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Aimer Brahms, ou pas

par gerard1950, le 13/10/2019 à 12:32 - 156 visites

Bonjour,

Je possède deux exemplaires du livre de Françoise SAGAN, portant tous deux la même date - achevé d'imprimer: le 27 juillet 1959- et imprimés par le même imprimeur ( Emmanuel GREVIN et fils.)

Or, le titre de l'un des livres est: "Aimez-vous Brahms ?",
et le titre de l'autre: "Aimez-vous Brahms .."

Existe-t-il une explication de cette ponctuation différente:" ? " et ".."
[:deux points et non trois] [.. et je ponctue cette question d'un point d'interrogation !] ?

D'avance, merci de vos éclairages.
Bien cordialement,

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 15/10/2019 à 10:25

Bonjour,

Nous n'avons pas trouvé de réponse définitive à cette question. Plusieurs sources indiquent que ce serait Françoise Sagan qui aurait préféré les deux points de suspension et que son éditeur aurait hésité ; publiant une première fois l’œuvre avec un point d'interrogation puis préférant finalement, à l'image de Léon-Paul Fargue, les deux points de suspension.
Nous avons contacté L'Association Françoise Sagan qui nous a confirmé que l'usage des deux points de suspension était bien un choix délibéré de la part de Françoise Sagan et qu'il s'agit bien du titre original. Nous remercions ici Denis Westhoff, son fils, pour sa réponse.

Quelques sources :
- Françoise Sagan: Le tourbillon d'une vie / Bertrand Meyer-Stabley
- Pour une graphématique des usages : le cas de la ponctuation dans le dialogue télématique / Anis Jacques. In: Linx, n°31, 1994. Ecritures, sous la direction de Jacques Anis. pp. 81-97.
- En lisant le Traité de la ponctuation française de Jacques Drillon

" Mais pourquoi le titre Aimez-vous Brahms.. comporte-t-il deux points de suspension au lieu du point d’interrogation traditionnel ?
Au matin de la sortie du livre, alors que les volumes s’enlevaient comme des petits pains chauds, l'éditeur, enfermé dans son bureau avec le plus ancien de ses conseillers littéraires, M. Hugot, regardait la couverture d'un air songeur : — Je n'aime pas beaucoup ce point d'interrogation, dit-il. Le lecteur désire que nous répondions à ses questions, et non pas que nous lui en posions.
— Mettons donc des points de suspension, déclara M. Hugot. Et comme au fond ils ne sont pas indispensables, n'en mettons que deux. Léon-Paul Fargue disait: « Là où deux points suffisent, inutile d'en mettre trois. »
Innovation violemment critiquée par M. Emile Henriot, chroniqueur littéraire du « Monde », qui écrivait quelques jours plus tard, en rendant au titre son point d'interrogation: « Par respect de la ponctuation puérile et honnête, nous nous en tiendrons à la première inspiration de la romancière et de son éditeur.
source : Pensee francaise - 1959

Bonne journée.
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