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Villeurbanne

par Guichet du Savoir, le 18/07/2005 à 12:04 - 11040 visites

Question

Quelle est l'origine de la place Lazare Goujon à Villeurbanne ?

Réponse du département Lyon et Rhône-Alpes

Lazare Goujon [Le Creusot (71), 23/7/1869 - Villeurbanne (69), 20/4/1960].
Fils d'un ouvrier mineur libre-penseur, devenu artisan sabotier, à la suite de grèves et de licenciements, il est élève boursier. Etudiant en médecine (entre 1890 et 1895), il donne des cours pour payer ses études. Il s'installe comme médecin à Villeurbanne, quelques mois après Jules Grandclément. Disciple de Jules Guesde, il milite en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus, fonde avec quelques camarades un groupe d'études sociales ([i]La Raison[/i]), ainsi qu'une [i]Maison du peuple [/i](rue de Magenta). Adhérent du Parti ouvrier français, il rejoint en 1905 la section villeurbannaise du Parti socialiste unifié. De 1912 à 1914, il voyage en Europe centrale et en Allemagne.
Au cours de la Première guerre mondiale, il sert comme médecin militaire sur le front et aux Dardanelles (Grèce).
Après sa démobilisation, il s'occupe de[i] l'oeuvre des enfants à la montagne[/i], organise des camps et des colonies. Lors du Congrès de Tours, en 1920, il choisit de rester au sein du Parti socialiste. A la tête d'une liste commune qui regroupe les socialistes et les radicaux, il est élu maire le 2/11/1924, à la suite de la démission de Jules Grandclément. Il sera réélu en 1925 et en 1929. Dès son installation à la mairie, il est confronté aux difficultés liées à une urbanisation rapide ainsi qu'à celles de l'affirmation de la commune de Villeurbanne vis-à-vis de Lyon. Député du Rhône (1928-1936), il porte principalement attention à la gestion municipale et à l'hygiène urbaine. En 1925, il crée le dispensaire d'hygiène sociale, les cantines et garderies scolaires, un bureau municipal de nourrices, l'école populaire sportive. Plusieurs groupes scolaires ouvrent également leurs portes pendant son mandat : Cusset (1928), Château-Gaillard (1930), Anatole-France (1931), Descartes et Jules-Guesde (1932). L'équipe municipale lutte contre la crise du logement, les taudis, aide les [i]Habitations à bon marché[/i], et les initiatives qui relèvent du domaine associatif : [i]le Cottage social[/i]. En 1925, Lazare Goujon obtient la cession gratuite de vingt mille mètres carrés de terrains, puis en acquiert trente mille autres, dans des conditions avantageuses.

Le brusque afflux de population incite à l'élaboration d'un vaste projet de nouveau centre, articulé autour de la construction d'un Hôtel de Ville, de l'achèvement du Palais du travail, de la disparition des taudis et des fumées de l'industrie. Il confie à Môrice Leroux, la tâche de concevoir un centre ville cohérent qui va comprendre mille sept cent logements ainsi qu'une centrale thermique de distribution de chauffage domestique et industriel. Pour financer l'opération, Lazare Goujon crée la [i]Société villeurbannaise d'urbanisme [/i](SVU), société privée au capital de dix millions de francs, répartis en dix mille actions de mille francs dont trois mille quatre cents attribués à titre d'apport à la commune, et deux cent cinquante aux [i]oeuvres sociales[/i]. Le restant est souscrit en espèces, par des entrepreneurs lyonnais ou villeurbannais exclusivement, et à raison de deux minimum, par corps de métier. En contrepartie, les entreprises doivent accepter des prix réduits pour les travaux à réaliser. La constitution de la société et l'élaboration des projets prennent dix-huit mois : les travaux commencent en septembre 1931, pour s'achever en août 1934. Au cours du repas inaugural, Edouard Herriot, prémonitoire, lance à l'adresse de Lazare Goujon : "[i]On ne jette de pierres qu'aux arbres qui portent des fruits, jamais aux autres[/i]".

Au cours du conseil du 8/4/1935, Lazare Goujon regrette de : "[i]Ne pas voir s'instaurer dans le pays l'égalité politique des deux sexes et demande l'autorisation de tenter une expérience qui paraîtra hardie à certains, mais qui dans tous les cas est logique, c'est la création de conseillères municipales privées désignées par le corps électoral lui-même[/i]" (élections officieuses). Au nombre de quatre, elles auront voix consultative et pourront être chargées de missions dans le domaine de l'assistance, de l'hospitalisation, de la maternité, de la protection de l'enfance et de la santé publique...Le projet sera concrétisé par la municipalité suivante. Dans les mois qui suivent l'achèvement des travaux du nouveau centre, la campagne pour les élections municipales démarre. Très rapidement, les adversaires de Lazare Goujon lui reprochent le prix excessif de la réalisation. Le Parti communiste, avec Camille Joly comme tête de liste, remporte les élections municipales de 1935. Lazare Goujon battu, ne fera son retour au sein du Conseil municipal qu'à la Libération, comme élu d'une liste [i]multicolore[/i] (RFP, radicale, socialiste). Le 26/10/1947, il sera à nouveau élu maire par un conseil municipal issu du scrutin proportionnel. Au cours du banquet donné en l'honneur de ses 80 ans, il justifiera son action politique par une exclamation : "[i]Seul l'amour est créateur[/i]!". Réélu en 1953, il démissionnera l'année suivante pour raison de santé.

[i]Depuis le 17/1/1966, la place porte le nom du maire disparu. Dans un premier temps, elle a été baptisée place du Nouvel-Hôtel-de-Ville, puis du nom d'Albert Thomas (délibération du 27/6/1932). Celui-ci, le 20/2/1928, avait posé la première pierre du Palais du travail de Villeurbanne. Par délibération en date du 25/12/1941, la municipalité mise en place par Vichy décidera de donner à la place le nom du maréchal Pétain et de céder au centre de ramassage des métaux non ferreux le buste érigé à la mémoire d'Albert Thomas, pour le remplacer par un buste du signataire de l'armistice. Le 16/2/1945, par délibération du conseil, le site prendra le nom de place de la Libération et la municipalité choisira de faire édifier un monument aux morts de la Libération sur l'emplacement où s'élevait le buste d'Albert Thomas. Elle décidera d'attribuer à l'ancient président du BIT, le nom de la place de la Cité.
Oeuvre de Jean Chorel, le buste en bronze installé sur la place, à la mémoire de Lazare Goujon, a été inauguré le 25/7/1967. Posé sur un socle vertical, il porte en dédicace : Au docteur Lazare Goujon, officer de la Légion d'honneur, la Cité reconnaissante. Monument en pierre de Bourgogne, La République enchaînée, également érigé sur la place, représente une femme et porte inscrit sur trois des faces de son socle : La terre placée dans l'urne scellée sous ce monument provient des camps allemands d'extermination. Oeuvre de Georges Salendre (sculpteur lyonnais), le monument a été inauguré en 1946.[/i]

Cette notice est tirée de l'ouvrage Villeurbanne 27ème ville de France.

On pourra consulter également avec profit les articles sur Lazare Goujon ([i]La foi d'un visionnaire[/i]) et Môrice Leroux ([i]L'inconnu des Gratte-Ciel[/i]) dans Les Gratte-ciel ont cinquante ans.

Enfin, un historique et une analyse socio-politique détaillés de l'opération urbaine sont proposés dans l'ouvrage de Marc Bonneville, avec un [i]plan général d'étude de l'ensemble du nouveau centre [/i](pp 107-117).
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