankreich est l’exonyme allemand de France.
Allemagne est l’exonyme français de Deutschland.
Les exonymes de España sont Spain en anglais, Spanien en allemand, Spagna en italien, Espagne en français… "
source : France terme

L'ONU, à travers le UNGEGN en anglais, ou le GENUNG (Groupe d'experts des Nations Unies pour les noms géographiques) en français, a d'ailleurs recensé les principaux exonymes et travaille à l'uniformisation de l'usage des noms de lieux dans le monde.
Nous vous invitons à consulter son site internet : UNGEGN World Geographical Names.
Il est présenté ainsi :

Citer:
" Quel est le nom complet de l'Egypte en arabe ou en anglais ? Comment la capitale de l'Ukraine est-elle écrite en ukrainien ou utilisée en espagnol ? Quelle est la capitale du Burkina Faso et comment se prononce-t-elle ? Quelles sont les coordonnées de Recife au Brésil ?
Afin de répondre à ces questions, la Division de statistique de l'ONU et le Groupe d'experts des noms géographiques de l'ONU (UNGEGN) sont en train de mettre au point une base de données sur les noms géographiques géoréférencés multilingue et multiscriptuels, avec l'aide de la Section de la terminologie et des références de l'ONU Section de la cartographie et du Groupe de travail des Nations Unies sur l'information géographique (UNGIWG).
Sur le Web, les utilisateurs de bases de données peuvent accéder aux noms abrégés et complets des pays (193 États membres des Nations Unies), de leurs capitales et des grandes villes (plus de 100 000 habitants) pour de nombreux pays. Les endonymes de villes faisant autorité sont principalement fournis par les autorités de noms nationales et des fichiers audio sont ajoutés pour aider les utilisateurs à prononcer leur prononciation.
À ce stade, la base de données contient plus de 2 700 noms de pays, dont 6 100 noms pour 3 362 villes et plus de 970 fichiers audio. En tant qu’outil de référence utile pour la gestion de la géo-information, la base de données sur les noms géographiques dans le monde, établie par le GENUNG, continuera d’être développée, améliorée et mise à jour régulièrement."


En complément, voici un extrait de l'ouvrage intitulé Manuel de normalisation nationale des noms Géographiques (page 126) qui explique comment se sont formés ces exonymes :

Citer:
"Lorsque l’on parle d’un exonyme d’un lieu, il faut toujours indiquer la langue dont il s’agit. Les exemples ci-après ne sont que quelques-uns parmi bien d’autres : Brunswick est un exonyme de l’endonyme allemand Braunschweig ; Kopenhagen est l’exonyme allemand et Köpenhamn l’exonyme de l’exonyme suédois pour le danois KØbenhavn (exonyme anglais : Copenhagen) ; Moscou est l’exonyme français et Moscow l’exonyme anglais de l’endonyme de la capitale russe (romanisé comme Moskva). De même, Cairo est l’exonyme anglais de l’arabe al-Qāhirah.
Il y a essentiellement trois raisons à l’apparition, à l’existence et à la persistance des exonymes.
La première est historique.
Fréquemment, les explorateurs, ignorant les noms locaux existants ou les colonisateurs et conquérants militaires qui ne s’en préoccupaient guère, ont donné des noms dans la propre langue aux entités géographiques ayant déjà des noms autochtones et ces exonymes ont continué d’être utilisés dans les pays concernés. L’un des exemples les plus connus est celui du Mont Everest, nommé en honneur du chef des Services cartographiques britanniques en Inde en 1830 et 1843. Ce nom est ultérieurement devenu un endonyme officiel, mais cette entité géographique était et est encore appelée Qomolangma par les Thibétains et Sagarmāthā par les Népalais. Ces autres noms sont appelés allonymes.
La deuxième raison est liée aux problèmes de prononciation. Il se peut qu’une communauté linguistique donnée ne puisse pas prononcer un nom étranger déterminé ou même entendre certains de ses sons, et soit ainsi amenée à l’enregistrer de manière erronée. Beaucoup d’Européens sont incapables de prononcer le son arabe gh, غ, comme dans « Ghazza » ou « Benghāzi » et le remplacent souvent par un g dur, ce qui donne Gaza et Bengazi.
Enfin, si l’entité géographique s’étend sur plus d’un pays, il se peut qu’elle ait un endonyme différent dans chacun d’eux. En pareils cas, les autres pays les remplacent habituellement par un exonyme. Le fleuve qui a sa source en Allemagne sous l’endonyme Donau et qui se déverse dans la mer Noire comme le Dunaj traverse huit pays et a cinq endonymes différents ; pour simplifier, par conséquent, la langue française emploie l’exonyme Danube pour désigner l’ensemble du cours du fleuve. "


Bonne journée.
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