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rivalités

par Guichet du Savoir, le 22/07/2005 à 11:50 - 5629 visites

Question

Quelles sont les origines de la célèbre rivalité entre les villes de Lyon et St Etienne tant du point de vue historique que du point de vue footbalistique ?

Réponse du département Lyon et Rhône-Alpes

Pour résumer les choses, nous pouvons citer cet extrait du livre de J.-P. Vacher :
"(...) la grande rivale. Lyon. Tout l'opposé de Saint-Etienne, c'est sûr. Une ville beaucoup plus ancienne, à l'histoire plus riche, d'une autre dimension puisque capitale régionale. Et de tradition beaucoup plus marchande et financière que Saint-Etienne. Rien de commun également entre le Stéphanois bonhomme et avenant et le Lyonnais discret et pincé."

A la Révolution Française est créé le département de Rhône-et-Loire. Lyon, dont le passé de capitale des Gaules est alors déjà prestigieux, en devient la préfecture.
Mais en 1792, Lyon prend le parti des Girondins, contre la Convention. En réaction, la ville est investie par l'armée, dé-baptisée et ravagée; de nombreux citoyens modestes sont massacrés (en témoigne la plaque commémorative placée à l'entrée de la Chapelle Sainte-Croix, rue de Créqui dans le 6e arrdt). 1793 marque la scission au sein du département de Rhône-et-Loire. En conséquence, Lyon, autrefois capitale d'une grande contrée, devient préfecture d'un petit département - le Rhône - tandis que St-Etienne, alors petite ville rurale, se retrouve à la tête d'un grand département, très peuplé - la Loire.
Dès lors, l'histoire des deux villes se structure sur la base d'une rivalité en forme de balancier, le succès alternant avec le déclin pour Lyon comme pour St-Etienne. Au XIXe siècle, l'industrie de la soie, puis l'industrie chimique, font briller Lyon, alors que St-Etienne a développé une industrie du textile moins noble (le coton) et devient le "pays noir" avec l'exploitation des hauts-fourneaux et l'industrie de l'armement.
A l'heure actuelle, Lyon bénéficie toujours de l'image prestigieuse que lui ont apportée ses activités économiques et marchandes. En même temps, elle est réputée "bourgeoise" - autrement dit ringarde, voire réactionnaire (la discrète place accordée à la statue de la République, Place Carnot, témoigne encore de ses réticences face au régime républicain.) En revanche, St-Etienne a toujours revendiqué son esprit "de gauche" et novateur (elle a devancé Lyon pour l'édification de son musée d'art contemporain.)
Aujourd’hui, St-Etienne ayant toujours été autonome et se marquant par sa forte identité, on peut se demander si le projet de mégapole rassemblant les deux cités n’est pas une utopie. Les opinions semblent avoir la vie dure, comme le montre de façon archétypale les entretiens croisés entre supporters de l'ASSE et fans de l'OL…

Mais l’avenir est-il si peu enthousiasmant ? Contre toute attente, dans des articles que vous pouvez venir consulter à la bibliothèque de la Part-Dieu, vous pourrez lire qu'"Entre Lyon et Saint-Etienne, la hache de guerre est enterrée. C'est la fin d'une vieille rivalité. L'heure est au rapprochement, qu'il soit économique, culturel ou humain." ("L’Express", 24 mars 1994.) Des routes se sont effectivement construites entre les deux villes, aussi bien virtuelles que réelles : par exemple, l’A45 et l’A47, mais également (certes seulement l’espace de quelques années, dans la décennie 1990) la passerelle entre le catalogue des bibliothèques de St-Etienne et celui de la BML (et encore aujourd’hui, les Stéphanois peuvent s’inscrire à la BML au même tarif que les Lyonnais et réciproquement !) Bref, de plus en plus de Stéphanois font la navette quotidiennement pour travailler à Lyon et les populations des deux villes se connaissent toujours mieux, après avoir longtemps chanté sur l’air de « Je t’aime, moi non plus ». L’optimisme rayonne chez les homme politiques : il semble que les futurs Lyophanois – ou Stéphonnais ?? – aient tout à gagner d’une nouvelle alliance (voir l’article de « Lyon Capitale » datant du 5 février 2003) !

Merci aux indications judicieuses de HF de la BML, ainsi qu'à l'aide précieuse de Philippe D., historien passionné.
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