Question d'origine :

Une sculpture de salendre a été dynamitée en 1960. Pouvez vous m'en dire plus?

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_reg - Département : Documentation régionale
Le 28/07/2021 à 08h34
Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,
Dans le journal le Progrès daté du 14 février 1960 est publié un article rapportant la destruction par explosifs, la veille, du Monument qui avait été élevé en 1948 place Ollier (7.arr.) ; la Pensée enchainée, à la mémoire des résistants de l’Université et de l’Enseignement, œuvre du sculpteur lyonnais Georges Salendre. « Du monument, il ne restait que le socle et de nombreux débris épars tout alentour ». Une photographie de cette sculpture disparue est visible sur le site de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

L’acte de vandalisme suscitera une vive émotion, notamment dans les milieux de la résistance, « qui considèrent ce triste exploit comme un outrage à leur mort ». Dans un article du Progrès daté du 15 février, L’Union départementale des combattants volontaires de la Résistance (U.D.C.V.R) invite les Lyonnais à fleurir le socle de la statue mutilée, et appelle les résistants, déportés, anciens combattants et tous ceux qui s’indignent de tels actes à se rassembler le soir même place Ollier.
Dans ce même article on apprend que L’ U.D.C.V.R a rédigé une motion dans laquelle, après avoir « exprimé leur indignation devant ce nouvel odieux attentat qui témoigne de la présence sur le sol français de mouvements organisés dans le but de créer un climat de discorde et de désordre », il demande « qu’une enquête soit menée avec célérité et que les coupables soient châtiés de manière exemplaire ».
Le point de l’enquête policière est présenté quelques jours plus tard, le 17 février, par le Préfet du Rhône lors d’une conférence de presse. Le journal le Progrès titre dans son édition du lendemain « Un agitateur d’extrême droite inculpé pour la destruction de la statue de la place Ollier ».

Le monument détruit est remplacé en 1965 par une œuvre de …Georges Salendre, « La pensée », commandée au sculpteur par l'Université. L'ancien socle a été réutilisé et deux plaques gravées portent des inscriptions se rapportant à l'ancien monument. L’oeuvre représente une femme agenouillée, tenant de sa main droite son poignet gauche.

Aux Archives municipales de Lyon, vous pourriez trouver des documents sur cette statue de la place Ollier : mise en place, destruction et remplacement : 1153 WP 001. Police : voirie. 1934-1961. Manifestations sur la voie publique. Dégâts occasionnés aux tiers. Responsabilité de l´Etat et des communes. 1960

Pour élargir notre propos nous citerons un passage extrait de l’ouvrage Le monument public français : l'exemple de Lyon concernant le monument commémoratif de la période 1945-1986 à Lyon : « à côté des plaques funèbres s’élèvent des monuments funéraires peu nombreux, d’une grande richesse plastique dont le symbolisme est entièrement fondé sur le nu. Economie de moyens, intériorité des sentiments, imposition au spectateur de la méditation qu’il veut pénétrer dans le cercle du message, c’est le contraire des monuments extravertis, et théâtraux antérieurs : Monuments aux morts de la libération à Villeurbanne (1946), aux morts de la résistance (1948); le fusillé à Saint-Etienne, etc. tous de Salendre ».

Bonne journée

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