Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Louise Labé, Elegie I

Louise Labé, Elegie I

par charlotteldsh, le 24/09/2020 à 12:38 - 290 visites

Je n'arrive pas à traduire certains vers d'ELEGIE I de LOUISE LABE :
"Il m’a donné la lyre, qui les vers / Souloit chanter de l’amour Lesbienne " > Comment comprenez-vous la structure "souler + verbe" ?
"Ainsi la pauvre vieille / Recevait bien pareille pour pareille .
De maints en vain un temps fut réclamée " > Juste ce dernier vers me pose problème ("De mains en vain un temps fur réclamée")

(quelqu'un a déjà posé la question sans trouver de réponse...)

Merci !

Réponse du Guichet du savoir

par bml_anc, le 25/09/2020 à 17:41

Bonjour,

je vous adresse ici une première réponse rapide, avant de creuser davantage les possibilités la semaine prochaine.

D'après le Dictionnaire du Moyen Français, disponible sur le CNRTL, nous pouvons traduire "Souloit chanter" par "avait l'habitude de chanter...", "était utilisée habituellement pour chanter..."

[...] voir seconde réponse pour la suite, la première interprétation, faite trop rapidement, était fausse.

En espérant que cette première réponse vous sera utile,

le Fonds ancien

Réponse du Guichet du savoir

par bml_anc, le 28/09/2020 à 12:22

Bonjour,

afin de vous faire une réponse plus précise, nous avons consulté :
- collectif, Dictionnaire du moyen-français en ligne;
- A.J. Greimas et T.M. Keane, Dictionnaire du moyen français, Paris : Larousse, éditions 1992 et 2001;
- G. Di Stefano, Dictionnaire des locutions en moyen français, Montreal : Ceres, 1991;
- A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris : Le Robert, 1992;
- E. Huguet, Dictionnaire de la langue française du seizième siècle, Paris : Didier, 1925-1967.

-

Concernant le sens de "Souloir", tous les dictionnaires s'accordent à en faire un verbe intransitif signifiant "avoir l'habitude de", "avoir coutume de", dans certains sens "penser habituellement que". Dans le vers en question, c'est bien le sens habituel : Phebus a donné à l'auteure la lyre qui était utilisée pour chanter les "amours lesbiennes", c'est à dire les amours de l'île de Lesbos. C'est une référence à l'instrument dont la poétesse Sappho accompagnait ses chants et poèmes. Louise Labé se situe dans la continuité de cette poétesse féminine en partie redécouverte à la Renaissance. Littéralement, ce passage de la première élégie indique donc que Phébus (équivalent latin d'Appollon) donne à Louise Labé la propre lyre avec laquelle Sappho avait l'habitude de s'accompagner, ce qui permet à Louise Labé d'être "emplit de la fureur divine" du dieu et donc de composer elle-même des poésies amoureuses féminines. Cette même lyre pleurera "de la mienne", c'est à dire de la mienne amour. La lyre qui avait l'habitude de chanter les amours de Sappho, une fois donnée à Louise Labé, lui permet de "pleurer", de se lamenter sur ses amours. Ce qui est le sens même de l'élégie.

-

Le vers de "maints en vain un temps fut réclamée" est peut-être un peu plus difficile à comprendre, et ma première réponse, que j'ai donc effacée sur ce point, était fausse et mérite d'être corrigée. D'après le Dictionnaire des locutions en moyen français, confirmé par le Dictionnaire historique de la langue française, l'expression "en vain", est alors sinon courante, du moins largement usitée. Elle signifie "inutilement". L'adjectif "maints" est très usité au 16e siècle et signifie "plus d'un" ou proverbialement "nombreux". C'est ici le sens proverbial qui évidemment prévaut. Réclamer signifie au premier sens "invoquer, implorer, supplier" généralement Dieu ou des saints mais aussi des personnes. Il faut ainsi lire "Pendant un temps, nombreux l'implorèrent inutilement (=en vain)". Dans ce passage, Louise Labé cite des femmes qui, jeunes, se moquait des amoureux, et devenues vieilles, se maquillaient pour chercher à plaire, mais ne faisant que faire fuir les hommes visés. Elles reçoivent donc "pareille à pareille" : quand elles étaient jeunes, beaucoup d'hommes les imploraient de leur accorder leurs avances, qu'elles refusaient, et maintenant qu'elles sont vieilles, ce sont elles qui "réclament en vain" les avances des hommes.

-

Pour information, consulter aussi les deux questions suivantes :
- Sur des vers des Elégies I et II
- Sur des vers des Sonnets X et XXIV


En espérant vous avoir été utile,

pour le Fonds ancien

Réponse du Guichet du savoir

par bml_anc, le 28/10/2020 à 09:50

Bonjour,

après consultation de l'édition de François Rigolot des Oeuvres complètes de Louise Labé, nous ajoutons ici le contenu de la note qu'il donne à propos de l'expression "pareille pour pareille" :

"pareille pour pareille : elle essuyait des refus pareils à ses propres refus"

Bien cordialement,

Le Fonds ancien de la bibliothèque municipale de Lyon
  • 2 votes

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact