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cabaret

par jeanmad, le 11/01/2007 à 14:06 - 6897 visites

Bonjour,

Je cherche tout ce qui peut se rapporter à la symbolique du cabaret. C'est un endroit "glauque" ou au contraire "paillettes" où l'on peut 's'éclater dans l'anonymat?
Je recherche une documentation écrite ou en images (affiches, photos, peintures)

Par avance merci et bravo pour ce nouveau service!

Jean Chevrotton

Réponse du Guichet du savoir

par bml_spec, le 12/01/2007 à 11:36

Réponse du département Arts Vivants

Le cabaret, qui par définition est un établissement de spectacle où l'on peut consommer des boissons, parfois un repas et danser, fait référence à l'univers de la nuit, du travestissement, de la fête, de la danse et de la boisson. C'est pourquoi, il s'apparente parfois à un monde de paillettes un peu superficiel, à l'atmosphère glauque où le médiocre côtoie le pire. Néanmoins, le cabaret, à travers son histoire, a contribué aussi au développement de l'art et de la littérature d'avant-garde, et plus généralement, à celui de la chanson et du sketch satiriques.

L'origine du cabaret comme lieu de spectacle se situe à paris en 1881 avec la création par Rodolphe Satis du cabaret "Le Chat noir". Situé au pied de la butte Montmartre, il est l'un des grands lieux de rencontre du Tout-Paris et le symbole de la Bohème. Le Chat noir fut selon l'écrivain Jean Lorrain, "« [i]l'olla-podrida de tous les styles et de toutes les extravagances, le "décrochez-moi-ça" de la brocante artiste, de tout un quartier de rapins et de poètes, un musée picaresque et baroque de toutes les élucubrations de bohèmes venues s'échouer toutes là durant vingt ans, de toutes ces épaves : le mauvais goût le plus sûr à côté de trouvailles exquises ; statuettes polychromes et fresques de Willette ; envolées de nudités graciles et perverses, fouettées de roses et nimbées d'or, et hiboux empaillés, fers forgés et chats de faïence ; vitraux allégoriques, étourdissants de couleur et de cruelle modernité, et bas-reliefs enluminés ; musique de Delmet et chansons de Xanrof… Le Chat noir, l'hostellerie artistico-commerciale du gentilhomme Salis, seigneur de Chatnoirville-en-Vexin, où d'une maine bénissante un malin compagnon à moustaches de reître débitait des chansons, des sonnets, des pochades, des œufs durs et des bocks assaisonnés de gloire dans le décor le plus miraculeusement truqué.[/i] »Très rapidement, les poètes et les chansonniers qui s'y produisaient attirèrent la meilleure clientèle de Paris. On trouvait au Chat noir le peintre Willette, les chansonniers Aristide Bruant et Jules Jouy, l'humoriste Alphonse Allais et les poètes Charles Cros, Jean Richepin... Rodolphe Salis eut l'idée d'installer un piano, ce qui était une première dans un cabaret, de sorte que la chanson de cabaret vit véritablement le jour au Chat noir. La consultation du document L'esprit Montmartrois par l'auteur Maurice Donnay donne ainsi un aperçu du répertoire entendu au Chat noir. Un peu avant 1900, le cabaret Le Lapin Agile réunit toute une communauté d'artistes en rupture avec l'art traditionnel. Autour de la guitare et du violoncelle du Père Frédé, naît la richesse de l'histoire du Lapin Agile, dans les veillées, où chacun joue, récite, chante ses oeuvres et reprend en choeur les chansons populaires. Leur dénominateur commun, l'humour dans la camaraderie. Aujourd'hui encore, Yves Mathieu qui dirige le cabaret est convaincu que : [i]" le cabaret artistique est l’école la plus sûre, pour former des artistes, auteurs, compositeurs ou interprètes."[/i]. C'est en 1889, que le Moulin Rouge ouvre ses portes du côté de la Place Blanche où une folle ambiance s'y déroule aussi bien dans la salle que sur scène : aristocrates et voyous à casquette se côtoient dans une joyeuse complicité, équipages des beaux quartiers et petites gens de Paris s'amusent ensemble dans l'euphorie la plus totale. L'auteur Henry Jacques dans son livre [i]Moulin Rouge [/i](1925) raconte ainsi que : "[i]Sous les colonnes rouges, les solives peintes, dans ce décor de palais barbare, roulent les mêmes types, danseurs et danseuses liés ventre à ventre dans la communion du rythme, mecs et graines de mecs, combinards, vendeurs de neige ou de tuyaux, marchands de viande ou de plaisir, artistes, flâneurs, michetons, lames de fond que n'absorbe pas la grande houle humaine des étrangers curieux. A cet élément mâle s'enlace l'élément femelle, putains, demi-filles, bourgeoises, lesbiennes, et brasseuses d'affaires. Tout se mêle, se fond et se confond dans le lent tourbillon qui, de la piste, gagne les pourtours et les promenoirs."[/i] Les bals du Moulin Rouge deviennent rapidement très prisés. on y découvre avec un enthousiasme débordant une nouvelle danse, le Cancan avec ses danseuses, les chahuteuses et ses rythmes endiablés. Parmi ces nouvelles figures de proue de la vie parisienne, certaines comme la fameuse La Goulue immortalisée par Toulouse-Lautrec, passeront à la postérité. En 1907, une certaine Mistinguett, débutante pleine de charme fait ses premiers pas sur la scène du Moulin Rouge dans "La Revue de la Femme". Ce n'est que le début d'une longue histoire. Très vite, elle sera l'instigatrice de la fameuse Valse Chaloupée et deviendra une étoile brillant au firmament du Music-Hall. Au XXe siècle, le "dîner-spectacle" du Moulin Rouge devient un must des attractions parisiennes et la notoriété de l'établissement dépasse les frontières. Du monde entier on vient visiter Le Moulin Rouge comme l'un des Grands Monuments de la plus belle des capitales... Débutants plein d'avenir et vedettes prestigieuses se retrouvent en haut de l'affiche : Charles Trenet, Charles Aznavour, Line Renaud, Bourvil, Roger Pierre et Jean Marc Thibault, Fernand Raynaud... Aujourd'hui encore, le Moulin Rouge propose des revues pleines de plumes, de strass et de paillettes conçues pour éblouir et faire rêver les spectateurs mais qui nous transportent bien loin de l'ambiance conviviale et avant-gardiste des premiers cabarets artistiques. Michou, directeur du Cabaret Michou développe, quant à lui, dans les années soixante, le concept de cabaret-restaurant-spectacle. Après le dîner, les lumières s'éteignent et le spectacle démarre. Sur une scène minuscule, des travestis imitent les stars du show-business actuels ou anciens, dont le clou du spectacle reste Dalida ou Sylvie Vartan, ou des caricatures de Brigitte Bardot mais son spectacle n'est jamais vulgaire. Il combine aussi social et business tout en oeuvrant pour divertir les personnes agées et isolées du quartier en organisant notamment tous les mois un déjeuner dans son cabaret avec les pensionnaires de la maison de retraite de la Providence, établissement voisin de la salle de spectacle. Ainsi, à côté des temples du divertissement, tels que Les Folies Bergères, Le Crazy Horse ou encore Le Paradis Latin et parallèlement aux émissions à succès comme [i]Le plus grand cabaret du monde [/i] animé par Patrick Sébastien, n'oublions pas non plus d'autres lieux plus intimes et chaleureux qui perpétuent la tradition du cabaret artistique, ainsi Le cabaret Sauvage à Paris ou La cabaret aux chansons en Belgique.

Afin de compléter votre recherche sur la symbolique du cabaret, nous vous invitons également à consulter la base affiches de la Bibliothèque Municipale de Lyon en utilisant les mots clés : [i]Chat Noir[/i], [i]Moulin Rouge[/i], [i]Cabaret[/i]...
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