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Fondation de Yaoundé

par flodu34, le 01/10/2013 à 08:09 - 4654 visites

Bonjour, j'aurais voulu avoir quelques précisions sur la fondation de Yaoundé...
Qui est ce ESSONO Ela? quel est son implication dans la fondation de la ville. Les Mvog Betsi étaient-ils exploités par les européens?
Merci d'avance

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 01/10/2013 à 12:59

Bonjour,

Cet interview du professeur Jean-Baptiste Obama (philosophe et historien spécialiste du Cameroun) sur Yaoundé, nous éclaire sur l’histoire de cette ville sur le site Ongola.com :

« «Yaoundé a été créée le 30 novembre 1889» Acteur prépondérant de l’histoire de Yaoundé, le Professeur Jean Baptiste OBAMA, philosophe et historien nous parle des origines de la cité capitale.

ONGOLA : quelles sont les origines historiques de Yaoundé ?
Professeur Jean OBAMA : Yaoundé vient de ‘‘ONGOLA’’, qui signifie la clôture ou l’enclos. Au temps d’ESSONO ELA, cette clôture empêchait les premiers allemands d’entrer dans la ville. Omgbwa Bissogo, un des premiers résistants à la pénétration allemande, disait à ESSONO ELA de ne plus donner du terrain aux Blancs. La capitale a été définitivement fondée le 30 novembre 1889 par l’équipe Kurt Morgen – Georges Zenker et un certain Mebenga Mebono, le futur Martin Paul Samba qui était leur guide. Le premier nom de Yaoundé était « EPSUM », c’est – à – dire « chez ESSOMBA », ou encore « N’tsonun », « chez ESSONO ELA ».

ONGOLA : mais d’où vient ce vocable Yaoundé?
P. J .B. O: Déjà en 1887, une première expédition allemande était passée avec à sa tête le capitaine Kunt et Tapenbech ; ce sont ces deux-là qui, en allant au Sud Nachtigal depuis Grand Batanga et ayant aperçu des paysans qui semaient des arachides dans cet endroit vallonné, leur ont demandé qui ils étaient des planteurs et ont répondu qu’ils étaient des « Mia wondo » les allemands n’ayant rien compris ont transcrit comme ils ont pu et cela a donné Yaoundé : Yaoundé n’est donc qu'un barbarisme qui n’est pas la définition de « Yewondo », le vrai nom était « ONGOLA ».

ONGOLA : quelles ont été les figures les plus marquantes de l’histoire de Yaoundé?
P J B O: Je ne peux vous parler que de deux qui ont vécu à mon époque , c’est – à – dire à partir de 1925 car je suis né le 19 avril 1925 à Ngoa-Ekéllé. Le chef de quartier Joseph Atemengue furent les deux rescapés Yaoundé de 1916 à 1921 alors que Charles Atangana , chef supérieur des Bétis était en fuite avec les allemands.

ONGOLA : quel aura été le rôle des missionnaires?
P J B O : on ne le dit pas assez. Mais les premiers missionnaires ne sont pas ceux de Mvolyé, ce sont d’abord les missionnaires protestants de Djongolo qui se sont installés à Yaoundé ; ensuite Monseigneur Vieter et les Pères Pallottins arrivent à Kribi en 1901 pour fonder Mvolyé qui veut dire « Mvola Ayé », c’est- à - dire « les gens chez qui il est difficile d'emprunter ». Avec l’ordination des premiers prêtres noirs le 8 decembre1935 et la création des séminaires de Nlong, Mvolyé (Saint Laurent), Akono (Saint Joseph) par Monseigneur Vogt, les premières élites de Yaoundé vont commencer à émerger.
[…]
ONGOLA : D’où viennent les Ewondos ?
P J B O : les Ewondos ne sont qu’une sous branche de la grande tribu des Bétis, les Bétis de Nanga. Ils ont tous pour ancêtre Nanga qui était albinos. Il sera appelé Nanga kôn chez les bulus. Béti a engendré des enfants dont kolo Béti , Etôn Béti, Mvele Béti (les Bassas), Mvân Béti, Meka Béti ( les Makas), Bulu la fille et Ntumu le dernier- né. Bulu était la seule fille de Beto Be Nanga, les Bulus ne sont donc pas les Bétis mais plutôt des « Ban Ngôn Béti ». Il n’y a que quatre petits groupes de vrais Ewondos : Les Mvog Otoung Mballa, les Mvog Atangana Mballa , les Mvog Fouda Mballa et les Mvog Essomba Ndzana. Les Etenga parlent la même langue mais ne sont pas des Ewondos ; ils descendent des Tikars par le jeu des alliances de mariage et de sang pendant les guerres. »



Essono Ela de la famille Mvog-Ada est le premier chef ewondo à avoir accueilli des colons occidentaux. Il était installé dans le village qui est devenu par la suite la ville de Yaoundé. Il a permis aux colons de s’installer et leur a vendu des terrains.


Concernant l’installation des allemands à Yaoundé, le livre Le Cameroun de Philippe Gaillard T.01, traite de cette question.
« Le 6 janvier 1889, Kund et Tappenbeck repartent de Kribi avec Weissenborn qui est bientôt atteint de dysenterie et retourne mourir à Kamerunstadt. Arrivés à Yaoundé où ils sont bien accueillis parle chef ewondo Essono, ils décident d’y établir le grand poste qui servira de base aux expéditions ultérieures vers le nord et vers l’est.[…]
Tappenbeck organise un poste avenant de dix maisons et deux hangars autour d’une allée de palmiers dans une enceinte d’un hectare.[…] Georg Zenker ancien jardinier du roi d’Italie va s’installer à Yaoundé ; il ne se doute pas qu’il y restera seul Européen faisant fonction de chef de poste pendant cinq ans.
A Yaoundé Zenker cultive son jardin. Il est complètement coupé de l’Europe et même de la côte, avec laquelle les liaisons restent rarissimes. Il a noué les meilleures relations avec les Ewondos des environs qui ne demandent que cela. Il leur donne en effet, de l’homme blanc, une image bucolique et un exemple de développement autocentré que ne contredisent pas vraiment, dans son esprit, les démonstrations de force auxquelles il se livre, au besoin pour faire respecter ce qu’il considère comme sa zone d’influence.
A ce jardinier succède un centurion. La station agricole créée par Zenker lui survivra mais Hans Dominik qui arrive en mai 1895 va de Yaoundé un poste militaire, base des expéditions de plus en plus lointaines qui lui sont commandées ou dont il prend l’initiative.
Le changement est mal perçu par la population. Les rapports se tendent. Dès le mois de décembre, en riposte à des exactions de tirailleurs dahoméens qui prétendaient exiger du chef Omgba Bisogo une livraison de vivres gratuits, c’est l’insurrection. Dominik est absent. Envoyé avec des renforts, le commandant von Kamptz organise la répression, massacrant et dévastant jusqu’au Nyong. »



Nous n’avons pas trouvé malgré nos recherches d’éléments prouvant que la tribu des Mvog-Betsi aurait été exploitée par les colons, même si l’on peut supposer que les populations locales ont été utilisées en main d’œuvre dans les structures coloniales, comme dans tous les pays colonisés.

Pour finir, vous pouvez consulter Initiation de l'histoire du Cameroun ou encore Histoire du Cameroun XIXe s.-début XXe siècle.

Bonne journée.
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